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Présidentielle 2017 : Marine Le Pen lance sa campagne à Fréjus


Jeudi 15 Septembre 2016 modifié le Jeudi 15 Septembre 2016 - 21:24

La présidente du FN réunit ce week-end ses partisans à Fréjus où 5 000 personnes sont attendues. David Rachline devrait être désigné directeur de campagne.




Année présidentielle oblige, l'« université d'été du FN » passe à la trappe : en ses lieu et place, Marine Le Pen réunit samedi et dimanche ses partisans à Fréjus (Var) des « Estivales de Marine Le Pen » pour lancer la première phase de sa campagne. Premier étage de la fusée présidentielle frontiste, ce sera d'abord l'occasion de lever une partie du voile sur l'organisation de campagne : Marine Le Pen devrait annoncer que David Rachline, qui administre la « ville romaine », sera son directeur de campagne. Le benjamin du Sénat, militant FN de longue date, est compatible avec toutes les sensibilités internes.

Outre David Rachline, elle pourrait aussi préciser la structure de son équipe de campagne, qui ne devrait pas avoir de porte-parole en tant que tel, selon plusieurs sources, alors qu'elle en comptait jusqu'à sept en 2012. Le tout devant nombre de frontistes, puisque le FN attend dans un espace pour partie à l'air libre en bord de mer 2 800 militants pour les travaux et jusqu'à 5 000 dimanche après-midi pour le meeting de Marine Le Pen.

Immigration et nation au programme

La première phase de cette campagne sera avant tout programmatique et en mode piano. « On va pas rentrer en campagne tant qu'on n'a pas d'adversaire en face », résume un ténor du parti. « Ça sert à rien de partir trop tôt », abonde un conseiller régional. Le parti va organiser neuf tables rondes principales à Fréjus, accompagnées d'une dizaine d'ateliers. Ce sera l'occasion d'offrir aux cadres frontistes du temps de parole, mais aussi de mettre en avant quelques nouveaux compagnons de route, comme l'économiste anti-euro Jacques Sapir, le criminologue Xavier Raufer, l'enseignant et essayiste Jean-Paul Brighelli, les anciens députés de droite Serge Didier et Jérôme Rivière, ou encore le haut fonctionnaire Jean Messiha, porte-parole du groupe des Horaces, une nouvelle structure interne de hauts gradés chargée de fournir des propositions à Mme Le Pen pour son programme.

Parmi les principaux thèmes abordés : l'immigration, la Nation et la République, l'école, le Brexit, la sécurité, l'identité, etc. Deuxième volet de sa stratégie de crédibilisation automnale : les huit « conventions présidentielles », dont la première se tiendra jeudi 22 septembre à Paris sur le thème de l'éducation. En creux, il s'agit de tirer bénéfice en termes d'image de l'unité relative frontiste face aux affrontements à gauche et chez les Républicains, que le FN espère sanglants.

Une dizaine de meetings régionaux

Le FN entend afficher le visage le plus « crédible » possible le 22 avril 2017, jour du premier tour, ce qui constitue la question majeure pour Marine Le Pen de l'avis de plusieurs sources. La présidente du FN lancera pour de bon sa campagne début février avec une « grande convention présidentielle » puis une dizaine de grands meetings régionaux (mais aussi de nombreuses réunions publiques de petit format). Même les pessimistes du parti croient entrevoir désormais une « fenêtre de tir » pour cette présidentielle. « On a une stabilité du socle électoral, notre candidate est systématiquement qualifiée pour le second tour, on est déjà unis, rassemblés, on est dans une situation politique où tout le monde vient sur nos thèmes » (terrorisme, immigration, sécurité, protectionnisme...), se félicite un dirigeant.

Les sondages depuis 2013 qualifient systématiquement Marine Le Pen pour le second tour... mais la donnent également battue au second tour dans l'hypothèse actuelle la plus probable, face à un candidat de droite. Le chercheur Joël Gombin, spécialiste de l'électorat FN, soulignait toutefois récemment que « le FN a un socle électoral important, en voie de consolidation. Des paliers inédits ont été passés en 2014-2015. » Une bonne part de frontistes est persuadée que le relatif retrait médiatique de début d'année a bénéficié à la candidate, dont l'image est pourtant toujours très clivante dans les sondages.

Elle continue donc à présenter un jour « rassembleur » dans les médias... mais elle a aussi proposé en plein cœur de l'été l'expulsion administrative de tout étranger sur un simple soupçon de lien « quelconque avec le terrorisme », afin d'éviter de se laisser dépasser sur sa droite par les candidats à la primaire, en particulier Nicolas Sarkozy.

Avec AFP
Jeudi 15 Septembre 2016 - 14:58





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