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Quelle nouvelle politique étrangère pour Emmanuel Macron?


Samedi 6 Mai 2017 modifié le Samedi 6 Mai 2017 - 22:19

Il y a un fait indéniable. Depuis qu'il s'est qualifié au second tour de cette haletante présidentielle, Emmanuel Macron est au centre d'attention de toutes les chancelleries. On scrute avec minutie ses propos à l'international, on examine ses amitiés, son équipe de campagne. On met en lumière ses réseaux et ses possibles relais, ses sources d'inspiration et d'influence. Avec un seul objectif en tête: découvrir quels pourraient être les choix diplomatiques que le candidat Macron, une fois devenu président, pourrait embrasser.

Par Mustapha Tossa




Il est vrai que durant toute la campagne, la politique étrangère était peu présente dans le débat électoral. Les écuries présidentielles partent du principe, maintes fois démontré, que les électeurs français ne se déterminent que très rarement en fonction des enjeux diplomatiques. Il fut pourtant un instant clivant où tous les candidats étaient obligés de se déterminer par rapport à un point crucial de la scène internationale, Vladimir Poutine. Emmanuel Macron eut l'occasion d'affirmer sa différence. Sans aller jusqu'à la poursuite du bras de fer et de la confrontation, le très probable nouveau locataire de l'Elysée donna la preuve qu'il ne fera pas du Fan club du maître de Moscou. Et il l'a dit de manière claire: "La Russie c'est une puissance régionale donc nous devons parler avec elle, mais elle n'a pas nos valeurs ni nos préférences".

S'il s'est distingué par rapport à ses concurrents, Le Pen, Mélenchon, Fillon, qui regardaient tous Vladimir Poutine avec des yeux de chimène, Emmanuel Macron n'a pas provoqué de rupture sur le sujet. Sa méfiance et sa posture de défi à l'égard de Moscou font partie de l'héritage de Francois Hollande qui, de tous les grands européens, a été le plus virulent à l'égard de la Russie et de sa politique ukrainienne et syrienne.

Pas de rupture non plus attendue sur la relation avec les pays du Maghreb. Il est vrai que durant sa campagne, Emmanuel Macron a créé une belle polémique en qualifiant de "crime contre l'humanité" une partie de l'action du colonialisme dans cette région du monde, au point de séduire la nomenclature algérienne qui le considère comme "un ami". Mais ce n'est pas pour autant une raison de transformer l'approche française des équilibres de cette région. De part son profil politique allergique à l'idéologie populiste et idéologique, de par la nouvelle dynamique politique qu'il entend insuffler à l'ensemble de la région, Emmanuel Macron coche davantage les cases marocaines dans le grand bras de fer qui oppose le royaume à cette compétition atavique que lui impose l'institution militaire algérienne. D'autant plus que dans cette séquence particulière, Emmanuel Macron devra composer avec le successeur de Abdelaziz Bouteflika, très démuni et arrivé en fin de parcours.

À l'égard du monde arabe, Emmanuel Macron a eu deux positions nettes et dont il sera redevable après son élection. La première fut quand il avait fait la promesse de revoir et d'annuler les facilités fiscales qu'un certain Nicolas Sarkozy avait accordées à un pays comme le Qatar, acheteur compulsif des grands bijoux économiques français et qu'un certain François Hollande avait laissé faire. La seconde est quand il s'est engagé à ne jamais reconnaître de manière unilatérale un État palestinien indépendant, estimant que cela pourrait être contreproductif. Pour certains, en adoptant cette position, Macron se prive d'une précieuse carte diplomatique longtemps utilisée par les diplomates français pour pouvoir continuer à peser sur les différents rapports de force régionaux.

Mais c'est avec les américains et Donald Trump en particuliers que les relations de Macron risquent de montrer un visage quelque peu cocasse. En refusant de s'aligner sur la galaxie Poutine, Emmanuel Macron fait le choix de l'alliance tradition avec l'Amérique organisée autour de l'alliance atlantique. Or peut être sans le dire à haute voix, le populiste Donald Trump avait fait le choix de voter Marine Le Pen, plus en phase avec son extrémisme politique, comme le démocrate Barack Obama avait fait le choix d'aider Emmanuel Macron. La relation Trump/Macron est un cas d'école à étudier. Entre le vieux requin de l'immobilier devenu le porte emblème du populisme mondial et le jeune loup de la politique française, porte drapeau du projet européen, la relation à de fortes chances de faire de belles étincelles.


Samedi 6 Mai 2017 - 13:53





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