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Présidentielle en France: Juppé dans les starting-blocks, Fillon résiste


Samedi 4 Mars 2017 modifié le Samedi 4 Mars 2017 - 21:03

Les annonces de départ se sont multipliées en fin de semaine autour du candidat de la droite. De nombreux ténors appellent au désistement.




Le week-end va être long pour François Fillon. En dépit des défections et des pressions pour qu'il cède sa place au deuxième de la primaire, Alain Juppé, François Fillon a appelé vendredi soir ses partisans à « résister » et à venir « très nombreux » à son rassemblement dimanche au Trocadéro, où le candidat espère jouer son va-tout. Durant toute la journée, les annonces de départ ont continué autour du candidat, jusqu'à celle de son plus proche collaborateur, son directeur de campagne Patrick Stefanini, qui quittera ses fonctions après ce rassemblement. Son porte-parole et organisateur de la primaire Thierry Solère s'était retiré quelques heures plus tôt. L'UDI a également retiré son soutien. Son président Jean-Christophe Lagarde a demandé « solennellement aux Républicains de changer de candidat » au profit d'Alain Juppé, « le plus légitime ». Mais ces défections ne semblaient pas suffire à ébranler la détermination du candidat. « Je vous attends nombreux dimanche à 15 heures place du Trocadéro, pour montrer, aux yeux de tous, ce qu'est la volonté des militants de la France », lance François Fillon à ses partisans dans une vidéo postée sur Twitter en début de soirée. « Ne laissez personne vous priver de votre choix, je vous demande de résister et, encore plus, je vous invite à aller de l'avant », ajoute-t-il, les invitant à « faire entendre [leurs] voix, avec la force calme et la force assurée de ceux qui respectent nos institutions démocratiques ».

François Fillon, qui a aussi communiqué aux journalistes son agenda pour la semaine prochaine, exclut ainsi tout retrait de la course dans les prochaines heures au profit d'Alain Juppé, comme le veulent maintenant nombre d'élus LR. L'entourage du maire de Bordeaux a fait savoir dans la matinée à l'AFP que celui-ci ne se « défilera pas » et pourrait accepter d'être un recours, à deux conditions : si « François Fillon se retire de lui-même », et si lui-même obtient un soutien « unanime » du parti. Les juppéistes avaient déjà déserté depuis jeudi la campagne de François Fillon, menacé d'une mise en examen le 15 mars dans l'affaire des emplois fictifs présumés de plusieurs membres de sa famille. La plupart des proches d'Alain Juppé, qui avaient intégré le dispositif de campagne, ont fait défection : Benoist Apparu, Christophe Béchu, son conseiller Gilles Boyer, devenu trésorier de la campagne de François Fillon, ou encore Édouard Philippe. Au pointage officiel du Conseil constitutionnel vendredi matin, Alain Juppé bénéficie déjà officiellement d'un parrainage. Mais comment pousser le vainqueur de la primaire de la droite à renoncer, lui qui ne veut « pas se coucher » ? « François Fillon peut être candidat, il a déjà ses 500 signatures [...]. S'il veut aller au bout, il ira au bout », constate Édouard Philippe, député-maire du Havre.

« Plus un plan B, mais un sauveur »


À 50 jours du premier tour, la droite se trouve dans un scénario digne d'un film catastrophe, les sondages prédisant l'élimination de son candidat dès le premier tour de la présidentielle. Cela fait près de six semaines que François Fillon se débat dans ce scandale, mais les propos extrêmement durs à l'égard de la justice qu'il a tenus mercredi lors de sa conférence de presse pour annoncer sa convocation par les magistrats « ont choqué une partie de l'opinion publique, y compris dans notre camp », a souligné Philippe Richert, président de la région Grand Est, et ex-soutien de Nicolas Sarkozy. Les regards se tournent vers l'ancien président, perçu jusqu'ici comme un blocage à la candidature d'Alain Juppé. Gérard Larcher, président du Sénat, et Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, l'ont rencontré en fin de matinée, afin de réfléchir à la manière dont il faudrait « s'organiser très vite », en cas de retrait de François Fillon, a indiqué à l'AFP une source LR. « À la place qui est la sienne aujourd'hui, la seule chose qui préoccupe Nicolas Sarkozy, c'est le sort de la France et l'unité de sa famille politique », a-t-on ajouté de même source. Vu la gravité de la situation, le candidat qui sera choisi ne sera « plus un plan B mais un sauveur », soulignait une source LR. De son côté, François Bayrou a annoncé que même en cas de candidature d'Alain Juppé, qu'il avait soutenu à la primaire de la droite, il continuerait de soutenir Emmanuel Macron.

Avec AFP
Samedi 4 Mars 2017 - 10:06





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