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Sarkozy tente de relancer sa campagne avec l'Europe







Sarkozy tente de relancer sa campagne avec l'Europe
Nicolas Sarkozy a tenté dimanche à Villepinte de donner un second souffle à sa campagne présidentielle et créé la surprise en exigeant des réformes de l'Europe, seule capable à ses yeux de protéger la France.

Devant plusieurs dizaines de milliers de partisans enthousiastes, plus de 70.000 selon l'UMP, le président-candidat a étendu à toute l'Europe son credo de président "protecteur des Français" et adressé à ses partenaires européens une série d'ultimatums destinés à protéger l'Europe des flux migratoires non contrôlés et de la "concurrence "déloyale" qui menace son économie.

"La principale leçon que je tire de ces cinq années, c'est que l'immobilisme nous est absolument interdit", a-t-il lancé, "il nous est interdit pour la France mais il l'est tout autant pour l'Europe parce que nous avons rendez-vous avec un nouveau monde qui est en train de naître".

"L'Europe ne doit plus être une menace, elle doit être une protection", a insisté le candidat, "l'Europe doit reprendre son destin en main sinon elle risque la dislocation (...) elle ne peut pas être le jouet des forces de la concurrence, du marché et de la loi des pays les plus forts dans le monde".

Première exigence de Nicolas Sarkozy, une "révision", dans les douze mois des accords de Schengen, qui assurent la libre circulation des personnes au sein de l'Europe et contrôlent ses frontières, mais, selon lui, "ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation".

Tout à tour, il a exigé un "gouvernement politique de Schengen" et la possibilité de "sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un Etat défaillant". Faute de "progrès sérieux", "la France suspendrait sa participation (...) jusqu'à ce que les négociations aient abouti", a menacé M. Sarkozy.

"Coup de poignard dans le dos de l'Europe", a réagi la candidate écologiste Eva Joly, "fantasme" pour le centriste François Bayrou.

"Voilà que Nicolas Sarkozy, ne pouvant pas présenter d'autres propositions aux Français, se met à traiter l'Europe comme un bouc-émissaire", a jugé pour sa part le candidat socialiste François Hollande sur M6.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, a estimé que Nicolas Sarkozy lui "facilitait le travail" en disant qu'il était possible de se passer de mesures décidées au niveau européen, tandis que Marine Le Pen l'a accusé d'avoir jusqu'ici contribué à "mettre en place" une "dictature de l'Europe" qui affaiblit la France.

Comme il le fait régulièrement, Nicolas Sarkozy a aussi exigé à nouveau de l'UE l'adoption d'une version européenne du "Buy American Act", qui impose à l'Etat américain d'utiliser exclusivement des "produits fabriqués en Amérique dans les marchés publics". Faute d'avancée dans les douze mois, "la France appliquera unilatéralement cette règle", a-t-il annoncé.

Idem pour les PME européennes, à qui le chef de l'Etat veut qu'une "part des marchés publics" soit réservée.

Conscient de l'importance de ces exigences, Nicolas Sarkozy, qui a promis de réserver son premier voyage de président réélu à Angela Merkel, n'a pas caché que son discours serait "attaqué". "Mais je m'en moque parce que je dis la vérité", a-t-il plaidé, "j'appelle au réveil de l'idéal européen".

Sans craindre le paradoxe, il n'a pas manqué, une nouvelle fois, de reprocher à son rival socialiste sa volonté de renégocier le traité européen renforçant la discipline budgétaire. "Honte à ceux qui, au nom d'intérêts partisans, n'ont pas eu le courage de (le) voter", a-t-il raillé.

Dans le reste d'un discours de plus d'une heure, souvent interrompu par les vivas de ses partisans, il a mis en avant son expérience de président qui a "appris" la "gravité" de sa charge, par opposition à l'inexpérience qu'il attribue à son rival socialiste, largement favori des sondages.

Critiqué dans sa propre majorité pour son discours très marqué à droite sur l'immigration, Nicolas Sarkozy a atténué ses propos. "Je serai celui qui refusera en France toute dérive communautariste", a-t-il dit, sans reprendre de formules couperet comme "il y a trop d'étrangers en France".

A 42 jours du premier tour et à la veille d'une nouvelle prestation télévisée, sur TF1, le chef de l'Etat espère maintenant que la mobilisation populaire réussie de Villepinte mette enfin sur orbite sa course à un second mandat. "Aidez-moi, nous avons deux mois (...) deux mois pour bousculer les certitudes, deux mois pour tout renverser", a-t-il conclu.

Les personnalités présentes dimanche ont voulu y croire. Parmi elles, Bernadette Chirac, les acteurs Gérard Depardieu et Christian Clavier, l'actrice Emmanuelle Seigner, les chanteurs Enrico Macias et Didier Barbelivien. Absent de Villepinte, le patron du Parti radical, Jean-Louis Borloo, pourrait les rejoindre. Peut-être dès mardi, espère l'UMP, pour le prochain déplacement de campagne de Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, l'ancien ministre de l'Ecologie s'est félicité que des "sujets d'importance" pour les radicaux et les humanistes aient été abordés.

Lundi 12 Mars 2012 - 07:42



Lundi 12 Mars 2012 modifié le Lundi 12 Mars 2012 - 07:43

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