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Ruby, nouvelle perle de Berlusconi (Libération)


Mercredi 3 Novembre 2010 modifié le Mercredi 3 Novembre 2010 - 13:11

Le président du Conseil italien est sur la sellette après sa dernière frasque avec une mineure.




Ruby, nouvelle perle de Berlusconi (Libération)
Elle ne l’appelle pas «papounet». Elle n’a pas eu non plus la surprise de voir Silvio Berlusconi débarquer à la fête d’anniversaire organisée lundi soir pour ses 18 ans. Mais comme Noemi, la petite Napolitaine qui avait créé le scandale l’an passé en Italie, elle est blonde, aguicheuse et aurait participé ces derniers mois à des soirées légères au domicile privé du chef du gouvernement italien. Depuis la semaine dernière, Ruby, Marocaine à la bouche pulpeuse et aux photos osées, fragilise le président du Conseil italien, âgé de 74 ans, le plongeant dans une nouvelle tempête médiatique et un tourbillon politique.

Alors qu’il est déjà affaibli par la crise économique, les affaires de corruption et les divisions dans son propre camp, nombre d’éditorialistes de la péninsule vont jusqu’à estimer, comme le quotidien la Stampa, que «désormais Berlusconi est cuit». Son mandat politique s’achève en principe en 2013 et il a fait savoir qu’il «vendra chèrement [sa] peau». Plusieurs fois tombé à terre, Silvio Berlusconi s’est jusqu’à présent toujours relevé. Mais l’affaire Ruby semble accélérer le sentiment de paralysie qui entoure l’action du gouvernement et renforce une atmosphère de fin de règne.

Paillettes. Les contours du scandale ne sont pas encore très clairs, la jeune femme - de son vrai prénom Karima - multipliant les déclarations contradictoires. Officiellement, ce nouvel épisode dans la vie privée tumultueuse du chef du gouvernement démarre le 27 mai. Ruby est arrêtée sans papiers à Milan pour avoir dérobé 3 000 euros à des amies. Les policiers découvrent qu’elle n’a pas 18 ans. Provocatrice, nourrissant des rêves de paillettes et de notoriété, la jeune femme a fui quelques mois plus tôt sa famille restée en Sicile. Mais tandis que les fonctionnaires de police procèdent à son interrogatoire, un coup de téléphone providentiel vient à son secours. «C’est la nièce de Moubarak», lance l’interlocuteur qui demande qu’elle soit par conséquent relâchée et confiée à une élue du Parti du peuple de la liberté (PDL), au lieu d’être placée dans un foyer pour mineurs. Tout en assurant ne pas avoir fait référence au chef d’Etat égyptien, Silvio Berlusconi a publiquement reconnu être l’auteur de l’intervention. «Je suis un homme de cœur et j’aide qui est dans le besoin»,a-t-il tenté de justifier.

Reste que devant les enquêteurs, Ruby aurait raconté en détail trois fêtes auxquelles elle aurait participé en compagnie de ministres et de stars du petit écran. Et d’évoquer les «bonga-bonga», ces mystérieuses fins de soirées érotiques qui, dit-elle, auraient été inspirées au Cavaliere par le colonel Kadhafi. Elle aurait en outre touché des milliers d’euros et reçu de nombreux cadeaux du chef du gouvernement, lequel a rejeté les insinuations concernant ses présumés liens libidineux avec Ruby. Depuis le conseil européen de Bruxelles vendredi, Berlusconi contre-attaqué : «Je suis une personne joyeuse, j’aime la vie et les femmes. Je mène une vie de travail terrible. Et si de temps en temps j’ai besoin d’une soirée pour me détendre, personne ne me fera changer de style de vie.»

L’an passé, le scandale autour de Noemi n’avait guère entamé la popularité de Silvio Berlusconi, qui a toujours joué, tantôt avec ironie, souvent avec vulgarité, la carte du tombeur de femmes auprès d’un électorat à la fois admiratif et amusé. Cette fois, les révélations interviennent dans un contexte de malaise politique et social. Avant le scandale, la cote de popularité du président du Conseil était déjà tombée à 34%. L’opposition de gauche dénonce un abus de pouvoir et réclame sa démission. Une partie de l’Eglise catholique fait aussi part de sa lassitude devant les frasques répétées du chef du gouvernement. «C’est un homme malade», attaque l’hebdomadaire Famiglia cristiana.

Cocaïne. Quant aux milieux d’affaires, ils n’hésitent plus à exprimer leur agacement. «Le pays est en proie à la paralysie. La politique doit retrouver le sens de la dignité», a plaidé la patronne des patrons, Emma Marcegaglia. Le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, qui a quitté le PDL cet été, a jugé que «l’affaire est embarrassante» pour l’image du pays et évoqué «un pas en arrière» de Silvio Berlusconi. Alors que les voix de ses partisans sont déterminantes au Parlement, Fini n’a toutefois pas encore pris le risque de lâcher définitivement Berlusconi.

Le Rubygate sera-t-il son Rubicon ? «Qu’il nous soutienne ou qu’il ait le courage d’ouvrir une crise politique», ont répliqué lundi les collaborateurs du Cavaliere menacé par une autre affaire en provenance de Palerme. Une jeune femme arrêtée pour trafic de drogue affirme avoir, elle aussi, pris part aux agapes berlusconiennes où circulerait de la cocaïne. «Le gouvernement est virtuellement mort en raison de la perte de crédibilité de son leader», relançait hier le quotidien économique il Sole 24 ore. Hier, Silvio Berlusconi s’est néanmoins employé à montrer, par la provocation, qu’il était encore fringant. Cherchant à déplacer le terrain de la polémique, il a lancé : «Mieux vaut apprécier les jeunes filles qu’être gay».

Mercredi 3 Novembre 2010 - 13:09





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