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Présidentielle en France: la campagne bouleversée par une attaque à Paris


Vendredi 21 Avril 2017 modifié le Vendredi 21 Avril 2017 - 22:40

L'attaque sur les Champs-Elysées à Paris, qui a coûté la vie jeudi soir à un policier, bouleverse la fin de la campagne présidentielle à deux jours du premier tour, plusieurs candidats ayant annulé leurs déplacements vendredi dans un climat tendu.




La fusillade jeudi soir, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France, a blessé deux autres policiers et une touriste selon une source policière.

L'organisation EI a affirmé que l'auteur de l'attaque dans ce lieu symbolique de Paris, fréquenté par les touristes du monde entier, est "Abu Yussef le Belge". Or, selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste, et qui avait déjà tenté de tuer un policier il y a plus de 10 ans.

Cela pose donc la question de savoir s'il s'agit du même homme que celui nommé par le groupe EI. D'autant qu'un avis de recherche visant un homme, portant le même prénom que celui de la revendication de l'organisation EI, avait été transmis jeudi par la Belgique à la France, selon le ministère français de l'Intérieur.

L'homme s'est présenté dans la matinée dans un commissariat d'Anvers, a précisé peu après ce porte-parole, Pierre-Henry Brandet.

A l'issue d'un Conseil de défense réuni par le président socialiste François Hollande, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a affirmé que "rien ne doit entraver (le), rendez-vous démocratique" de la présidentielle, exhortant à ne pas "céder à la division et encore moins à l'outrance".

L'attaque s'est produite au moment même où les onze candidats défilaient sur un plateau télévisé pour développer leurs derniers arguments avant le vote des électeurs dimanche au résultat très incertain. Les quatre principaux candidats sont crédités d'intentions de vote se situant dans un mouchoir de poche.

Trois d'entre eux ont annoncé l'annulation de leurs derniers déplacements prévus avant la fin de la campagne officielle vendredi à minuit (22H00 GMT).

La cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen, donnée depuis des mois qualifiée au premier tour, et le conservateur François Fillon ont annoncé dès jeudi soir qu'ils annulaient leurs déplacements, suivis dans la nuit par le centriste Emmanuel Macron.

Seul le tribun de la gauche radicale à la tête de son mouvement "La France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, a maintenu un "apéro insoumis" prévu vendredi soir dans un quartier parisien. Il a jugé qu'il fallait "démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains".

Marine Le Pen a appelé vendredi à "arrêter la naïveté, regarder tout cela avec lucidité et fermeté (...) Il faut renforcer les moyens policiers, moyens moraux et matériels", a prôné Mme Le Pen vendredi sur Radio France Internationale. Elle a néanmoins dit ne pas croire que l'attentat jeudi ait eu pour but d'influencer le résultat de l'élection.

La cheffe du Front national a durci son discours sécuritaire et anti-immigration dans la dernière ligne droite de la campagne pour tenter de séduire les électeurs indécis. Elle accuse régulièrement le pouvoir de laxisme dans la lutte antiterroriste.


Ne pas céder "à l'instrumentalisation"


Emmanuel Macron a, lui, appelé vendredi à ne pas céder "à l'instrumentalisation qui serait d'utiliser la peur", tout en jugeant que "nous vivrons durablement avec la menace terroriste".

"Ce qui est recherché par nos assaillants c'est à la fois la mort, le symbole, créer la panique, troubler un processus démocratique qui est celui de l'élection présidentielle", a déclaré le candidat sur la radio RTL.

"L'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée", avait annoncé dans la soirée le procureur de Paris, François Molins. Mais il s'est refusé à la dévoiler, pour ne pas gêner l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste.

Cet homme, qui avait manifesté son intention de tuer des policiers, avait été arrêté le 23 février puis relâché le lendemain car la justice estimait qu'il n'y avait pas assez d'éléments pour révoquer sa liberté conditionnelle, selon des sources proches de l'enquête.

Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire notamment sur un policier en région parisienne.

Trois membres de son entourage étaient entendus vendredi selon une source judiciaire.

Une perquisition a été menée jeudi soir au domicile de l'assaillant.

Salim, qui l'avait vu pour la dernière fois il y a quelques semaines, le décrit auprès de l'AFP comme un type qui "a un grain" et "a passé une bonne partie de sa vie en prison". Un homme "pas méchant", qui vit chez ses parents.

La France, placée sous le régime exceptionnel de l'état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts) vit dans la crainte constante de nouvelles attaques. Un nouvel attentat a été déjoué mardi selon les autorités avec l'arrestation à Marseille (sud) de deux hommes soupçonnés de préparer "une action violente". AFP
Vendredi 21 Avril 2017 - 10:35





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