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Pollution de l'air: fatalistes ou j'm'en-foutistes?


Lundi 15 Mars 2010 modifié le Mardi 23 Mars 2010 - 14:22

Un nouveau sondage montre que les citoyens changent rarement de comportement en cas de mauvaise qualité de l'air. Un signe de résignation?




Pollution de l'air: fatalistes ou j'm'en-foutistes?
Les Français s'inquiètent de la qualité de l'air mais se montrent plutôt fatalistes, réagissant peu ou pas du tout à l'annonce des "pics de pollution" par les autorités sanitaires. Tels sont les principaux enseignements d'un sondage CSA réalisé auprès de 1001 personnes, qui doit être rendu public ce lundi 15 mars, par le Comité français d'observation des allergies, émanation des laboratoires Stallergènes.

Ainsi, deux Français sur trois se déclarent "très" ou "assez préoccupés" par la pollution de l'environnement extérieur. Etrangement, ils s'estiment peu concernés à titre personnel: seulement un Français sur trois se sent "très" ou "assez exposé" à cette nuisance. Ce sont les femmes, parisiennes, appartenant à des catégories socio-professionnelles élevées et en âge d'avoir des enfants qui s'inquiètent le plus à ce sujet. Globalement, les personnes interrogées se montrent pessimistes: deux sur trois pensent que "l'impact de la pollution extérieure sur la santé va s'aggraver dans l'avenir"...

Des différences de comportements selon les régions

Pourtant, l'annonce des pics de pollution, systématique en France depuis 1994, influe peu sur le comportement des citoyens. Ils ne sont que 29% à déclarer qu'il leur "est déjà arrivé de réduire leurs déplacements" à cette occasion. Ce chiffre, déjà modeste, est surestimé aux yeux de Michel Thibaudon, directeur du Réseau national de surveillance aérobiologique, spécialiste des pollens et de la qualité de l'air: "Vous connaissez des gens qui laissent leur voiture au garage quand il y a une alerte à la pollution? Moi pas." Cet habitant de Lyon a pu toutefois constater, de visu, des différences selon les régions. "Les Lyonnais ne changent pas de comportement en cas de pic alors qu'à Grenoble, par exemple, quand les panneaux lumineux suggèrent aux automobilistes de réduire leur vitesse de 20 km/h, vous voyez les 38 [département de l'Isère] lever le pied."

Pendant ces pics, seulement 26% des personnes interrogées ont déjà évité les efforts physiques ou les activités sportives ; 14% se sont déjà abstenues de sortir et 3% ont porté un masque. "Revêtir un masque chirurgical ne sert à rien pour se protéger d'une pollution aux gaz, comme un pic d'ozone en été, précise Michel Thibaudon. Ce dispositif peut arrêter certaines particules, mais les plus fines passent quand même au travers."

Impuissants face à la pollution extérieure?

La pollution extérieure semble vécue, au fond, comme une fatalité. Les citoyens estiment pouvoir agir contre la pollution intérieure, par exemple en ouvrant régulièrement les fenêtres ou en bannissant les détergents chimiques de la maison. Mais ils se sentent impuissants face à la mauvaise qualité de l'air extérieur. "Notre marge de manoeuvre personnelle n'est pourtant pas nulle, insiste Michel Thibaudon. Les comportements collectifs ne sont que la somme des comportements individuels." La circulation automobile et les moteurs diesels restent pourtant l'une des principales sources de pollution. N'y peut-on vraiment rien?

Par Estelle Saget,
Lundi 15 Mars 2010 - 03:36





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