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RETRAITES - DSK met le PS dans l'embarras (Le Point)


Vendredi 21 Mai 2010 modifié le Samedi 22 Mai 2010 - 01:51




Le directeur général du FMI n'a pas affiché d'ambition pour la présidentielle lors de son passage à "À vous de juger" enregistré aux États-Unis© Abaca
Le directeur général du FMI n'a pas affiché d'ambition pour la présidentielle lors de son passage à "À vous de juger" enregistré aux États-Unis© Abaca
L'intervention de Dominique Strauss-Kahn sur France 2 fait grincer des dents à gauche. Interviewé dans À vous de juger jeudi soir, le directeur général du FMI a en effet pris ses distances avec le PS sur la réforme des retraites. Alors que les socialistes refusent d'envisager tout recul de l'âge légal de départ, DSK rejette tout "dogme" en la matière. "Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans, il va bien falloir que d'une manière ou d'une autre ça s'ajuste. Dans beaucoup de pays, c'est la voie qui est choisie", a-t-il lâché.

DSK est "dans son rôle" de directeur général du FMI, a tenté de relativiser le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis. Pour ce proche de l'ancien ministre socialiste de l'Économie, "avant que nous soyons tous à 100 ans, il y a quand même quelques années qui vont passer"... Et de souligner que "le Parti socialiste est dans le moment présent". Pierre Moscovici est sur la même ligne. "Dominique Strauss-Kahn ou pas, je défends l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans", explique-t-il. Et d'ajouter que "plus la vie s'allonge, plus on doit pouvoir en profiter aussi pour soi, et pas uniquement pour le travail".

Classé en tête des présidentiables socialistes en France, DSK bouscule en réalité les ambitions. "J'ai noté qu'il a dit qu'il ne faisait pas sa chochotte, qu'il n'était pas malheureux des sondages" le donnant favori de la gauche pour 2012 et "il a attisé le désir", a ainsi noté le député du Doubs. Mais selon lui, la première secrétaire Martine Aubry montre également "tous les signes" d'un intérêt pour 2012, et la candidature PS à la présidentielle "ne se joue pas entre eux deux". Et pour cause : Pierre Moscovici y pense "comme d'autres".

DSK "n'est pas libéral" (Cambadélis)

Alors, François Hollande, qui n'a jamais caché ses ambitions personnelles, essaye d'imposer des conditions qui pourraient bien sortir DSK du jeu. "Il faut désigner tôt le candidat ou la candidate du Parti socialiste", avant l'été 2011, pour qu'il ou elle ait le temps de "rassembler l'ensemble de sa famille politique et même au-delà, le temps pour faire ses propositions", estime l'ancien premier secrétaire du Parti.

Le rassemblement. C'est justement là qu'une hypothétique candidature de DSK risque de poser problème. Le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a prévenu jeudi soir qu'elle "compliquerait très sérieusement les capacités de rassemblement et de dynamique de la gauche. "En dépit de questions convenues et complaisantes, aidé par une aisance personnelle notable, Dominique Strauss-Kahn n'est pas sorti un instant des ritournelles sans imagination de l'idéologie libérale et des recettes éculées qu'il met en oeuvre à la tête du FMI", a considéré Jean-Luc Mélenchon. Et de l'accuser de reprendre les principaux arguments du programme libéral dans le monde...

Un avis que ne partage évidemment pas Jean-Christophe Cambadélis. Le député de Paris estime que Dominique Strauss-Kahn n'est pas libéral". "Quand on veut taxer les banques, quand on veut réguler le marché mondial, on n'est pas libéral, on est dans le monde actuel où il faut de la régulation et je pense que c'est le grand combat" de DSK, détaille-t-il. Aura-t-il la volonté de l'appliquer sur la scène française ? La question reste en suspens.

Par Marc Vignaud
Vendredi 21 Mai 2010 - 01:42

Le Point




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