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Tuerie en Suède: un mobile raciste, dans une Europe confrontée à l'hostilité


Vendredi 23 Octobre 2015 modifié le Vendredi 23 Octobre 2015 - 13:23




L'homme qui a tué deux personnes dans une école en Suède, pays en pointe dans l'accueil des migrants, était animé par sa haine des étrangers, dans un contexte d'hostilité croissante en Europe envers les réfugiés.

Le caractère "raciste" de l'assassinat jeudi à l'arme blanche de deux personnes d'origine étrangère dans une école de Trollhättan, ville du sud-ouest de la Suède, transparaît dans la sélection des victimes en fonction de leur origine présumée.

Le visage dissimulé par un masque du film "La Guerre des étoiles" et coiffé d'un casque rappelant ceux de la Wehrmacht, le tueur a ciblé des personnes "à la peau foncée", a indiqué le commissaire Thord Haraldsson de la police judiciaire locale au cours d'une conférence de presse.

Identifié par la presse, Anton Lundin-Pettersson, 21 ans, affichait sur les réseaux sociaux un vif intérêt pour Hitler et avait récemment publié sur Facebook un appel de l'extrême droite suédoise à organiser un référendum sur l'immigration.

Le meurtrier, abattu sur les lieux par la police, a laissé une "sorte de lettre de suicide" dans laquelle il annonçait ses intentions criminelles, selon M. Haraldsson. Ce texte valide la thèse d'un "crime raciste" envisagée dès le départ par les enquêteurs, selon lui.

Alors que les partis anti-immigration progressent dans de nombreux pays européens, les violences visant les migrants arrivant sur le continent se multiplient et les discours se radicalisent.

La police allemande a déjoué des projets d'attaque contre des foyers de demandeurs d'asile tandis que la Suède a enregistré depuis le début de l'année une quinzaine d'incendies de centres d'hébergement de ce type, dont une majorité d'origine criminelle.

Pour le magazine suédois Expo, spécialisé dans l'étude des droites extrêmes, il souffle sur le pays un vent de "haine qui risque de provoquer de nouveaux attentats".

"On court à l'escalade, légitimée par une rhétorique de fin du monde et entretenue par la chambre d'écho numérique de la haine", écrit son rédacteur en chef, Daniel Poohl, en référence aux sites de groupuscules radicaux qui ont salué la tuerie de Trollhättan.

En Allemagne, treize personnes soupçonnées d'avoir planifié des attaques contre des foyers de demandeurs d'asile ont été interpellées mercredi à Bamberg (sud). Et la police fait état d'une forte augmentation des délits à l'encontre des foyers, attestant des résistances grandissantes à la politique d'accueil prônée le gouvernement d'Angela Merkel.

Le week-end précédent, une responsable de la ville de Cologne pour les réfugiés et candidate à la mairie avait été poignardée par un homme proche de l'extrême droite. Toujours hospitalisée, elle avait été élue maire dimanche.



"Une Europe qui se nombrilise"

Comme la France, l'Autriche ou la Suisse, la Suède, qui s'attend à recevoir jusqu'à 190.000 réfugiés cette année, connaît une forte poussée de la popularité de l'extrême droite.

Le parti des Démocrates de Suède, le troisième en termes de sièges au parlement, culmine à 15,7% de bonnes opinions dans un sondage de l'institut Skop publié ce vendredi, enregistrant la plus forte hausse depuis le mois de juin. Un institut l'a récemment donné en première position.

Poussées à droite également en Suisse avec la spectaculaire progression aux législatives de l'UDC, la droite populiste anti-immigration et hostile à l'Union Européenne, ainsi qu'en Autriche où le chef du parti d'extrême droite FPÖ, Heinz-Christian Strache, a réalisé aux municipales le meilleur score du parti dans la capitale, Vienne.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre "une Europe qui se +nombrilise+, (...) qui se ferme aux espoirs et à l'attente des autres" tandis que le migrants continuent d'affluer en masse via les Balkans à l'approche de l'hiver.

Quelque 5.000 personnes attendaient dans le froid vendredi aux petites heures de pouvoir franchir le poste-frontière de Berkasovo entre la Serbie et la Croatie, a annoncé le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).

Dans la brume matinale, des migrants allumaient des feux pour se réchauffer tandis que d'autres dormaient à même le sol dans des couvertures.

"Il y a tellement d'enfants, (c'est une) catastrophe !", a déclaré un policier serbe.

Situés sur la route d'une crise migratoire sans précédent, les pays des Balkans attendent beaucoup d'un mini-sommet avec l'Union européenne prévu dimanche à Bruxelles. La Slovénie, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Croatie réclament un soutien financier.

Débordée, la Slovénie, un des plus petits Etats de la zone Schengen, a menacé vendredi d'imiter la Hongrie en érigeant une clôture antimigrant.

Vendredi 23 Octobre 2015 - 13:22

Source AFP




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