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Réformes institutionnelles : le Roi Mohammed VI "à l'écoute" du peuple marocain


Mardi 10 Mai 2011 modifié le Mardi 10 Mai 2011 - 14:05

Les réformes institutionnelles annoncées dans le discours royal du 9 mars montrent que le Roi Mohammed VI est "à l'écoute des revendications" du peuple marocain, écrit mardi le quotidien français Le Figaro.




Mohammed VI, le 30 avril, à Marrakesh.
Mohammed VI, le 30 avril, à Marrakesh.
Le journal met l'accent sur la volonté de changement du Roi qui "montre qu'il est à l'écoute des revendications en annonçant des transformations institutionnelles", avec notamment "une réforme de la justice" et "un renforcement de la lutte contre la corruption".

Il cite également la création au Maroc, avant même le discours royal du 9 mars, du Conseil national des droits de l'homme (CNDH).

"Le Maroc a entamé son processus de réformes bien avant" le mouvement de révoltes dans le monde arabe, a souligné, dans un entretien au Figaro, le président du CNDH, M. Driss El Yazami.

Il a rappelé à cet égard qu'il a été désigné le 3 mars, "six jours avant le discours royal sur la réforme constitutionnelle", à la présidence de cette nouvelle "institution indépendante et pluraliste qui dispose de larges prérogatives".

Le CNDH, qui travaille sur la base des plaintes déposées par les citoyens marocains et peut s'autosaisir, a, selon lui, le pouvoir de diligenter des enquêtes, de convoquer des témoins, de faire des rapports et de vérifier l'exécution de ses recommandations.

De même, il est en mesure d'"anticiper sur des situations de tension qui pourraient aboutir à des violations des droits de l'Homme et rend bien sûr tous les ans un rapport à SM le Roi et aux deux Chambres" du Parlement, a-t-il fait savoir.

"Nous avons déjà soumis un mémorandum qui a abouti à une grâce pour 190 détenus, dont une majorité de prisonniers +salafistes+, comme le cheikh Fizazi, un prédicateur islamiste de Tanger", a-t-il indiqué.

De même, le CNDH s'est autosaisi le 14 mars "avec une enquête sur les événements de Khouribga" alors qu'une visite est prévue au centre de détention de Témara, a rappelé le président du Conseil.

M. Yazami a tenu à préciser, par ailleurs, que, contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays du monde arabe, "l'effervescence actuelle au Maroc est pacifique, avec un débat politique et social d'une rare intensité, qui mobilise toutes les couches sociales et qui concerne toutes les institutions".

Il met notamment en avant "la capacité de l'Etat à dialoguer", notamment avec les jeunes.

M. Omar Azziman, membre de la commission de révision de la Constitution, a mis l'accent dans ce cadre sur le souci de la commission d'écouter les revendications de cette jeunesse, notamment le Mouvement du 20 février, avant de remettre les résultats de ses travaux à SM le Roi en juin dans la perspective d'un référendum.

"Les jeunes ont remis le changement au goût du jour. Ils provoquent une onde de choc qui bouscule le pouvoir politique et les syndicats. Leurs revendications sont gérables. Leurs propos sur la corruption, la mauvaise gouvernance et la dilapidation des fonds publics sont justifiés", estime-t-il.

"Il ne faut pas toutefois s'imaginer que la nouvelle Constitution est une baguette magique qui va régler tous les problèmes", prévient-il.

Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), M. Nabil Benabdallah, reconnaît de son cô té que "les pratiques politiques douteuses ont causé de telles cassures que nous ne sommes plus écoutés". "Nous devons nous remettre en question", conclut-il.

Mardi 10 Mai 2011 - 13:50





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