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Pourquoi le PS reste au chevet de Ségolène Royal


Mardi 19 Juin 2012 modifié le Mardi 19 Juin 2012 - 01:53




Ségolène Royal, dimanche, à La Rochelle.
Ségolène Royal, dimanche, à La Rochelle.
Depuis dimanche soir, les cadres socialistes déplorent unanimement la défaite de leur candidate à La Rochelle, comme pour effacer les divisions du passé.

Solidaires dans la défaite. Après cinq ans de relations tendues entre le parti et Ségolène Royal, les cadres socialistes rendent un hommage unanime à leur ex-candidate à la présidentielle, battue à La Rochelle. À commencer par Martine Aubry, qui avait déjà donné de sa personne dans l'entre-deux-tours pour tenter de sauver sa meilleure ennemie. François Rebsamen, Bruno Le Roux, Claude Bartolone, Élisabeth Guigou… Tous ont fait part de leur «tristesse», plus ou moins sincère. Pourquoi un tel empressement?

» Parce que Ségolène Royal a représenté le PS à la présidentielle


Comme Lionel Jospin, Ségolène Royal conserve au Parti socialiste un statut spécial lié à sa candidature à la présidentielle. Véritable icône des militants en 2007, elle avait notamment su créer un lien avec les quartiers populaires. Elle reste à ce titre un recours utile pour le Parti socialiste: durant sa campagne, François Hollande n'avait pas hésité à la mettre en avant lors de ses opérations de porte-à-porte en banlieue. En 2007, Ségolène Royal avait également apporté un certain nombre d'innovations dans sa campagne, comme les débats participatifs et l'utilisation du Web comme outil de mobilisation. «Elle a beaucoup contribué à rénover la vie politique, explique ce lundi Najat Vallaud-Belkacem, l'une de ses proches. Elle a joué au plan national un rôle extrêmement important qui a même préparé, à mon avis, la victoire de la gauche pour ces élections présidentielles.»

» Parce que Ségolène Royal a subi «un calvaire»

«Rien ne m'a été donné, rien ne m'a été confié, rien ne m'a été attribué.» La phrase scandée par François Hollande dans son clip de campagne aurait pu être prononcée par Ségolène Royal, tant le parcours de la socialiste a été semé d'embûches depuis 2007. À l'époque, la candidate fait campagne sans être activement soutenue par le parti. Bon nombre de responsables socialistes raillent son incompétence ou son attachement aux symboles nationaux. «J'ai vécu un calvaire», témoignait-elle en septembre dernier dans Libération. S'ensuit le psychodrame du congrès de Reims, en 2008, lorsque Martine Aubry, accusée de tricherie, la prive du poste de première secrétaire avec seulement 102 voix d'avance. À l'automne 2011, Ségolène Royal croit pouvoir créer la surprise lors de la primaire en renouant avec l'électorat populaire. Mais avec seulement 7% des suffrages des sympathisants, la désillusion est cruelle. «C'est beaucoup de déception, c'est très dur», lâche-t-elle, en larmes devant les journalistes. Dernière épreuve en date: le tweet de soutien de Valérie Trierweiler à Olivier Falorni, son adversaire à La Rochelle, qui, dit-elle, l'a desservi lors du second tour.

» Parce que c'est un revers pour François Hollande et le PS


«C'est la déception la plus grande», a confié à ses proches le chef de l'État au lendemain de la défaite de son ex-compagne. Cinq ans après leur séparation, leur réconciliation avait été scellée lors de la campagne présidentielle. Ségolène Royal s'était montrée «exemplaire» et méritait donc d'obtenir le perchoir qu'elle briguait, disait-on alors dans l'entourage du candidat socialiste. Dérogeant à sa promesse de ne pas interférer dans les affaires du parti, François Hollande a apporté son soutien à son ancienne compagne. La suite est connue: un tweet vengeur de Valérie Trierweiler et une défaite de Ségolène Royal, et voilà le chef de l'État désavoué pour la première fois depuis sa prise de fonction. L'échec est également cuisant pour le parti, qui a adoubé Ségolène Royal sans organiser de primaire dans la circonscription et n'a pas su imposer sa discipline au dissident Olivier Falorni.

» Parce que Ségolène Royal pense déjà à son retour en scène

«Ma détermination reste intacte», a déclaré ce lundi la candidate déchue. Rue de Solferino, on l'imagine déjà briguer la succession de Martine Aubry à la tête du parti lors du prochain congrès. «Je n'exclus rien», répondait-elle dimanche… Si l'hypothèse d'une élection de la présidente de Poitou-Charentes paraît improbable, son éventuelle motion pourrait peser sur la désignation du nouveau premier secrétaire. Pour les prétendants au poste, comme Jean-Christophe Cambadélis, Harlem Désir, François Rebsamen - ou Martine Aubry elle-même - un hommage appuyé à Ségolène Royal est peut-être un prérequis pour s'épargner un nouveau congrès à couteaux tirés.



Mardi 19 Juin 2012 - 00:03

Source Le Figaro




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