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Royaume-Uni : des organes prélevés sans autorisation


Mercredi 14 Avril 2010 modifié le Mercredi 14 Avril 2010 - 20:39

Suite à une monumentale erreur informatique, des organes ont été prélevés sans consentement. Une affaire qui pourrait jeter le discrédit sur toute la procédure.




Royaume-Uni : des organes prélevés sans autorisation
Délicat bug outre-Manche. Des erreurs dans le registre britannique des donneurs d'organes ont entraîné des prélèvements d'organes sur des personnes qui n'avaient pas donné leur accord. 800.000 personnes sont potentiellement concernées selon le quotidien Telegraph, qui révèle l'affaire. Une vingtaine de cas sont pour le moment avérés, a reconnu le secrétaire d'Etat à la Santé, Andy Burnham.

En Grande-Bretagne, les personnes qui acceptent de faire don de leurs organes après leur mort sont inscrites dans une base de données tenue par l'Agence du sang et des transplantations du Service national de la santé (NHS)*. Une fiche est établie pour chaque donneur, dans laquelle celui-ci peut préciser quels organes il accepte ou non de donner. L'an dernier, l'Agence des transplantations a entrepris d'écrire aux nouveaux inscrits pour les remercier. Les protestations de plusieurs destinataires, étonnés de ne pas recevoir une fiche conforme à leurs souhaits, ont donné l'alerte.


«Une tragédie pour les malades en attente de greffe»


Une erreur de programmation, lors de la mise en place d'un nouveau système informatique en 1999, serait à l'origine du problème. Depuis, quelque quatorze millions de fiches individuelles ont été enregistrées. Parmi les 800.000 fiches qui, selon le Telegraph, sont erronées, 45 sont celles de personnes aujourd'hui décédées. Les premières investigations ont montré qu'au moins 21 d'entre elles ont fait l'objet d'une erreur de prélèvement. Car si, au Royaume-Uni comme en France, la famille a le dernier mot, elle fonde sa décision sur les souhaits du défunt. Certaines auraient donc décidé sur la base de fausses informations. Or beaucoup de donneurs sont par exemple réticents à donner les parties externes du corps, comme la cornée de l'œil ou la peau.

Les autorités du royaume prennent l'affaire très au sérieux. Une crise de confiance à l'égard de la procédure de dons pourrait en effet être lourde de conséquences. «Des vies pourraient être perdues parce que les gens auront été trop méfiants pour s'inscrire, s'est alarmée Joyce Robins, présidente de Patient Concern, une association britannique de patients. C'est une terrible tragédie pour les malades en attente de greffe.» Le Telegraph rappelle que ces derniers sont 10.000 et que 1.000 personnes meurent chaque année dans le pays faute d'organes disponibles. Pour rassurer les donneurs potentiels, le gouvernement a donc promis que toutes les personnes concernées par le bug seraient contactées, afin de vérifier que leurs souhaits ont été bien pris en compte.


*En France, la règle est au consentement présumé. Pour refuser le don d'organes, il faut donc s'inscrire sur le registre national du refus ou en informer ses proches. Dans tous les cas et avant tout prélèvement, le code de la santé publique oblige l'équipe médicale à interroger les proches du défunt pour vérifier que le défunt n'était pas opposé au don ou ne souhaitait pas donner certains de ses organes.
Mercredi 14 Avril 2010 - 20:34

Le Monde, Thomas Vampouille




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