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Sarkozy: «Mon conseil c'est qu'Éric Woerth n'exerce plus ses fonctions» de trésorier de l'UMP


Lundi 12 Juillet 2010 modifié le Lundi 12 Juillet 2010 - 22:01




Nicolas Sarkozy interrogé par David Pujadas sur France 2 le 12 juillet
Nicolas Sarkozy interrogé par David Pujadas sur France 2 le 12 juillet
C’est sur l’explosive affaire Woerth-Bettencourt qu’il était attendu au tournant. Mais Nicolas Sarkozy, interviewé ce lundi soir depuis l’Elysée par le journaliste de France 2, David Pujadas, voulait surtout parler de «fond» à l’oreille des Français. Retraites - la réforme est présentée mardi en conseil des ministres -, rigueur et relance, niches fiscales, sécurité, etc.

«Mon conseil c'est qu'Éric Woerth n'exerce plus ses fonctions» de trésorier de l'UMP

Sur l'affaire Bettencourt-Woerth. Alors que le rapport de l’IGF a opportunément dédouané son ministre, le Président a estimé Eric Woerth «lavé de tout soupçon» et lui a réaffirmé son soutien total: «Eric Woerth est un homme honnête, c'est un homme qui a toute ma confiance. (...) Il continuera à mener la réforme des retraites selon le calendrier qui était prévu.»

Risque de conflit d’intérêt du couple Woerth. Sarkozy s'est dit «très attentif aux propositions. Je demanderai une commission représentant toutes les familles politiques dès la semaine prochaine. Je leur demanderai de réfléchir à la façon de modifier la loi pour prévenir toute forme de conflit.»

Et la double casquette d'Eric Woerth. Alors que la question du cumul des fonctions ministérielles d'Eric Woerth (avant au Budget) avec ses fonctions au sein de l'UMP a fait débat, Sarkozy se prononce: «Je ne suis pas en charge du fonctionnement de l'UMP. Mais mon souhait c'est qu'Eric Woerth se consacre exclusivement à la réforme des retraites. (...) Mon conseil c'est qu'il n'exerce plus ses fonctions» de trésorier.

Les déclarations de l'ex-comptable des Bettencourt sur les enveloppes de liquide distribuées à des politiques. «La vérité se fait jour, chaque témoin apporte sa contribution pour montrer qu’il y a une calomnie, une campagne. J’y étais préparé. J’ai été élu pour résoudre les problèmes de la France et des Français qui n’ont pas été résolus depuis des années. Quand vous faites des réformes, vous bousculez des intérêts, des situations acquises, vous gênez un certain nombre de gens, et vous subissez la calomnie.»

«Il faut que chacun revienne à la raison»
Calomnie? «Il y a trois mois, nous avons connu avec mon épouse les pire racontards sur notre vie privée. Il y a trois ans, j’ai eu l’affaire Clearstream. Et avec la réforme des res traites, on me décrit comme quelqu'un qui aurait chez Mme bettencourt depuis 20 ans rammassé des enveloppes. C’est une honte [...] et une perte de temps. (...) Il faut que chacun revienne à la raison et se concentre sur l’essentiel.»

Cigares, logements de fonction.... «Comment expliquez-vous ces dérives ?», questionne Pujadas. Réponse du président: «Deux ministres ont commis des indélicatesses ou maladresses. Je leur ai dit. Ils en ont tiré les conséquences en demandant leur démission.»

«Les ministres ne partent pas parce que tout d'un coup tel ou tel demande une tête. J'ai promis une République irréprochable et c'est ce que nous faisons.»

Train de vie des ministres. «J’ai décidé que désormais les ministres ne bénéficieraient d’appartement de fonction que quand ils en auront vraiment besoin pour leur activité ministérielle.(...) J’ai essayé d'apporter de la clarté, de l’honneteté, de la transparence dans les procédures.(...) Quand ils vont à l’tétranger, je juge que les ministres doivent aller dans les ambassades plutôt qu’à l’hôtel.»

«La valse des ministères donne une image ridicule»

Remaniement? «Je suis président de la République, chef de l’Etat d’un pays de 65 millions d'habitants, je n’ai pas le droit de céder à l'agitation du milieu, à la fébrilité du commentateur. La valse des ministères donne une image ridicule de notre pays.» Le remaniement interviendra «à la fin du mois d’octobre comme je l’ai toujours indiqué.»

Réforme de la dépendance. «A partir du moment où la réforme des retraitessera signée, j’engagerai immédiatement la réforme de la dépendance. J’ai été absolument effaré que seules 20% des personnes âgées dépendantes pouvaient financer par elles-mêmes leur accession à une maison de rertraite.»

Retraites. «Ce n’est pas la réforme majeure mais la réforme essentielle. Il y a eu deux erreurs les précédentes années», commence-t-il. Et de citer: le passage de la retraite de 65 à 60 ans. Et les 35 heures.

«Si on vit quinze années de plus, on peut comprendre qu’on doit travailler deux années de plus. (...) Ce que nous faisons en 2010 tout le monde sait bien qu’on aurait du le faire bien avant.»

Sur le montant des pensions. «Je dis aux quinze millions de retraités qu’on ne touchera pas à leur pension de retraite.»

Pénibilité. «C’est plus facile d’être populaire en disant aux gens qu’il faut travailler moins. (...) Il y a deux problèmes: nos comptariotes qui ont commencé à travailler avant 18 ans. Ceux-là continueront à partir à la retraites avant 60 ans. Et la pénibilité, ça n’existait pas jusqu’à présent. (...) J’essaie d’être quelqu’un de juste, ce n’est pas facile.Je dois garantir l’équilibre général de la réforme.»

«Redonner de la compétitivité»

Réforme des retraites: ce qui est négociable. «Tout l’été, on va travailler. Eric Woerth et le Premier ministres et travailleront d’arrache pied. Nous serons à l’écoute du débat parlementaire. Je ne dis pas: c’est à prendre ou a laisser.» Nicolas Sarkozy a confirmé que la retraite à 62 ans et l'alignement public-privé ne seraient pas négiociables. «Sur le reste, nous serons très à l’écoute de nos interlocuteurs.»

Travail des seniors. «A 58 ans, on n'a pas envie de rester chez soi à rien faire avec une pré-retraite qui ne vous permet pas de vivre.» Et de se féliciter: «Nous avons rendu plus compliqué les pré-retraites. (...) Quand la retraite est à 60 ans, les entreprises séparent de leur collaborateurs à 58 ans. Quand la retraite est à 62 ans, les entreprises séparent de leur collaborateurs à 60 ans. Le partage du temps de travail est une erreur stratégique, historique.»

Rigueur ou pas? «En tant que chef de l’Etat, j’ai été gâté. Premier épisode: la crise financière. Deuxième: la crisé économique du siècle. Troisième épisode: la crise agricole. Quatrième: la crise de l’euro. En Europe, deux pays tiennent le système: l'Allemagne et la France. Je ferai tout pour qu’il en soit toujours ainsi. Des pays ont été attaqués parce qu’ils étaient fragiles. Je ne veux pas que la France soit engagée dans la même spirale. Si le monde n’a plus confiance dans la France, les taux d’intérêt montent.

Quelle stratégie économique? Redonner de la compétitivité. C’est la fin des 35 heures, le nombre des heurs supplémentaire réaugmente aujourd’hui, c'est une excellente nouvelle.»

Réduire le déficit. «Où peut-on trouver 100 milliards d'euros d'économie ?», demande David Pujadas. «Tout d'abord, on a baissé le nombre de fonctionnaires. Nous avons supprimé 100.000 postes en trois ans. Dans le budget 2011, nous en supprimerons encore», répond-t-il. Avant de lancer: «Qu'est ce qui empêche les collectivités d'appliquer la même règle ? C'est un appel à la responsabilité.»

«J'ai refusé de supprimer l’ISF en France»

Bouclier fiscal. «De tous les pays, la France est celui qui taxe le plus les contribuables aisés. En 1997, les socialistes allemands ont supprimé l’ISF en Allemagne. Parce que s'il n'y a plus de capital en Allemagne, il n’y a plus d’entreprises. En 2008, les socialistes espagnols ont supprimé l'ISF. J'ai refusé de supprimer l’ISF en France, nous sommes le dernier pays d’Europe à avoir un impôt sur la fortune. Parce que je l’ai voulu.

Le bouclier fiscal, ce n'est pas une idée que j’ai eu comme ça un matin en me levant. Notre principal concurrent, client et voisin c’est l’Allemagne. Moi j’admire le modèle économique allemand. Le bouclier existe depuis plus de vingt ans en Allemagne. Je vais donc faire la même chose en France.»

Sarkozy et l'argent. «Si j’avais été un homme d’argent, j’aurais fait une autre carrière. 35 ans après, je n’ai jamais eu à faire avec la justice.»`

Presse. Après les révélations sur l'affaire Woerth-Bettencourt, Mediapart a été la cible d'attaques virulentes, du type «Méthodes fascistes» «presse des années trente». Interrogé sur le sujet, Sarkozy répond: «Je suis chef de l'Etat, ce n'est pas mon rôle. Faite votre travail le mieux possible. J'ai assez de travail comme ça. (...) Il y a des comportements de quelques uns qui ne fait pas honneur à l'ensemble de la profession. Je dois être un homme d'équilibre de sang froid.»

Sécurité. «On a obtenu des résultats spectaculaires mais il faut aller beaucoup plus loin. Nous avons voulu que la sécurité en Seine-Saint-Denis ne dérive plus et l’action du préfet Christian Lambert est remarquable. (...) J’ai demandé au Premier ministre, à la Garde des Sceaux et au ministre de l'Intérieur de préparer un texte sur la responsabilité des parents de mineurs délinquants. (...) Nous allons créé des établissement adaptés de réinsetion scolaire pour ces jeunes avec un encadrement renforcé. Il y en aura une vingtaine dès la rentée prochaine.» Les décrocheurs? «J'ai demandé un fichier pour que tout jeune sortant de l'école à 16 ou 17 ans ait un travail ou une formation.»

Nomination des patrons de l’audiovisuel public. «J'ai voulu la République irréprochable. C’est la transparence. Qui nomme et pourquoi? Ce n’est pas mn choix seulemement, j’ai beaucoup consulté. Et le CSA s’est réuni aujourd’hui et a décidé de valider le choix du gouvernment, la proposition part ensuite au Parlement.»

«Je veux rendre hommage à M.Carolis et à son équipe. Ils ont fait un excellent travail. Mais tout simplement c’est une nouvelle étape. Et M. Pfimlin m’a semblé être l’homme de la situation.»
Lundi 12 Juillet 2010 - 21:56

Libération




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