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Prêtre assassiné en France : catholiques et musulmans main dans la main


Dimanche 31 Juillet 2016 modifié le Dimanche 31 Juillet 2016 - 09:45




Le vicaire général du Diocèse de Bordeaux, le père Jean Rouet (d) et l'imam de Bordeaux Tareq Oubrou (c) lors d'une messe à l'Eglise Notre-Dame de Bordeaux le 30 juillet 2016 Le vicaire général du Diocèse de Bordeaux, le père Jean Rouet (d) et l'imam de Bordeaux Tareq Oubrou (c) lors d'une messe à l'Eglise Notre-Dame de Bordeaux le 30 juillet 2016.
Le vicaire général du Diocèse de Bordeaux, le père Jean Rouet (d) et l'imam de Bordeaux Tareq Oubrou (c) lors d'une messe à l'Eglise Notre-Dame de Bordeaux le 30 juillet 2016 Le vicaire général du Diocèse de Bordeaux, le père Jean Rouet (d) et l'imam de Bordeaux Tareq Oubrou (c) lors d'une messe à l'Eglise Notre-Dame de Bordeaux le 30 juillet 2016.
La chaleureuse veillée de prière qui a rassemblé samedi soir fidèles catholiques et musulmans dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray a marqué le point d'orgue d'une journée d'hommages rendus au père Jacques Hamel, assassiné par un commando jihadiste, tandis que deux gardes à vue se poursuivent.

"Vous êtes les bienvenus chez nous". C'est par ces paroles que le père de Saint-Etienne-de-Rouvray a grand ouvert les portes de l'église Sainte-Thérèse, la deuxième de la ville, à une cinquantaine de fidèles musulmans.

Aux côtés de quelque 400 catholiques et face au portrait du père Hamel ceint de bouquets de fleurs, ils ont écouté avec attention les paroles d'apaisement du père Moanda, qui a rappelé que "la fraternité existe entre les deux religions".

Ému par la cérémonie, Abdelsalam ne "comprend pas qu'on puisse s'attaquer à des frères". "On est tous touchés quand on s'attaque à la maison de dieu. Même si ce n'est pas la même religion, on est tous pareils", remarque ce retraité.

A Bordeaux, 400 personnes de toutes confessions, accompagnés des représentants des communautés catholique, protestante, bouddhiste, israélite et musulmane ont participé à "un temps de recueillement et de prière" à l'église Notre-Dame.

Le père Jean Rouet, vicaire général du diocèse, a invité les participants à se tenir la main et, "chacun selon sa foi et ses convictions, à se recueillir longuement".

"C'est un moment important où toutes les religions doivent se réunir pour affronter cette aberration qui a touché hier les juifs, touche aujourd'hui les catholiques et touchera peut-être demain les musulmans, d'un terrorisme aveugle, nihiliste et destructeur, dont le but est de semer la division", a déclaré à la presse l'imam de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou.

A Lyon, une marche silencieuse a également rassemblé dans l'après-midi près de 400 personnes, musulmans, chrétiens et laïcs pour témoigner "d'une société unie face au terrorisme".

"Nous vaincrons par la fraternité", "Ceci n'est pas une guerre des religions" ou encore "On est tous frères et soeurs", pouvait-on lire sur les banderoles.

-'Accueil fraternel'-

Dimanche, les musulmans sont appelés par le Conseil français du culte musulman à se rendre dans les églises au moment de la messe, et la conférence des évêques a appelé les paroissiens à leur réserver un "accueil fraternel".

L'enquête sur cet attentat s'attache à mettre au jour le milieu dans lequel évoluaient les deux jihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, âgés l'un et l'autre de 19 ans, qui avaient été repérés chacun de son côté par les services de renseignement sans que leur passage à l'acte imminent n'ait été détecté.

Deux personnes, le cousin de l'un des deux tueurs et un réfugié syrien, étaient toujours en garde à vue samedi, tandis que celle d'un mineur de 16 ans a été levée.

Ce dernier n'en a toutefois pas fini avec la justice: des documents de propagande jihadiste ont été retrouvés dans son téléphone ainsi que dans son ordinateur, et ces éléments ont été transmis par le parquet de Paris à son homologue de Rouen, territorialement compétent et qui pourrait décider d'ouvrir une procédure distincte pour "apologie du terrorisme".

Son frère intéresse les enquêteurs: proche de l'un des deux tueurs, Adel Kermiche, il est parti dans la zone irako-syrienne en 2015 et les services antiterroristes se demandent s'il a pu jouer un rôle depuis la Syrie dans l'attentat de mardi.

- Dialogue avec les religieuses -

Par ailleurs, un mineur de 17 ans qui avait cherché à partir en Syrie avec Adel Kermiche en 2015 a été arrêté récemment à Genève lors d'une seconde tentative, et remis à la France où il a été emprisonné, a indiqué samedi une source proche de l'enquête.

Un autre homme de 19 ans fiché "S" (signalé pour radicalisation) et arrêté le 25 juillet dans une enquête distincte des services de renseignement, a été mis en examen vendredi. Une vidéo d'Abdel Malik Petitjean, dans laquelle celui-ci prêtait allégeance à l'EI et évoquait "une action violente", avait été retrouvée dans un téléphone à son domicile.

Une autre enquête est en cours, dans laquelle un Français de 20 ans a été interpellé. Il s'était rendu en Turquie début juin avec Petitjean avant d'être refoulé comme lui.

Dans une interview à l'hebdomadaire La Vie, les deux religieuses qui avaient été retenues à l'intérieur de l'église ont raconté qu'un dialogue s'était engagé avec les deux jihadistes après l'assassinat du prêtre. "Tant qu'il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats", leur a dit l'un des deux hommes.

(Source AFP)
Dimanche 31 Juillet 2016 - 00:02





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