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Présidentielle sous tension dans un Congo privé de télécommunications


Dimanche 20 Mars 2016 modifié le Dimanche 20 Mars 2016 - 10:00

Le président Denis Sassou Nguesso brigue un nouveau mandat dimanche face à huit candidats, dans un climat tendu après l'annonce d'une coupure totale des communications au Congo pendant 48 heures, officiellement pour empêcher l'opposition de publier des résultats "illégaux".




Selon les autorités, la décision de couper toutes les télécommunications (téléphone, internet, SMS) dans le pays dimanche et lundi a été prise "pour des raisons de sécurité et de sûreté nationales".

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (06H00 GMT) et ils devaient fermer à 18H00 (17H00 GMT). A Brazzaville, des électeurs formaient déjà des files d'attente devant les bureaux et le début des opérations se déroulait dans le calme, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Dans le quartier de Makélélé, dans le sud de la capitale, trois bureaux de vote visités par l'AFP n'ont ouverts que peu avant 09H00. L'un d'eux ne disposait pas d'isoloir, ni d'enveloppe pour y glisser son bulletin de vote, un bulletin unique sur lequel les électeurs doivent cocher le nom de leur favori.

Dans ce quartier acquis à l'opposition, de nombreux électeurs assimilaient ces retards et carences à une "fraude" organisée par le régime.

Coalisés contre M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans au pouvoir à la tête du Congo, petit état pétrolier d'Afrique centrale peuplé de 4,5 millions d'habitants, cinq candidats d'opposition estiment que les conditions ne sont pas remplies pour des élections "sincères, crédibles et transparentes".

Affirmant que la fraude "a déjà commencé" avec des votes par anticipation, la création de bureaux de vote fictifs ou encore la distribution de fausses cartes d'électeurs, ces candidats n'envisagent pas de boycotter les élections mais ont appelé le peuple à "exercer sa souveraineté" dans le cas où le président sortant l'emporterait dès le premier tour, comme celui-ci l'a promis à ses partisans.

Les Nations unies ont appelé au calme, exhortant les autorités à garantir un scrutin libre et transparent et l'opposition à faire valoir ses éventuelles contestations par des voies légales afin de garantir la tenue du scrutin "dans une atmosphère apaisée et exempte de toute violence", dans un pays encore marqué par le traumatisme de la guerre civile de 1997 à l'issue de laquelle M. Sassou était revenu au pouvoir.

Selon une source gouvernementale, la décision de couper les communications n'entraîne "aucune entrave au vote" et "n'entrave en rien l'accès de l'opposition aux résultats", mais l'Etat cherche "à se prémunir contre la publication illégale de résultats".

N'ayant aucune confiance dans la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) chargée de publier les résultats, les cinq candidats du pacte anti-Sassou - Guy-Brice Parfait Kolélas, Jean-Marie Michel Mokoko, Claudine Munari, André Okombi Salissa et Pascal Tsaty Mabiala - ont créé une "commission technique" parallèle pour surveiller le scrutin.
Dimanche 20 Mars 2016 - 09:58

Source AFP




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