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Sarkozy sur la défensive, Juppé arbitre du premier débat de la primaire à droite


Vendredi 14 Octobre 2016 modifié le Vendredi 14 Octobre 2016 - 19:56

L'ancien président français Nicolas Sarkozy est apparu sur la défensive face aux flèches décochées par les autres candidats à la primaire de droite, lors de leur premier débat jeudi où le favori Alain Juppé s'est contenté de déployer son programme.




Sarkozy sur la défensive, Juppé arbitre du premier débat de la primaire à droite
L'enjeu de cette primaire est majeur: au vu du marasme à gauche, son vainqueur a toutes les chances, selon les sondages, de remporter le deuxième tour de la présidentielle en mai face à la candidate du parti d'extrême droite Marine Le Pen.

Ce débat télévisé a oscillé entre accusations à fleuret moucheté, où les candidats se sont parfois tutoyés, et chiffres et propositions dégainés à la chaîne par les sept candidats, six hommes et une femme.

L'ex-président Sarkozy (2007-2012), en position de challenger, a été la cible principale des outsiders qui ont relativement ménagé le chouchou des sondages, Alain Juppé.

Ils ont ainsi brocardé le thème de l'identité, central dans la campagne très droitière de Nicolas Sarkozy, jugeant qu'il ne s'agissait pas d'une priorité pour les Français.

Un sondage indiquait avant le débat que les Français attendaient les candidats d'abord sur le chômage, qui touche 10% de la population, puis sur la lutte contre le terrorisme après les multiples attentats jihadistes depuis 2015 (238 morts), et l'immigration, très loin devant l'identité (4%).

Fidèle à sa ligne, dans l'espoir de récupérer une partie des voix de l'extrême droite, Nicolas Sarkozy a de nouveau évoqué le "problème de l'islam politique" et le "déclassement de la France".

A l'inverse, Alain Juppé, qui fait la course grâce aux voix de la droite modérée et du centre, s'est voulu le chantre de "l'espérance", convaincu que "la France redeviendrait un grand pays où il fait bon vivre".

A quelques heures du débat, un sondage OpinionWay lui donnait une nette avance au premier tour de la primaire face à Nicolas Sarkozy (42% d'intentions de vote contre 28%), candidat autoproclamé "du peuple" contre "les élites bien-pensantes".


Dès la première minute, Jean-François Copé, ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy lui a reproché de ne pas avoir réalisé la "rupture" qu'il avait promise lors de sa campagne en 2007. "On a gouverné ensemble", a rétorqué, visage fermé, Nicolas Sarkozy, qui a promis une alternance "énergique, immédiate et concrète".

Mais son ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a immédiatement surenchéri. "Si vous voulez que tout continue comme avant, eh bien vous avez tout sur ce plateau", a-t-il lancé, face à la caméra et seul homme sans cravate, en se présentant comme le candidat du "renouveau".

Toujours sur la défensive, Nicolas Sarkozy a rétorqué à une autre critique: "chacun pense ce qu'il veut. Si on est tous candidats, c'est qu'on n'a pas les mêmes idées !" A l'issue du débat de plus deux heures, c'est lui qui avait consommé la plus grande partie de son temps de parole, chronométré à la seconde près.

Quant à ses déboires judiciaires, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il était blanc comme neige : "Mon casier judiciaire, après 37 ans de vie politique, est vierge", a-t-il souligné. L'ancien président est inculpé dans deux affaires distinctes qui empoisonnent sa campagne.

Son principal rival, Alain Juppé, a pour sa part assumé une condamnation, en 2004, à un an d'inéligibilité dans une affaire d'emplois fictifs. Si les Français "estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m'éliront pas", a-t-il dit.

Tout à leur volonté de dérouler leur programme, les candidats en ont presque oublié de critiquer le gouvernement et le président socialiste François Hollande, très impopulaire depuis son élection en 2012. Ce dernier ne dira qu'en décembre s'il compte briguer un second mandat.

Cette première joute doit être "un débat, pas un pugilat comme aux États-Unis", ce qui "donnerait une image désespérante de la vie publique", avait souligné avant le débat Thierry Solère, président du comité d'organisation de la primaire, en référence à la vulgarité inédite du duel américain Clinton-Trump.

Deux autres débats à sept sont prévus les 3 et 17 novembre et un dernier, entre les finalistes, le 24.


Source AFP
Vendredi 14 Octobre 2016 - 08:48





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