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Scrutin régional à suspense en France, l'extrême droite espère une victoire


Dimanche 13 Décembre 2015 modifié le Dimanche 13 Décembre 2015 - 16:40




L'extrême droite espère sortir victorieuse dimanche du second tour d'élections régionales en France, après un premier succès lors de cet ultime scrutin avant la présidentielle de 2017, face à une gauche et une droite affaiblies.

L'issue de la consultation est suspendue à la participation, en hausse de 3,5 points à la mi-journée par rapport au premier tour, et aux reports de voix de gauche vers la droite pour faire barrage au Front national (FN) de Marine Le Pen dans plusieurs régions.

Un mois jour pour jour après les attentats jihadistes du 13 novembre à Paris (130 morts), la sécurité a été renforcée autour des bureaux de vote.

Les premières estimations de résultats sont attendues à la clôture du scrutin à 20H00 (19H00 GMT).

Environ 45 millions de Français sont appelés aux urnes. Le président socialiste François Hollande a voté en milieu de matinée dans son fief de Tulle (sud-ouest).

Au premier tour le 6 décembre, un électeur sur deux et deux tiers des jeunes (18-24 ans) ont marqué leur désaffection pour la politique en s'abstenant.

A Clermont-Ferrand (centre), Abdel, 38 ans, a maintenu ce choix dimanche: "Je ne crois plus aux politiques (...) Ils n'auront pas ma voix, même pour battre le FN".

"Le monde politique est complètement à côté de la plaque", résume Sylvain, 34 ans, employé dans l'Est. "Demander de voter pour que le FN ne passe pas, sans que les élites se posent la moindre question, montre bien qu'il y un grave malaise".

Les régions françaises ont été redessinées l'an dernier pour rapprocher leurs dimensions de celles des Länder allemands. Leur budget global s'élève à 29 milliards d'euros par an. Elles sont les seules collectivités à pouvoir aider directement des entreprises.

La prise par l'extrême droite d'une ou plusieurs d'entre elle serait une première en France, où le FN, avec un discours europhobe et anti-immigration, grimpe à chaque élection depuis cinq ans, surfant sur le rejet des partis classiques impuissants face à la crise.

Au premier tour, il a décroché un score national record de près de 28% et la première place dans six régions sur 13.


- Lourds enjeux pour 2017 -


Le 6 décembre, Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen ont réalisé dans le Nord (Nord Pas-de-Calais Picardie) et le Sud-Est (Provence Alpes Côte d'Azur) les deux meilleures performances du parti avec chacune plus de 40% des voix.

Mais des sondages les donnent perdantes dimanche dans ces deux régions, où les socialistes au pouvoir se sont désistés au profit des candidats de droite.

Les meilleures chances du FN pourraient être dans l'est du pays (Alsace Champagne-Ardennes Lorraine) avec le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, opposé à un candidat de droite et un socialiste qui a refusé la consigne de son parti de se retirer. La Bourgogne-Franche-Comté (centre-est) semble aussi à la portée de l'extrême droite.

Ecourtée par les attentats, la campagne s'est achevée dans un climat d'invectives.

Le Premier ministre socialiste Manuel Valls a brandi la menace d'une "guerre civile" si le FN prend le pouvoir. Marine Le Pen a promis de "pourrir la vie du gouvernement" en cas de victoire dans le Nord.

A 16 mois du premier tour de la présidentielle, pour lequel Marine Le Pen est en tête des intentions de vote, l'issue des élections régionales est lourde d'enjeux, notamment à droite où les résultats du 6 décembre ont été décevants (27%).

Les lendemains du scrutin risquent de mettre à mal les ambitions pour 2017 de l'ex-président Nicolas Sarkozy (2007-2012), confronté à deux rivaux coriaces, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon.

Sa stratégie, consistant à disputer à l'extrême droite ses thèmes fétiches (sécurité, immigration, identité nationale), n'a pas freiné l'érosion d'une partie de l'électorat conservateur vers le FN et divise sa formation.

A gauche, le "front républicain" face au FN prôné par les socialistes, en déclin aux régionales, est vu par certains comme une stratégie visant à présenter le président François Hollande, dont la popularité a rebondi après les attentats, comme le meilleur rempart en 2017.

Dimanche 13 Décembre 2015 - 12:30

Avec AFP




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