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Strauss -Khan prend ses distances avec le PS sur les retraite à 60 ans


Vendredi 21 Mai 2010 modifié le Vendredi 21 Mai 2010 - 23:21

Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds monétaire international, s'est démarqué nettement de la ligne du Parti socialiste sur la retraite à 60 ans. Il a exhorté la France et l'Allemagne à ne pas casser une croissance qui reste fragile.




Strauss -Khan prend ses distances avec le PS sur les retraite à 60 ans
Dominique Strauss-Kahn.Invité hier soir sur France 2, Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds monétaire international (FMI) a réfuté tout « dogme » sur l'âge de départ à la retraite, estimant que si on « vit cent ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans ». Dominique Strauss-Kahn prend ainsi publiquement ses distances avec le Parti socialiste, lequel a présenté un projet qui défend fermement l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans. « Je ne pense pas qu'il faille y avoir de dogme. Le monde change très vite et on vit dans la mondialisation, qui a des avantages, des inconvénients, mais c'est la réalité, il faut tenir compte de cela », tranche Dominique Strauss-Kahn, qui estime toutefois que l'espérance de vie et la pénibilité doivent être aussi prises en compte. « La différenciation, de mon point de vue, est légitime, parce que les vies ne sont pas les mêmes, il y en a qui sont plus usés, plus fatigués, et d'autres qui, au contraire, peuvent continuer à travailler assez âgés, beaucoup plus âgés qu'on ne l'aurait imaginé il y a dix ou vingt ans, parce qu'aujourd'hui on est en forme beaucoup plus âgés », a-t-il expliqué .

Concernant les retraites, « il y a plusieurs façons de faire les choses : une manière qui est assez évidente dans beaucoup de pays, c'est de dire si on vieillit plus longtemps, il faut qu'on travaille plus longtemps », a poursuivi le directeur général du FMI, dont l'interview, diffusée jeudi lors de l'émission « A vous de juger » sur France 2, avait été enregistrée mercredi à Washington.

« Je ne suis pas rassuré »

Par ailleurs, revenant sur la crise actuelle que traverse la zone euro, Dominique Strauss-Kahn a estimé que celle-ci ne risque pas d'exploser, mais plutôt de « mal tourner ». « Je ne suis pas rassuré parce que les causes de fond, notamment la croissance, ne se résolvent pas en claquant des doigts », a souligné le directeur général du FMI, ajoutant néanmoins que des solutions à la crise que traverse l'Europe existaient. L'Allemagne et la France ne devraient pas se focaliser sur la réduction de leurs déficits budgétaires dans un laps de temps trop court, sous peine de casser la croissance, a-t-il souligné. « Il ne faut pas que les gros pays ralentissent trop vite, sinon on va casser la croissance », a-t-il déclaré en répétant un avis maintes fois exprimé par le FMI. « Il n'est pas écrit dans le marbre qu'il faille absolument qu'en 2012 ou 2013 on soit revenu à 3 % [de déficit, NDLR] », a-t-il dit, en notant que « la situation allemande, française n'a rien de dramatique, sauf en termes de croissance ». « Plus on a un plan ambitieux, impossible à réaliser, moins on est crédible. Il vaut mieux avoir des choses plus crédibles, plus lentes, socialement beaucoup plus supportables », a expliqué l'ex-ministre socialiste.


Source Les Echos
Vendredi 21 Mai 2010 - 23:15





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