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Policiers tués : l'hommage de François Hollande à "deux héros du quotidien"


Vendredi 17 Juin 2016 modifié le Samedi 18 Juin 2016 - 11:02

Le président de la République s'est dit favorable à ce que les policiers puissent conserver leur arme sur eux même quand ils ne sont pas en service.




"Deux héros du quotidien" : ce vendredi, François Hollande a rendu un hommage solennel et poignant devant la préfecture des Yvelines au couple de fonctionnaires de police, Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, assassinés ce lundi à l'arme blanche par un djihadiste à leur domicile à Magnanville dans les Yvelines. Plusieurs centaines de collègues des deux victimes, en uniforme et en civil, des gendarmes, des pompiers et de nombreuses personnalités politiques ont assisté à cette cérémonie officielle dans un profond recueillement. Parmi les policiers en uniformes, certains avaient les yeux rougis, retenant difficilement leurs larmes, quelques-uns aussi, ravagés par la douleur, ont été victimes de malaises, discrètement pris en charge par les secouristes.

Jessica Schneider, 36 ans, et Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, étaient "deux fonctionnaires qui ne cherchaient ni gloire ni honneurs, mais qui faisaient leur devoir avec discrétion et rigueur, deux héros du quotidien", a lancé le chef de l'État, accompagné par le Premier ministre Manuel Valls et les ministres de l'Intérieur et de la Défense, Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian. "Victimes d'un terroriste habité par la haine", ils "partageaient la même vie, avaient fondé un foyer et élevaient, avec amour, leur jeune fils Mathieu, âgé de trois ans" témoin du crime, a-t-il rappelé après les avoir faits chevaliers de la Légion d'honneur à titre posthume. Sous un beau soleil de printemps, les cercueils recouverts de drapeaux tricolores avaient été portés devant la cour d'honneur de la préfecture, située à quelques centaines de mètres du Château de Versailles, par des collègues des deux fonctionnaires au son glaçant du tambour. Ils ont quitté les lieux au son de la Marche funèbre, avant qu'une salve d'applaudissements ne salue le départ des corbillards tandis que les visages souriants du couple, souvenirs de temps heureux, défilaient sur un écran géant.

"Une agression contre la République"

Aux forces de l'ordre, le chef de l'État a exprimé le "soutien", la "confiance" et la "reconnaissance" de la nation qui "poursuivra son implacable lutte contre le terrorisme avec plus de détermination encore en souvenir" de leur "sacrifice". Tous deux ont également été cités à l'ordre de la nation, Jean-Baptiste Salvaing étant promu au grade de commissaire. "Le double crime de Magnanville est une agression contre la République et contre celles et ceux qui ont pour mission de la défendre", une "nouvelle attaque contre la France (...) saisie d'indignation et d'horreur", a poursuivi François Hollande. Le président a saisi l'occasion de ce discours pour accéder à une mesure réclamée par policiers et gendarmes, outre l'autorisation du port d'arme en dehors des heures de service. Afin d'éviter qu'ils ne "soient identifiés et pris pour cibles par les malfaiteurs", des "mesures seront prises pour garantir leur anonymat et donc leur protection", a-t-il expliqué.

La France mène une guerre extérieure en Syrie ou en Irak, et intérieure, contre les "barbares" et "cette guerre sera longue", a encore rappelé François Hollande qui s'était entretenu auparavant, à l'abri des regards, avec les familles. Selon la direction générale de la police nationale (DGPN), quelque 70 000 messages ont été postés sur le registre de condoléances ouvert en ligne et 15.000 autres sur les réseaux sociaux. Les hommages se sont succédé depuis lundi avec en particulier, jeudi, une marche blanche qui a rassemblé quelque 2 500 personnes, policiers, gendarmes, pompiers et anonymes depuis les abords de l'hôtel de police de Mantes-la-Jolie (Yvelines), où exerçait Jean-Baptiste Salvaing et jusqu'au domicile du couple, à Magnanville.

Nouvel hommage lundi

Le policier et sa compagne seront inhumés lundi dans l'Hérault, d'où était originaire Jean-Baptiste Salvaing, selon l'avis de décès publié vendredi par la famille. Les membres de la famille "ont la douleur de faire part de la tragique disparition de Jean-Baptiste Salvaing et de Jessica Schneider", indique le faire-part publié dans le quotidien régional Midi libre. "Un hommage leur sera rendu le lundi 20 juin 2016 à 10 heures, sur la place de la mairie de Pézenas, suivi de l'inhumation au cimetière de Montagnac", situé à environ 7 kilomètres, selon cette annonce.

Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, a été tué le 13 juin devant son pavillon, dans les Yvelines. Le meurtrier, Larossi Abballa, a ensuite pris en otage son épouse, âgée de 36 ans, qu'il a exécutée en présence de leur fils Mathieu, 3 ans et demi, retrouvé indemne, mais en état de "sidération". Le commandant de police était originaire de Pézenas, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Montpellier.

(Source AFP)
Vendredi 17 Juin 2016 - 15:29





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