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Présidentielle en France: Macron et Le Pen, programme contre programme


Dimanche 7 Mai 2017 modifié le Dimanche 7 Mai 2017 - 14:29

Le centriste Emmanuel Macron et sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen, qui s'affrontent dimanche lors du second tour de la présidentielle en France, ont des programmes diamétralement opposés sur tous les sujets, de l'Europe à la famille.




- Europe -

Marine Le Pen, la candidate du Front national (FN), anti-européenne et antimondialiste, veut "restituer au peuple français sa souveraineté", notamment "économique" et "monétaire".

Elle entend rétablir les frontières et donc négocier à Bruxelles la sortie de l'espace Schengen. A l'issue de ces négociations, elle veut organiser un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne.

Le candidat du mouvement En Marche! propose de "refonder" l'UE, ébranlée "par le Brexit, la crise des réfugiés et le doute", en redynamisant le couple franco-allemand et en organisant des "conventions démocratiques" dans toute l'Europe pendant six à dix mois sur "les priorités qu'elle doit avoir".

Il plaide notamment pour un renforcement de l'Europe de la défense et une meilleure gouvernance de la zone euro.

- Euro -

Ces derniers jours, Marine Le Pen a mis en sourdine son programme anti-euro, qui préoccupe de nombreux électeurs, notamment les retraités inquiets pour leur épargne.

Elle ne fait plus de la sortie de l'euro un "préalable à toute politique économique", se montre plus floue sur le calendrier des négociations et met en avant le maintien -en parallèle d'un "nouveau franc"- d'une "monnaie commune" européenne pour les échanges internationaux.

A l'inverse, Emmanuel Macron veut doter la zone euro d'un budget, d'un Parlement et d'un ministre des Finances propres et engager une "politique d'investissements européens".

Pour convaincre l'Allemagne, très sourcilleuse en matière d'orthodoxie financière, il s'engage en cas de victoire à mener des réformes structurelles et à maintenir le déficit public français sous les 3% du PIB.

- Mondialisation -


La dirigeante d'extrême droite dénonce une "mondialisation sauvage qui met en danger notre civilisation" et "prône un protectionnisme intelligent".

Elle promet de renégocier les traités commerciaux internationaux -comme le traité de libre-échange CETA entre l'UE et le Canada- et d'imposer une taxe de 3% sur certaines importations.

Elle taxerait à 35% les produits des entreprises délocalisant leurs usines, et pénaliserait l'embauche de salariés étrangers. Partisane de la préférence nationale pour les marchés publics, elle réclame aussi la suppression d'une directive européenne sur les travailleurs détachés, accusée de favoriser le dumping social.

A l'inverse, pour Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Economie du quinquennat socialiste et ancien banquier d'affaire, "la mondialisation est une formidable opportunité". Défenseur du libre-échange, il propose toutefois de faire examiner le CETA par "une commission de scientifiques" pour évaluer ses conséquences et le modifier si besoin.

En matière sociale, il propose de limiter à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché. Et veut réserver l'accès aux marchés publics européens aux entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe.

- Immigration -


Marine Le Pen entend réduire l'immigration à un solde annuel de 10.000 personnes. Elle a promis en fin de campagne un "moratoire" sur l'immigration légale.

Elle veut restreindre les conditions d'asile, durcir le regroupement familial et rendre impossible la régularisation des étrangers en situation illégale. Elle prévoit l'expulsion automatique des criminels et délinquants étrangers.

Emmanuel Macron promet de son côté d'accélérer l'examen des demandes d'asile.

- Social -

Marine Le Pen veut rétablir la retraite à 60 ans et abolir la loi travail adoptée en 2016, qui offre plus de souplesse à l'employeur.

Les deux candidats gardent une durée légale du travail à 35 heures.

Emmanuel Macron prévoit le passage de l'assurance-chômage (actuellement gérée par les partenaires sociaux) sous le giron de l'Etat. Un chômeur refusant deux offres d'emplois "décentes" verrait ses allocations suspendues.

Le centriste supprimerait 120.000 postes de fonctionnaires, en épargnant l'hôpital, en créant 10.000 postes de policiers et 4 à 5.000 d'enseignants.

Marine Le Pen veut plus de personnel au service de l'Etat et des hôpitaux, et moins des collectivités locales. Avec 21.000 embauches prévues dans la police et la douane.

Avec AFP
Dimanche 7 Mai 2017 - 09:01





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