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Scandale Sonatrach, suite : Chakib Khelil, ministre de l’Energie et des mines remercié


Samedi 29 Mai 2010 modifié le Samedi 29 Mai 2010 - 22:46

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika a finalement procédé ce vendredi au remaniement ministériel tant attendu. Le très puissant et quasi-inamovible ministre de l’Energie et des mines (depuis 1999), Chakib Khelil, est contraint de quitter son poste. Il est remplacé par Youcef Yousfi, précédemment ambassadeur d’Algérie auprès de l’ONU (depuis 2001), ancien chef de cabinet du président Liamine Zeroual (1996), puis bref ministre de l’Energie et des mines (1997) !




Chakib Khelil
Chakib Khelil
Ingénieur chimiste de formation, Youcef Yousfi a débuté dans l’enseignement, puis parallèlement s’est occupé des affaires pétrolières au ministère de l’industrie et de l’énergie avant d’intégrer la Sonatrach, en tant que vice-président en charge du marketing, puis en qualité d’administrateur. Ce technicien et diplomate maîtrise donc bien le secteur de l’énergie et des mines.

La cascade de scandales financiers qui éclaboussent la Sonatrach et ses principaux dirigeants (dont le P-dg M. Mohamed Meziane, deux de ses fils et trois vice-présidents), aujourd’hui incarcérés (cf article Atlasinfo « Nordine Cherouati va-t-il ramener le calme à la Sonatrach ? » du 12 mai 2010) a fini par entacher la crédibilité et la réputation de Chakib Khelil

Pour autant, Chakib Khelil paye aussi certainement l’échec de la 16ème Conférence internationale du Gaz naturel liquéfié (GNL) d’Oran, clôturée le 22 avril 2010. Malgré les déclarations dithyrambiques de M. Khelil, président en exercice, affirmant que cette rencontre « avait été un franc succès » et que les ministres du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) avaient adopté le principe « d’une parité avec le prix du pétrole » pour assurer un meilleur équilibre au marché du gaz, la conférence a fait un flop colossal.

L’objectif affiché - et raté - était la création d’un cartel des principaux pays producteurs de gaz, pour devenir une véritable Opep du gaz ! Mais M. Chakib Khelil n’a su rallier le Qatar et la Russie, sans lesquels cet ambitieux projet devenait caduc.

Il est à noter encore que ce remaniement ministériel limité, la plupart des grands ministères conservant leurs anciens titulaires, sanctionne également deux autres ministres qui ont failli dans la gestion de leurs secteurs respectifs. Hamid Bassalah, ministre des Télécoms est remercié et remplacé par Mossa Benhamdi, précédemment P-dg d’Algérie Télécom et El Hachemi Djaaboub, ministre du Commerce, est contraint de céder sa place à Mustapha Benbada.

Mais qu’on se rassure. Le reclassement des ex-ministres est une vrai préoccupation des dirigeants algériens, puisque, selon les termes du communiqué de la présidence, M. Chakib Khelil sera «appelé à d’autres fonctions »…

Didier Lacaze
Samedi 29 Mai 2010 - 21:23





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