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Sonatrach-Corruption: des associations d'Algériens déposent plainte en France contre de hauts responsables algériens


Lundi 4 Mars 2013 modifié le Mardi 5 Mars 2013 - 10:00

Le Conseil national de l'immigration (CNI), et le Mouvement citoyen algérien en France (MCAF), ont décidé de déposer plainte contre des responsables algériens impliqués dans les affaires de corruption qui ébranlent la compagnie pétrolière algérienne la Sonatrach. Ces deux associations qui veulent se constituer partie civile, demandent la saisie de biens mal acquis et le gel des comptes bancaires des personnes impliquées dans ce scandale.




Bouteflika et Chakib Khelil
Bouteflika et Chakib Khelil
Le collectif a saisi le procureur de la République Tribunal de grande instance de Pari, le 25 février. Motif de la plainte: "détournement de l’argent du peuple algérien et son blanchiment en France. L’argent issu du scandale SONATRACH – ENI et SAIPEM révélé par les juges milanais".

"Monsieur le procureur de la République, Nous soussignés, Messieurs : Mohand BARACHE président de l’association, Conseil National de l’Immigration (CNI) et Omar AIT MOKHTAR, coordinateur du Mouvement Citoyen Algérien en France (MCAF) déclarons au même titre que pourrait le faire le peuple algérien.
Le scandale financier qui vient d’être révélé par les juges milanais (Italie) duquel il ressort que plus de 260 millions d’Euros ont étés sont détournés par l’ancien , Ministre algérien, Mr Chakib KHELIL et des personnalités de son entourage que nous citons (...)", écrit le collectif.

La justice italienne enquête depuis février 2011 sur 8 contrats d’un montant de 14 milliards de dollars obtenus par Saipem entre 2007 et 2009 en Algérie à l'époque où le secteur était dirigé par Chakib Khelil, débarqué du gouvernement en mai 2010.

Ces contrats ont fait l’objet de commissions versées à des intermédiaires algériens d’un montant de 264 millions de dollars. Les noms de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, un proche du président Bouteflika et celui de Farid Bedjaoui, le neveu de l’ancien chef de la diplomatie algérienne, Mohamed Bedjaoui, un autre proche du président algérien, sont cités par le parquet de Milan pour être derrière ces acquisitions et ces pots-de-vin.

Emboitant le pas à la justice italienne, la justice canadienne a décidé d’enquêter de son côté sur les contrats obtenus par SNC-Lavalin en Algérie grâce à l’entregent là encore de Farid Bedjaoui.

En tout, ce sont donc 20 milliards de dollars de contrats suspects qui ont été attribués avec le concours de Farid Bedjaui et de ses deux frères, de très vieilles connaissances de Chakib Khelil et de son fils Sina.

Alors que les avocats de la défense réclament la convocation de Chakib Khelil dans le cadre de l’instruction judiciaire lancée en janvier 2010 sur trois contrats accordés par Sonatrach, l’ex-ministre est encore protégé d’une audition par les magistrats algériens. Détenteur d'un passeport diplomatique, M. Khelil continue de voyager à travers le monde et de monnayer ses services notamment pour le compte de compagnie ayant déjà travaillé avec Sonatrach par le passé.

« Si je tombe, j'emporte avec moi beaucoup de monde »

Chakib Khelil a déjà réussi a passer à travers les gouttes en 2007 lorsque éclata le scandale lié aux contrats accordés par Sonatrach et par le ministère de la Défense à Brown-Root et Condor ( BRC) pour un montant de 2,7 milliards de dollars.

A l'époque, cet intime de Bouteflika avait plaidé l'ignorance des faits avant d'étouffer l'affaire en procédant à la dissolution en catimini de BRC durant l'été 2007.
Selon les informations de DNA, la décision de soustraire l'ex-ministre de l'Energie et des Mines des mains des juges algériens serait liée à des menaces qu'il aurait proférées à maintes reprises concernant son éventuelle convocation: « Si je tombe, j'emporte avec moi beaucoup de monde », aurait dit Khelil à maintes reprises à des amis algériens.

Mais Chakib Khelil, poursuit DNA, n'est pas le seul à passer à travers les mailles de la la justice à Alger. C'est le cas également de Mohamed Bedjaoui, convoqué à deux reprises par un juge dans le cadre du scandale de l’autoroute Est-Ouest, mais qui refuse de se mettre à la disposition de son pays.

Pour Algérie Focus, une partie des commissions versées à « de hauts responsables algériens » aurait même transité par Hong Kong avant de revenir en France ou en Suisse. "Surtout si l’on sait que, une partie de la transaction, est conclue dans un hôtel parisien".


Lundi 4 Mars 2013 - 05:44

Atlasinfo (Avec Siwel , DNA et Algérie Focus)




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