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Six mois à l'Élysée : les "petites phrases" urticantes d'Emmanuel Macron


Lundi 13 Novembre 2017 modifié le Mardi 14 Novembre 2017 - 11:08

Le président et de droite et de gauche n'est pas pour autant consensuel. En témoignent ses "petites phrases", dont certaines éminemment urticantes.




Six mois à l'Élysée : les "petites phrases" urticantes d'Emmanuel Macron
L'homme qui a assisté Paul Ricœur a le goût des expressions surannées, comme «  croquignolesque  », «  pipi de chat  » ou «  poudre de perlimpinpin  ». Mais pas seulement. Emmanuel Macron a le verbe volontiers transgressif et lance régulièrement de petites phrases assassines contre ses détracteurs, même s'il goûte beaucoup moins les polémiques qu'elles déclenchent... Retour sur quelques-unes de ces formules qui ont mis le président à la une.

«  Je suis votre chef  »

Le 13 juillet, c'est par cette phrase qu'Emmanuel Macron rappelle sèchement à l'ordre les militaires tentés de critiquer publiquement ses choix budgétaires. L'attaque vise principalement le chef d'état-major Pierre de Villiers, qui, quelques jours plus tôt, s'est indigné avec verdeur devant des députés de la baisse du budget de la défense. Humilié, il démissionne quatre jours plus tard. «  Je n'ai pas de regrets et j'assume totalement  » cette phrase, a tranché le chef de l'État le 31 août.

«  Make our planet great again  »

Le 1er juin à minuit, deux heures après l'annonce par Donald Trump du retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron, depuis son bureau de l'Élysée, lance en anglais ce contre-appel qui parodie le slogan de campagne de Trump. Le retentissement est mondial : son message a été retweeté à ce jour par 236 000 internautes, un record absolu pour un tweet français. Sur le compte Facebook d'Emmanuel Macron, la vidéo de son appel affiche 13 millions de vues, très loin en tête des centaines de vidéos postées par l'Élysée.

«  Premiers de cordée  »

La formule a été soigneusement préparée : dans sa première interview télé, le 15 octobre, Emmanuel Macron défend ainsi ceux «  qui réussissent  » et, selon lui, tirent les autres. «  Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole  », dit-il. La formule fait mouche, mais soulève des critiques pour sa proximité, quoiqu'il s'en défende, avec la théorie économique du «  ruissellement  » des riches vers les pauvres.
Lire aussi Delhommais - La «  théorie du ruissellement  » n'a jamais existé.

«  Fainéants  »

Le 8 septembre à Athènes, après un grand discours sur l'Europe, le président s'adresse aux expatriés français en Grèce. Quatre jours avant une manifestation syndicale contre la réforme du Code du travail, il déclare qu'il «  ne cédera rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes  ». L'opposition dénonce aussitôt une forme de mépris social. Embarrassé, l'Élysée explique successivement que le président visait les précédents présidents, puis les élites qui n'ont pas agi. Emmanuel Macron expliquera ensuite qu'il ne regrette «  absolument pas  » ce mot et s'agace d'une «  fausse polémique  »

«  Foutre le bordel  »


Le 4 octobre, lors d'un déplacement en Corrèze, M. Macron discute en aparté avec un responsable local. Sans se cacher, deux caméras captent leur échange. M. Macron remarque : «  Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas.  » Il cible une délégation CGT qui «  a décidé de gêner la visite  », indique le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, qui accompagnait des salariés licenciés de l'équipementier automobile GM&S. Sur TF1, Emmanuel Macron assure ne pas avoir voulu humilier, mais s'énerve de discours «  aseptisés  ».

«  Des gens qui ne sont rien  »

«  Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien  », déclare-t-il le 29 juin lors de l'inauguration de la Station F, un incubateur de start-up, projet lancé par Xavier Niel en 2013 et installé dans l'ancienne Halle Freyssinet à Paris.

«  Toutes et tous  », «  celles et ceux  »


Dans ses propos publics, Emmanuel Macron veille à éviter au maximum les généralités au masculin, utilisant une sorte de «  langage inclusif  » à l'oral par des formules comme «  les femmes et les hommes  », « toutes et tous  », « celles et ceux  », etc. Une tournure qu'imitent désormais largement ses ministres et les députés de La République en marche. Lui qui a fait de l'égalité homme-femme une grande cause nationale a anticipé la polémique en cours sur l'écriture inclusive.(AFP)
Lundi 13 Novembre 2017 - 08:47





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