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Présidentielle 2017: le candidat Emmanuel Macron veut moraliser la vie politique


Jeudi 2 Mars 2017 modifié le Jeudi 2 Mars 2017 - 18:45

Le candidat centriste à la présidentielle en France, Emmanuel Macron, a détaillé jeudi un programme mêlant "liberté" et "protection", tentant d'accentuer son avantage sur son rival à droite, François Fillon, menacé d'inculpation mais qui veut rester dans la course.




Les derniers sondages placent Emmanuel Macron, 39 ans, ancien ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande, en pôle position pour affronter et vaincre au second tour de la présidentielle, le 7 mai, la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen.

Longtemps accusé d'être trop vague dans ses propositions, Emmanuel Macron a dévoilé jeudi ses mesures sociales et politiques qui, conformes à son credo "ni de droite ni de gauche" panachent des propositions susceptibles de convaincre des électeurs de tout bord, tout comme son programme économique mêlait rigueur et investissement.

"Nous réconcilions dans ce projet la liberté et la protection, c'est depuis le début un fil rouge", a affirmé M. Macron en présentant son "contrat avec les Français" devant plus de 300 journalistes. "La France est un pays irréformable. Mais nous ne proposons pas de le réformer. Nous proposons une transformation complète", a-t-il dit.

Dénonçant les inspirations thatchériennes de François Fillon tout comme le "repli" prôné par Marine Le Pen, il a notamment promis de réformer le système de retraite, avec des règles identiques dans le public et le privé. Mais son projet ne recule pas l'âge de la retraite.

Il propose aussi une "discrimination positive" pour l'embauche d'habitants des banlieues déshéritées, mais veut "renforcer la sécurité" - grande priorité des Français dans un pays traumatisé par la récente vague meurtrière d'attentats . Il promet une politique de "tolérance zéro", avec reconstitution d'une police de proximité et création de 10.000 postes de policiers et gendarmes.

En phase avec son nouvel allié centriste François Bayrou, il prévoit une "grande loi de moralisation de la vie publique", en interdisant notamment aux parlementaires l'emploi de proches "pour mettre fin au népotisme".

Une pierre dans le jardin de François Fillon, ancien favori de la présidentielle rétrogradé en troisième position dans les enquêtes d'opinion après des soupçons d'emplois fictifs de son épouse et de deux de ses enfants, salariés comme assistants parlementaires.


Li anti-"népotisme"

L'ancien ministre de l'Economie et candidat d'"En Marche !" promet, s'il est élu en mai, d'interdire aux élus et ministres toute embauche d'un membre de leur famille et d'interdire aux parlementaires d'exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d'intérêts.

Il s'engage également à ce que toutes les indemnités des parlementaires, soient soumises à l'impôt.

"Nous fiscaliserons l'intégralité de la rémunération des parlementaires, notamment l'indemnité représentative de frais de mandat", explique-t-il dans une longue interview accordée au Parisien. Si un parlementaire a des frais liés à son activité, "il peut les déduire mais il doit donner ses justificatifs, contrôlables par le fisc."

Ces mesures, destinées à s'inscrire dans une "grande loi de moralisation de la vie publique", veulent répondre aux questions soulevées par les soupçons qui valent au candidat de la droite, François Fillon, d'être convoqué par des juges d'instruction le 15 mars.

C'est aussi un des engagements pris par le candidat d'"En Marche !" dans le cadre de son alliance avec le président du MoDem, François Bayrou. Il s'agit de "mettre fin au népotisme", souligne-t-il dans Le Parisien.

Il promet aussi de supprimer le régime spécial de retraite des parlementaires pour les rattacher au régime général.

"Il faudra aussi que des nouvelles règles s'appliquent à toutes les fonctions électives et ministérielles", dit-il.

Fillon inculpé ?

Mercredi, le candidat conservateur avait annoncé sa convocation chez les juges le 15 mars, "pour être mis en examen" mais dit sa volonté d'aller "jusqu'au bout". Jeudi, il est reparti sur le terrain dans le département du Gard (sud), une région sensible au discours de l'extrême droite.

Visée dans la même affaire d'emplois fictifs présumés payés sur des deniers publics, son épouse Penelope doit elle aussi être convoquée par la justice en vue d'une éventuelle inculpation.

Cette annonce a entraîné des défections parmi les partisans du candidat conservateur: le parti de centre-droit UDI a annoncé la "suspension" de sa participation à la campagne, l'ancien ministre Bruno Le Maire a démissionné de l'équipe de campagne, Catherine Vautrin, vice-présidente de droite de l'Assemblée nationale, a réclamé "un autre candidat". "J'aimerais gagner cette élection présidentielle qui était imperdable et qui devient de plus en plus ingagnable", a souligné jeudi un sénateur du parti Les Républicains Bruno Gilles.

La garde rapprochée de François Fillon prévoit un grand rassemblement de soutien dimanche à Paris.

La candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, elle aussi au coeur de plusieurs affaires financières qui ont déjà valu des mises en examens à ses proches, a jugé son comportement "incohérent", en rappelant qu'il avait promis de se retirer de la course présidentielles s'il était mis en examen.

Elle-même a toujours dit qu'une inculpation ne changerait rien à sa propre candidature. Jusqu'à présent, ses démêles judiciaires n'ont pas eu d'impact sur sa popularité.

Seul un Français sur quatre (25%) souhaite que M. Fillon continue le combat, soit une nette baisse par rapport à début février, selon un sondage réalisé après sa déclaration et publié jeudi.

Pour ce passionné de course automobile, qui fêtera samedi ses 63 ans, "abandonner une course, pour un pilote, ce n'est pas naturel", comme il l'a dit à un quotidien régional.

(Avec AFP)

Jeudi 2 Mars 2017 - 12:46





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