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Présidentielle : emploi, sécurité, Europe au coeur du second débat télévisé


Mercredi 5 Avril 2017 modifié le Mercredi 5 Avril 2017 - 10:19

L'emploi, la sécurité ou encore l'Europe ont été les principaux thèmes du second débat télévisé qui a réuni mardi soir les 11 candidats à l'élection présidentielle française. L'occasion pour les cinq favoris des sondages de convaincre les électeurs indécis, à seulement quelques semaines du premier tour prévu le 23 avril prochain.




La question sécuritaire a figuré au centre du débat, notamment la lutte contre le terrorisme. Emmanuel Macron, le candidat d'En marche! et ex-ministre de l'Economie, s'est engagé à éradiquer cette menace terroriste une fois élu en poursuivant l'intervention française au Sahel et au Nord-Mali. Celle-ci "est indispensable et devra continuer compte tenu du risque qui existe", a-t-il indiqué.

Sur le sol français, M. Macron veut améliorer le travail en cours, en renforçant les forces de l'ordre, reconstruire un renseignement territorial et créer une cellule auprès du président de la République.

Le candidat d'En marche! s'oppose par ailleurs au retrait de la France de l'Union européenne. "J'ai l'Europe au coeur parce qu'elle nous rend plus forts", a-t-il lancé, tout en se disant favorable pour la réformer, mais "avec un dialogue constructif et un rapport de force que nous allons créer en étant plus forts". Il a plaidé en faveur d'une Europe qui protège et promis de "réformer la directive 'travailleurs détachés' par une harmonisation sociale".

Sur l'emploi, Emmanuel Macron a proposé de simplifier la vie des artisans, des commerçants et des indépendants en supprimant le régime RSI. Il entend simplifier le droit du travail en l'adaptant à la taille de l'entreprise et ainsi renvoyer davantage à la négociation dans les entreprises et les branches professionnelles.

Sa seconde proposition pour créer de l'emploi est de baisser les charges. "Si on veut relancer l'emploi, il faut ramener à zéro charge générale au niveau du SMIC et investir et former, car il y a 60% des emplois qui existeront en 2030 que nous ne connaissons pas aujourd'hui. Cela suppose d'investir massivement dans le numérique, l'écologie, etc.", a expliqué M. Macron.

Mais pour le candidat socialiste Benoît Hamon, baisser les charges patronales ou revoir le Code du travail n'a amené en France ni la croissance ni réduit le chômage. Il a donc proposé de relancer le pouvoir d'achat des français par le revenu universel d'existence.

"Ce revenu concernera dans un premier temps 19 millions de Français qui verront leur feuille de paie augmenter. J'injecterai 35 milliards d'euros dans l'économie qui seront consommés, rempliront le carnet de commande des entreprises et permettront de créer des emplois", a assuré M. Hamon. Et outre augmenter le SMIC et les minimas sociaux, il propose également d'aider les entreprises à investir. Ainsi, "70% des commandes publiques seront réservées pour moitié à des petites et moyennes entreprises localement de façon à inscrire le développement économique dans nos territoires", a-t-il promis.

Le candidat socialiste a aussi défendu l'UE et invité ceux qui prônent le retrait de la France à s'interroger sur les conséquences d'une telle décision. "Moi, je continue à faire le pari de la construction européenne. Je ne me résous pas à la politique 'austéritaire' allemande", a-t-il martelé.

Dans la lutte contre le terrorisme, le candidat socialiste pense qu'il faut être davantage uni face à la menace. "C'est quand nous sommes rassemblés que nous sommes les plus forts. Mais cette unité s'est un peu disloquée", a-t-il regretté. Il a proposé de renforcer au niveau national le renseignement territorial, d'amélioration la coordination et le renforcement des moyens de la Défense nationale en le portant à 2% du PIB.

Une mesure qui n'a pas semblé convaincre François Fillon. Pour le candidat de la droite, l'augmentation du budget de la Défense est certes nécessaire, mais la "France n'a ni les moyens ni la vocation à être gendarme du monde". Il propose plutôt la création d'une alliance régionale à laquelle participerait la Russie.

Selon l'ancien Premier ministre, le terrorisme est une menace totalitaire, un mouvement puissant qui correspond à des territoires très importants, des populations importantes et des problèmes sociaux économiques considérables. "C'est une alliance mondiale qui permettra d'abaisser le niveau de la menace.

François Fillon s'est dit favorable, contrairement à Marine Le Pen, la candidate du Front national, à une Union européenne forte, capable de rivaliser avec des puissances telles que les Etats-Unis ou la Chine. Le candidat de la droite a pointé en revanche du doigt les réglementations de l'UE. "On a besoin que l'Europe laisse tomber toute une série de réglementations et de politiques conduites de manière inefficace", a-t-il souligné.

Pour créer de l'emploi, M. Fillon propose de libérer dès l'été 2017 le marché du travail et permettre ainsi la libre négociation du temps de travail par accord majoritaire dans les entreprises. Il veut aussirénover le Code du travail autour des normes sociales fondamentales, baisser de 40 milliards d'euros les charges et les impôts sur les entreprises pour les mettre au niveau des pays voisins, libérer l'investissement et développer massivement l'alternance, réformer le RSI pour permettre aux petits entrepreneurs de réussir et supprimer toute une série de normes pesant sur l'agriculture.

Une démarche qui a été rejetée par le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. "Pas question qu'il y ait un Code du travail par entreprise. Il faut rétablir le droit social et pour cela la hiérarchie des normes : la loi d'abord et le contrat après. C'est cela qui crée des conditions d'égalité et de concurrence loyale", a répliqué M. Mélenchon.

M. Mélenchon veut ensuite relancer l'activité en injectant 100 milliards dans l'économie, notamment au profit de la transition écologique (100% d'énergie renouvelable, modification du modèle agricole, etc.). Il prévoit également l'augmentation des salaires pour relancer l'activité et partager le temps de travail, ainsi que revenir à la retraite à 60 ans.

Concernant le terrorisme, l'ex-coprésident du Parti de gauche a estimé que les actes terroristes sont liés à une guerre pour l'accès aux matières premières. Donc, dit-il, "ce qui est en cause en Syrie et en Irak, ce sont les puits de pétrole et de gaz. Si la discussion est ouverte et qu'on met autour de la table toutes les parties prenantes de cette compétition, on peut empêcher les foyers de guerre". Et pour lutter contre le terrorisme au niveau national, M. Mélenchon propose de développer le renseignement humain et "ne pas sombrer dans l'illusion technique", être uni, punir les complices et sortir de l'état d'urgence permanent.

Sur l'Europe, M. Mélenchon a redit être contre les traités qui, selon lui, favorisent la surexploitation. "Ce n'est pas l'UE que je mets en cause, mais les traités que les gouvernements ont fait voter. Ils n'ont pas le droit de décider que telle ou telle activité sociale doit être la même partout", a-t-il expliqué, réclamant de sortir de ces traités.

Pour Marine Le Pen, la priorité à l'emploi passera par une taxe sur les contrats futurs pour les entreprises qui voudraient embaucher des étrangers. Elle a réclamé un Etat qui crée un contexte favorable aux entreprises. "Les entreprises ne demandent rien de plus que cela : ne pas avoir un Etat qui les gêne, qui les écrase de normes et de fiscalité. Il faut baisser les charges", a-t-elle plaidé.

La candidate du FN a encore défendu le patriotisme économique. Il faut que "nos entreprises aient un avantage sur la commande publique. Il faut du protectionnisme intelligent parce qu'on ne peut pas accepter que nos productions soient mises en compétition avec des produits qui ne respectent pas les mêmes normes", selon elle.

Sur la lutte antiterroriste, Mme Le Pen souhaite la maîtrise des frontières françaises et de nouveaux moyens à la police et à l'armée. Sur ce point, elle propose le recrutement de 15.000 policiers et gendarmes supplémentaires et défend l'augmentation du budget de la défense.

"La France est une université des djihadistes. Il y a des mosquées radicales qui ne sont pas fermées. Nous devons prendre la mesure de ce danger et se donner les moyens d'y répondre", a-t-elle dit. La candidate du FN a réitéré sa position du retrait de la France de l'UE si elle est élue par voix référendaire.

Avec Xinhua
Mercredi 5 Avril 2017 - 09:47





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