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The Economist semonce Sarkozy et Hollande


Par Marc Thibodeau


L'électorat français risque d'être durement rattrapé par la réalité à l'issue du second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai prochain.




The Economist a parodié Le déjeuner sur l'herbe du peintre français Édouard Manet, pour illustrer «la frivolité» dont il accuse les deux principaux candidats à l'Élysée.
The Economist a parodié Le déjeuner sur l'herbe du peintre français Édouard Manet, pour illustrer «la frivolité» dont il accuse les deux principaux candidats à l'Élysée.
Telle est, du moins, la mise en garde de The Economist, qui accuse dans son dernier numéro les principaux candidats du scrutin, Nicolas Sarkozy et François Hollande, de passer sous silence la gravité de la situation économique du pays.

Afin d'enfoncer le clou, la revue anglaise a détourné un tableau d'Édouard Manet, Le déjeuner sur l'herbe, pour montrer les deux politiciens ergotant aux côtés d'une jeune femme dénudée.

En éditorial, les responsables de la publication accusent les candidats d'être «en déni» et préviennent que la France pourrait se retrouver «au centre de la prochaine crise de l'euro» si rien n'est fait rapidement pour maîtriser son endettement et accroître sa compétitivité.

«Il n'est pas rare que des politiciens cherchent à éviter des vérités dérangeantes pendant les élections. Mais il est inhabituel, dans l'histoireeuropéenne récente, qu'elles soient ignorées totalement comme le font les politiciens français», soulignent-ils.

The Economist semonce Sarkozy et Hollande
Bayrou prend la balle au bond

L'intervention de The Economist a été brandie comme un argument de campagne par le candidat centriste François Bayrou, qui a fait de la lutte contre la dette son principal cheval de bataille. Un choix plutôt impopulaire à en juger par les sondages, qui le placent aujourd'hui au cinquième rang dans les intentions de vote.

«Si nous restons dans cette spirale de déficit, de dette et d'effondrement de notre commerce extérieur, notre modèle social ne sera plus finançable», a prévenu hier M. Bayrou en entrevue au quotidien Les Échos. À ses yeux, la classe politique fait preuve de «lâcheté» en refusant d'aborder le problème et se rend coupable de «non-assistance à pays en danger».

La semaine dernière, le gouvernement français s'est félicité des dernières données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) indiquant que le déficit public en 2011 s'est établi à 5,2% du PIB, tandis que l'objectif initial était de 5,7%.

Tant le président français que son adversaire socialiste ont promis durant la campagne de ramener le déficit sous la barre des 3% en 2013 et de l'éliminer complètement sur une période de trois ou quatre ans.

Alarmisme?

Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), juge alarmistes les mises en garde de la revue anglaise reprises par François Bayrou.

Selon lui, les indicateurs économiques tendent à suggérer que le «modèle français», marqué par un filet social complet et une participation étatique importante, a permis au pays de mieux résister à la crise que des États comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, au bord du gouffre.

«La France a enregistré une croissance de 1,7% en 2011 tout en réduisant son déficit de deux points de pourcentage. En termes relatifs, c'est un très bon résultat», relève M. Plane, qui ne s'inquiète pas outre mesure non plus du niveau d'endettement.

À 85% du PIB, le pays se retrouve «juste derrière l'Allemagne», qui est souvent citée comme exemple à suivre à l'échelle européenne pour sa performance économique, indique l'économiste.

Selon M. Plane, il paraît pour le moins ironique de voir une publication anglaise critiquer l'approche française en matière économique dans un contexte où la Grande-Bretagne, soumise à une violente cure d'austérité, vivote.

«Il y a là-bas un fort risque d'explosion sociale, un déficit très élevé, une inflation en hausse... Je ne suis pas vraiment certain que le déni soit du côté français, mais on va me dire que je suis chauvin», dit l'analyste.


(La Presse)
Vendredi 6 Avril 2012 - 08:39



Vendredi 6 Avril 2012 modifié le Vendredi 6 Avril 2012 - 08:49


1.Posté par François BRUNEAU le 24/04/2012 21:51 | Alerter
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