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Saint-Étienne-du-Rouvray : le cousin de Petitjean mis en examen


Lundi 1 Août 2016 modifié le Mardi 2 Août 2016 - 00:08

Il est mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle", annonce le parquet de Paris.

Source AFP




Cinq jours après le drame qui a coûté la vie au père Hamel, l'enquête progresse tandis que des dizaines de fidèles musulmans ont franchi dimanche les portes des églises pour prier avec les catholiques à la mémoire du prêtre.

Le cousin d'Abdel Malik Petitjean, l'un des deux auteurs de l'attaque djihadiste de Saint-Étienne-du-Rouvray, a été mis en examen dimanche et écroué, a annoncé le parquet de Paris. Farid K., 30 ans, originaire de Nancy, « avait parfaitement connaissance, si ce n'est du lieu et du jour précis, de l'imminence d'un projet d'action violente de son cousin », avait indiqué le parquet un peu plus tôt. Il est mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle » dans le cadre de l'information judiciaire ouverte ce dimanche par le parquet de Paris.

Catholiques et musulmans unis

Comme samedi, de nombreux hommages ont eu lieu. À Rouen, l'auguste cathédrale était pleine à craquer. Près de 2 000 fidèles, dont au moins une centaine de musulmans, ont assisté à la vibrante homélie de l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun. « Notre monde se découvre solidaire d'un bout à l'autre de la planète, a déclaré Mgr Lebrun. Les injustices entre les peuples deviennent insupportables. Devant l'horrible et injuste mort d'un simple prêtre, des messages parviennent du monde entier. C'est l'espérance en marche. »

Temps fort de la cérémonie, le rituel du geste de paix, au cours duquel catholiques et musulmans se sont serrés dans les bras les uns les autres. Tête nue, Mgr Lebrun est descendu de l'autel pour embrasser les responsables musulmans alignés dans le chœur. Il a ensuite fait de même avec les trois sœurs qui étaient présentes au moment de l'attentat. À Bordeaux, quelque 200 personnes ont célébré à l'église Notre-Dame « un temps de recueillement et de prière ». Les représentants de la communauté musulmane de la ville, dont l'imam de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, accompagnés d'une dizaine de fidèles, hommes, femmes et enfants, se sont mélangés aux paroissiens. « J'accueille avec reconnaissance les membres de la communauté musulmane qui ont voulu manifester leur compassion et leur réprobation entière des actes si souvent commis au nom de leur foi et qui n'ont rien à voir avec leur foi », a déclaré le père Jean Rouet, vicaire général du diocèse de Bordeaux, avant d'inviter les fidèles à « entrer dans l'eucharistie chacun à sa façon ».

Un devoir historique


À Nice, théâtre d'un attentat revendiqué par l'État islamique qui a coûté la vie à 84 personnes, une dizaine de responsables religieux musulmans se sont rendus à l'église Saint-Pierre-de-l'Ariane. « La mort du prêtre Hamel nous donne une responsabilité et un devoir historique de continuer son œuvre de paix », a déclaré Otmane Aissaoui, imam de la mosquée Arrahma. À Paris, une petite dame voilée a pris place discrètement au fond de l'église Notre-Dame-d'Espérance, dans le 11e arrondissement. À 71 ans, cette fidèle de la grande mosquée de Paris trouvait évident de répondre à l'appel du Conseil français du culte musulman (CFCM) d'assister aux messes dominicales. À Saint-Denis de La Réunion, plus de 2 000 personnes, souvent vêtues de blanc, ont également répondu à l'appel, de même qu'en Italie.

Une rencontre sur Telegram


Retour à l'enquête. La garde à vue du demandeur d'asile syrien interpellé jeudi dans l'Allier a par ailleurs été levée, a-t-on appris dimanche de source judiciaire. La photocopie du passeport de cet homme, qui résidait dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile de l'Allier, avait été retrouvée au domicile d'un des auteurs de l'attentat, Adel Kermiche. Mais, « au final, aucun élément n'a démontré qu'il avait une quelconque implication dans les faits », selon une source proche de l'enquête. La garde à vue du mineur de 16 ans a été levée samedi, même s'il n'en a pas fini avec la justice, des documents de propagande djihadiste ayant été retrouvés dans son téléphone ainsi que dans son ordinateur.

Selon La Voix du Nord et Le Parisien de dimanche, les deux djihadistes se sont rencontrés via le système de messagerie chiffrée Telegram, utilisé par Adel Kermiche et sur lequel il aurait décrit par avance le mode opératoire de l'attentat, mentionnant « un couteau » et « une église ». Un mineur de 17 ans qui avait cherché à partir en Syrie avec Adel Kermiche en 2015 a été arrêté récemment à Genève lors d'une seconde tentative, et remis à la France où il a été emprisonné. Un autre homme de 19 ans, fiché S (signalé pour radicalisation) et arrêté le 25 juillet dans une enquête distincte des services de renseignements, a été mis en examen vendredi. Une vidéo d'Abdel Malik Petitjean, dans laquelle celui-ci prêtait allégeance à l'EI et évoquait « une action violente », avait été trouvée dans un téléphone à son domicile.

Une autre enquête est en cours, dans laquelle un Français de 20 ans a été interpellé. Jean-Philippe J., 20 ans, fiché « S », s'était rendu le 10 juin en Turquie avec Abdel Malik Petitjean, mais il avait été refoulé du pays le lendemain. Petitjean, qui n'était pas à l'époque signalé pour radicalisation, était aussi rentré en France. Jean-Philippe J. est mis en examen dans une enquête distincte de celle ouverte sur la prise d'otages du 26 juillet. « Il a sollicité un débat différé devant le juge des libertés et de la détention et, dans l'attente, a été incarcéré provisoirement », a précisé le parquet de Paris.

Sur le plan politique, le Premier ministre Manuel Valls estime dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche que si « l'islam a trouvé sa place dans la République », il y a « urgence » à « bâtir un véritable pacte » avec la deuxième religion de France.
Lundi 1 Août 2016 - 07:03





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