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Sahel : une opération contre Al Qaida menée avec l'appui de la France


Vendredi 23 Juillet 2010 modifié le Vendredi 23 Juillet 2010 - 11:16




Sahel : une opération contre Al Qaida menée avec l'appui de la France
Une opération militaire antiterroriste a été conduite, avec le soutien de la France, dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Mali. Selon la presse espagnole, qui révèle ce matin l'affaire, il s'agissait d'obtenir la libération de l'otage français Michel Germaneau, 78 ans, détenu par un groupe d'AQMI (Al Qaida au Maghreb islamique). Ingénieur à la retraite, il a été fait prisonnier le 22 avril dernier.

La France a confirmé vendredi matin avoir apporté son soutien à une "opération antiterroriste" mauritanienne, sans faire référence à l'otage français.

Selon nos information, des équipes du Commandement des opérations spéciales (COS) ont participé à cette opération. Depuis plusieurs mois, les forces spéciales françaises sont en effet très discrètement présentes en Mauritanie, dans le cadre d'un DAO (détachement d'assistance opérationnel). Celui-ci serait basé dans la région d'Atar. Par ailleurs, les équipes de la DGSE, dont le Service Action, sont très présentes au Sahel.

Le ministère français de la Défense précise que "des moyens militaires français ont apporté un soutien technique et logistique à une opération mauritanienne destinée à prévenir une attaque d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) contre la Mauritanie". 'L'opération a permis de neutraliser un groupe de terroristes" assure la Défense.

L'armée mauritanienne avait reconnu un peu plus tôt avoir mené jeudi 22 juillet une opération contre une base d'Al-Qaida, sans précisé le lieu, et y avoir tué des "terroristes armés". Le chiffre de six tués est avancé. "L'opération qui visait une base des terroristes (...) a permis de tuer et de blesser un certain nombre de terroristes armés, dans cette base située dans le désert et qui sert de refuge aux combattants terroristes de la nébuleuse d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI)."

L'opération militaire aurait été conduite sur la base de renseignement partiellement fournis par les Américains. Elle se serait déroulée dans le secteur de Tessalit (nord-est du Mali), à proximité de la frontière avec l'Algérie. Il s'agit donc d'une opération aéroportée, vraisemblablement avec le soutien aérien de la France.

S'agissait-il d'une tentative de libération de l'otage français, comme l'affirme le quotidien El Païs et ABC ? Tout le laisse croire, même s'il n'y a pas de confirmation officielle. Des sources mauritaniennes et maliennes, citées par l'AFP, assure que l'opération menées par l'armée mauritanienne avec l'accord du Mali, était destinée à "chercher l'otage français mais qu'ils ne l'auraient pas vu sur place".

L'otage français est menacé de mort par AQMI. Le 11 juillet, ses ravisseurs ont lancé un ultimatum de 15 jours afin d'obtenir la libération de militants radicaux détenus par des pays de la région. Cet ultimatum court donc jusqu'à dimanche. La menace est sérieuse : un otage britannique a été éxécuté l'an dernier.

Cette affaire ressemble étrangement à la trame du récent roman de Jean-Christophe Rufin, Katiba (Flammarion), l'ancien ambassadeur de France au Sénégal, très au fait de la lutte antiterroriste dans le Sahel.

La presse espagnole révèle cette affaire, car le gouvernement de Madrid semble être mécontent de l'attitude des autorités françaises. Paris aurait "informé, mais non consulté" Madrid, selon El Païs, alors que deux otages espagnols (Albert Vilalta, 35 ans et Roque Pascual, 50 ans) sont eux aussi détenus en Mauritanie depuis plus de huit mois. "L'échec de l'opération française pourrait faire courir des risques encore plus grands" aux deux otages espagnols.


Vendredi 23 Juillet 2010 - 11:14

(Source Libération)




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