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Tunis: un dirigeant jihadiste appelle à boycotter le gouvernement d'Ennahda


Samedi 24 Novembre 2012 modifié le Samedi 24 Novembre 2012 - 20:58




Tunis: un dirigeant jihadiste appelle à boycotter le gouvernement d'Ennahda
Un dirigeant jihadiste a appelé samedi le peuple tunisien à "renier" et à "boycotter" le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda l'accusant d'être responsable de la mort la semaine dernière de deux détenus salafistes en grève de la faim.

"Nous appelons le peuple tunisien à renier et à boycotter ce gouvernement et à ne plus adhérer à ses actions jusqu'à ce qu'il revienne à Dieu", a martelé le salafiste jihadiste Khamis Majeri lors d'une conférence de presse à Tunis.

Selon lui, "le gouvernement est responsable de la mort de Mohamed Bakhti et Béchir Gholli", deux salafistes arrêtés à la suite de l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis le 14 septembre qui a fait quatre morts et plus de 45 blessés.

Ces deux détenus sont décédés la semaine dernière après près de deux mois d'une grève de la faim qu'ils observaient pour protester contre leur arrestation clamant leur innocence et dénonçant leurs conditions de détention.

"Ils sont morts à cause du laisser-aller du gouvernement qui a fait preuve de laxisme pour les sauver. L'Etat a délibérément causé leur mort", a insisté le dirigeant salafiste.

"C'est une marque de honte pour le gouvernement, pour l'opposition, pour les militants des droits de l'Homme et pour le peuple tunisien", a-t-il encore ajouté.

Pour M. Majeri, "Bakhti et Gholli ont servi de bouc-émissaire pour satisfaire l'occident" estimant que "la démocratie n'est qu'une forme d'apostasie".

Le décès de Bakhti est jugé particulièrement sensible, car il était considéré comme une figure de la mouvance jihadiste et comme un proche d'Abou Iyadh, l'organisateur présumé de l'attaque contre l'ambassade américaine, qui échappe toujours à la police.

Des dizaines de salafistes arrêtés en 2011 et 2012 lors des attaques ayant visé la chaîne télévisée Nessma, une exposition d'art en banlieue de Tunis et l'ambassade des Etats-Unis, ont entamé une grève de la faim après la mort de deux des leurs après deux mois sans s'alimenter.

Des détenus de droit commun ont rejoint cette action et demandent, comme les islamistes, leur libération.

Les salafistes tunisiens, une mouvance rigoriste de l'islam sunnite, estiment être les victimes d'une répression injustifiée.

Samedi 24 Novembre 2012 - 20:11





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