Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques




Printemps arabes: Juppé salue le choix d'ouverture du Maroc


Samedi 16 Avril 2011 modifié le Dimanche 17 Avril 2011 - 20:02

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a salué samedi le choix d'ouverture du Maroc par opposition à certains pays arabes qui ont choisi "la répression sauvage" ou "la tergiversation".




Printemps arabes: Juppé salue le choix d'ouverture du Maroc
M. Juppé s'est félicité que dans certains pays "portés par ce formidable élan vers la liberté, les autorités ont pris le devant en s'engageant résolument dans un processus d'ouverture, soucieux d'apporter des réponses aux demandes légitimes de leurs peuples".

"Je pense au Maroc où le Souverain a fait un discours courageux qui ouvre la voie à des réformes institutionnelles majeures", a-t-il précisé lors d'un colloque sur les "printemps arabe", organisé par son ministère à l'Institut du monde arabe à Paris.

D'autres pays, a-t-il déploré, ont "fait le choix d'une répression sauvage, c'est le cas de la Libye où la communauté internationale est mobilisée pour protéger la population".

"Aujourd'hui, il est clair pour tous, qu'en tirant au canon sur son propre peuple, Kadhafi a perdu toute légitimité et doit quitter le pouvoir", a-t-il souligné, ajoutant que "D'autres (...) tergiversent, comme au Yémen ou en Syrie, où la situation est extrêmement préoccupante. Ces pays doivent savoir qu'il n'y a pas d'autre voie qu'un dialogue ouvert, susceptible d'apporter une réponse claire aux aspirations des citoyens, qui doivent pouvoir s'exprimer en toute liberté."

"Ces pays doivent savoir qu'il n'y a pas d'autre voie qu'un dialogue ouvert, susceptible d'apporter une réponse claire aux aspirations des citoyens et leur permettre de s'exprimer en liberté", a-t-il lancé.

"La France n'a pas pour objectif d'inciter à des changements de régime dans le monde arabe mais utilisera tous les moyens à sa disposition pour faire cesser les violations des droits de l'homme", a-t-il martelé, avant de reconnaître: "Trop longtemps, nous avons pensé que les régimes autoritaires étaient les seuls remparts contre l'extrémisme dans le monde arabe. Trop longtemps, nous avons brandi le prétexte de la menace islamiste pour justifier une certaine complaisance à l'égard de gouvernements qui bafouaient la liberté et freinaient le développement de leur pays", a-t-il déclaré.

"Désormais, tous les gouvernements savent qu'ils doivent laisser leurs citoyens faire entendre leur voix. Tous savent qu'on ne réprime plus impunément les aspirations légitimes d'un peuple", a-t-il ajouté lors de la clôture du colloque auquel ont pris part tous les ambassadeurs de la zone Afrique du nord et proche et moyen Orient.

M. Juppé a par ailleurs fait part de la disposition de la France à accompagner les pays de la rive sud de la Méditerranée dans leur transition démocratique, en leur proposant de partager son expertise et son expérience notamment dans les domaines du Droit constitutionnel, système politique, libertés publiques ou encore de la liberté de la presse.

"Trop longtemps nous nous sommes limités", a-t-il dit en précisant avoir donné pour instruction aux ambassadeurs français dans les pays arabes "d'élargir le spectre de nos interlocuteurs à l'ensemble des sociétés civiles".

"Nous devons parler, échanger des idées avec tous ceux qui respectent le jeu démocratique et, bien sûr, le principe fondamental du refus de toute violence", a-t-il ajouté. "Ce dialogue, je souhaite qu'il s'ouvre sans complexe aux courants islamistes dès lors que les principes que je viens d'évoquer (...) sont respectés de part et d'autre."

"Nous allons eux aussi les surprendre parce que nous ne sommes pas du tout dans une disposition d'esprit de stigmatiser le monde musulman et la religion musulmane", a-t-il lancé.

Samedi 16 Avril 2011 - 22:22





Nouveau commentaire :
Twitter