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Syrie : lettre au Conseil de sécurité de l’ONU


Lundi 27 Juin 2011 modifié le Lundi 27 Juin 2011 - 01:20

Par woody Allen, Umberto Eco, David Grossman, Bernard-Henri Lévy, Amos Oz, Orhan Pamuk, Salman Rushdie, Wole Soyinka




Mesdames, messieurs les ambassadeurs (1) au Conseil de sécurité des Nations unies,

nous sollicitons votre attention à propos de la situation dramatique en Syrie et du projet de résolution du Conseil de sécurité à ce sujet. Vous connaissez mieux que quiconque la situation en Syrie, dont vous êtes désormais saisis. Des villes entières, dont les noms, comme à nous tous, vous sont devenus familiers, Deraa, Homs, Lattaquié, Kamchli, Banyas, sont coupées du monde, privées de téléphone, d’électricité, patrouillées par des chars, survolées par des hélicoptères qui mitraillent les foules ; des tireurs embusqués sur les toits fauchent les passants ; des miliciens investissent, une à une, les maisons et embarquent les hommes de 15 à 80 ans. De même, vous connaissez, à n’en pas douter, le nom des prisons où on les entasse : Tadmor (Palmyre); Palestine, Adra, Douma (Damas) ; Seid Naya. L’enfer, en Syrie, porte ces noms. Vous êtes informés, bien entendu, des tortures que des milliers d’innocents y endurent. Vous savez et, comme nous tous, à coup sûr vous vous en indignez, que c’est ainsi que sont traités étudiants, démocrates, citoyens ordinaires qui, du nord au sud du pays, réclament, jour après jour, pacifiquement, au prix de centaines de morts, de milliers d’arrestations, une liberté et une dignité qu’ils n’ont jamais connues. Un pays sous dictature de père en fils depuis quarante ans, un régime qui, dans une totale impunité, plante ses pieux armés dans le cœur de chaque citoyen: telle est la Syrie du clan Al-Assad, et l’Etat de barbarie qu’il a instauré ces derniers mois, foulant les lois humaines aux pieds. Des millions de citoyens sans défense ont été poussés à la révolte. Un peuple accueillant et paisible a cessé d’endurer - et cette révolte à mains nues, contre la machine de mort, relève du sacrifice. Depuis ce printemps, les manifestations se soldent, à Deraa, Homs, Kamchli, Banyas, Lattaquié, par des massacres de l’armée, des milices et des services secrets. Mais, ne cédant pas à la terreur, admirables de courage, les manifestants recommencent le lendemain, enterrant leurs morts et repartant de plus belle. Tout cela est admirable. Tout cela est monstrueux. Tout cela se déroule à huis clos, les frontières hermétiquement fermées. Les organisations humanitaires, la presse internationale sont bannies. Silence, on tue !

Tout cela, mesdames, messieurs les ambassadeurs, vous le savez mieux que quiconque. La communauté internationale en effet a commencé à réagir. Un projet de résolution condamnant la répression, proposé par l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et le Portugal, devrait être soumis au Conseil de sécurité des Nations unies dont vos quinze pays constituent les membres actuels. Ce projet de résolution est entre vos mains. Il assimile la répression en Syrie à un crime contre l’humanité. Il ne propose pas de sanctionner la Syrie, encore moins une intervention militaire. Il se borne à condamner la répression et à ouvrir la voie à des investigations sur des crimes contre l’humanité. Quelles que soient ses limites, il a le mérite d’exister. Il serait capital pour le peuple syrien martyrisé dans sa lutte pacifique pour sa liberté que ce projet soit adopté par vous, mesdames et messieurs les ambassadeurs. Devant la pression internationale unanime, reprise solennellement par votre Conseil, le pouvoir syrien pourrait reculer et stopper enfin les massacres que ses forces perpétuent dans une totale impunité jusqu’à ce jour, ville après ville, partout dans le pays. L’opinion publique internationale s’y verrait exprimée, unanime par-delà sa diversité. Quel écho cela aurait partout dans le monde ! Quel réconfort pour le peuple syrien ! Quelle autorité morale pour votre Conseil et chacun des actuels Etats membres que de se faire les avocats de la conscience universelle ! Nous souhaitons ardemment que ce projet de résolution soit soumis à l’examen du Conseil et à votre vote. Il doit d’ores et déjà recueillir le plus grand nombre d’assentiments de votre part, mesdames et messieurs les ambassadeurs. Il serait tragique et moralement inacceptable que, sous la menace d’un éventuel veto ou de telle ou telle abstention parmi vous, ce projet de résolution ne vienne pas à être soumis à votre conscience, qu’il finisse dans les poubelles du renoncement.


(1) Allemagne, Inde, Colombie, Portugal, Afrique du Sud, Chine, Bosnie-Herzégovine, Nigeria, Brésil, Gabon, Liban, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie.


Lundi 27 Juin 2011 - 01:16

(Libération)





1.Posté par Bassam le 27/06/2011 03:27 | Alerter
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Le philosophe milliardaire débarque avec ses gros sabots. Cherche-t-il à tout prix de saboter notre révolution ?
Monsieur BHL, les syriens nous vous demande absolument rien. Cette lettre aurait été merveilleuse sans votre signature. Que nous préparez-vous Milliardaire ? Une guerre hypocrite qui vous permet de passer à la télé ?
Bernard-Henri Lévy, épargnez aux Syriens votre soutien !

2.Posté par NAYOUF le 28/06/2011 12:00 | Alerter
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http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270511/bernard-henri-levy-epargnez-aux-syriens-votre-s:

Par Burhan Ghalioun, écrivain, professeur à la Sorbonne, Subhi Hadidi, écrivain et journaliste, et Farouk Mardam Bey, éditeur.





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A l'initiative de Bernard-Henri Lévy, un texte a été publié dans Le Monde du 25 mai 2011 sous le titre SOS Syrie, qui dénonce les crimes commis par le régime de Bachar al-Assad et appelle à la solidarité avec le peuple syrien dans sa lutte pour la liberté.



Nous jugeons pour le moins indécent que des personnes comme Bernard-Henry Lévy, qui se sont toujours illustrées par leur hostilité aux revendications légitimes du peuple palestinien et par leur coupable complaisance pour la colonisation des territoires occupés, y compris le Golan syrien, tentent de récupérer le mouvement populaire en Syrie au moment où il affronte avec un admirable courage la terrible machine répressive d'un pouvoir aux abois.



Nous considérons ce texte et toute initiative qui serait prise dans l'avenir par SOS Syrie, quelle que soit l'appellation sous laquelle ce groupe pourrait se présenter, comme des manœuvres sordides qui visent à détourner l'opposition démocratique syrienne de ses objectifs et portent atteinte à sa crédibilité devant son peuple.



Nous nous étonnons de voir Michel Rocard, François Hollande et Bertrand Delanoë mêler leurs noms à ceux des intellectuels qui ont applaudi l'invasion américaine de l'Irak et qui ne se sont apparemment pas repentis en constatant ses tragiques conséquences.



Nous pensons exprimer l'opinion de la très grande majorité des démocrate syriens en exil en appelant nos amis syriens, arabes, français, européens, à boycotter SOS Syrie et à s'en démarquer publiquement.

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