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Retraites : quand la gauche accuse Nicolas Sarkozy de rouler pour son frère


Mercredi 27 Octobre 2010 modifié le Mercredi 27 Octobre 2010 - 12:30




Retraites : quand la gauche accuse Nicolas Sarkozy de rouler pour son frère
L’article 32 de la réforme des retraites rend obligatoire, dans certains cas, l’épargne retraite. La gauche accuse l’exécutif de développer ainsi la retraite par capitalisation, alors que Guillaume Sarkozy, à la tête du groupe Malakoff-Médéric, compte être présent sur ce marché lucratif.

Les sénateurs, la semaine dernière, avaient déjà mené la charge, durant les débats sur la réforme des retraites. Le député communiste André Gérin a repris le flambeau à l’Assemblée nationale ce mardi. En cause, les dispositions sur l’épargne retraite. Selon un amendement voté au Sénat, la moitié des sommes perçues par un salarié au titre de la participation aux résultats de l’entreprise est, sauf avis contraire du salarié, obligatoirement versée sur le plan épargne pour la retraite collectif (Perco), forme de retraite par capitalisation. La gauche y voit une menace pour la répartition et craint un « basculement systémique ».

Aux questions d’actualité, à l’Assemblée nationale, André Gérin dénonce une « escroquerie politique ». « Une retraite peut en cacher une autre. La retraite par répartition cache la retraite par capitalisation. L’art 32, c’est de la dynamite contre la retraite par répartition, une modification profonde de la réglementation de l’épargne retraite, qui ouvre un marché de 40 à 100 milliards d’euros, avec les compliments de Parisot », lance le député.

« Bingo pour les assureurs et les banques »

François Fillon fait la moue. Gérin continue sa diatribe : « Bingo pour les assureurs et les banques. Voilà la vérité, avec une intrigue à la clef. Car un homme peut en cacher un autre. Tablant sur une baisse de 8% des retraites, Guillaume Sarkozy, le frère du président de la République, veut s’occuper de ce pactole, avec le groupe Malakoff-Médéric, et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), dès le 1er janvier 2011. Or la CDC gère les fonds des retraites par répartition. Le gouvernement a-t-il décidé de mettre la CDC au service de la capitulation ? », lance André Gérin, qui, sûrement sous le coup de l’émotion, fait un lapsus entre capitalisation et capitulation. Ce qui, pour lui, doit revenir au même.

Alors que George Tron, secrétaire d’Etat à la Fonction publique, commence à répondre, André Gérin sort une photo : c’est l’affiche de campagne du candidat Sarkozy, en 2007, « Tout est possible », pour le coup détournée. Nicolas Sarkozy se retrouve avec son frère, Guillaume. « Donnez votre photo à M. le huissier », demande Accoyer. André Gérin commence à descendre l’hémicycle. Les huissiers bloquent. Le président de l’Assemblée décide de suspendre la séance, quelques dizaines de secondes… (à voir dans la vidéo ci-dessus).

« On ne me fera pas croire que c’est une coïncidence »

Il y a quelques jours, les sénateurs socialistes et communistes avaient déjà porté l’estocade dans l’hémicycle. « La création d’un fonds de pension avec Guillaume Sarkozy, on ne me fera pas croire que c’est une coïncidence », dénonce le sénateur PS Martial Bourquin. Il craint que le gouvernement ne cherche à obtenir « un système par répartition affaibli qui ne règle pas la question des recettes », pour favoriser le développement de l’épargne retraite. Et d’ajouter : « C’est une stratégie préméditée »

Le sénateur communiste Guy Fisher dénonce lui une « offensive insidieuse ». « Il y a un lobby du monde bancaire, des assurances et des mutuelles qui n’a jamais été aussi actif. On sait que la fédération française des sociétés d’assurance, les grands groupes, notamment le groupe Malakoff-Médéric, présidé par Guillaume Sarkozy, sont aujourd’hui prêts à capter une partie de cet épargne ».

« Tout ceci ne fera que se développer, bien entendu »

A droite, on défend cette volonté de développer l’épargne retraite. Pour Philippe Marini, sénateur UMP, rapporteur général de la commission des finances, « c’est ce qui se passe aujourd’hui. Tous ceux qui ont de l’épargne s’efforcent de l’accumuler pour leur retraite. Ce n’est pas condamnable ». Il prend exemple sur l’accession à la propriété ou l’achat de « quelques studios pour les louer à des étudiants », forme d’épargne en vue de la retraite, selon le sénateur. Quant aux Perco, « ça monte en puissance. Tout ceci ne fera que se développer, bien entendu. C’est la nature des choses ».



Mercredi 27 Octobre 2010 - 12:20

(Source: Public Sénat)




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