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Pakistan : 675 femmes tuées en 9 mois "pour l’honneur"


Mercredi 21 Décembre 2011 modifié le Mercredi 21 Décembre 2011 - 20:39

Au moins 675 femmes ou filles pakistanaises ont été tuées au cours des neuf premiers mois de l’année 2011 par des « crimes d’honneur », a indiqué, mardi 20 décembre 2011, une organisation locale de défense des droits de l’homme. Ces chiffres illustrent l’ampleur des violences infligées aux femmes, accusées d’avoir terni la réputation de leur famille, dans ce pays musulman très conservateur où elles sont fréquemment considérées comme des citoyens de seconde zone et où aucune loi ne punit les violences au foyer.




Manifestation contre la violence faite aux femmes, à Lahore, en novembre 2010
Manifestation contre la violence faite aux femmes, à Lahore, en novembre 2010
En dépit de quelques progrès en matière de défense des droits des Pakistanaises, leurs défenseurs estiment que le gouvernement doit en faire beaucoup plus pour poursuivre en justice les coupables de meurtres de femmes, souvent classés sans suite par la police qui les considère comme des affaires privées.

« Au total, 675 femmes ou filles ont été tuées au nom de l’honneur familial au Pakistan entre janvier et septembre », a déclaré à l’AFP un responsable de la Commission pakistanaise des droits de l’homme (HRCP). Parmi elles, on compte au moins 71 filles de moins de 18 ans, a ajouté ce responsable, en précisant que les chiffres complets de 2011 seraient publiés en février 2012. La commission avait recensé 791 crimes d’honneur en 2010, et la tendance n’est pas à la baisse en 2011, a-t-il ajouté. Près de 450 des femmes tuées entre janvier et septembre ont été accusées d’avoir eu des « relations interdites », et 129 de s’être mariées sans l’aval de leur famille. Une partie des victimes ont été violées, parfois par plusieurs personnes, avant d’être tuées. Au moins 19 ont été tuées par leur fils, 49 par leur père et 169 par leur mari, selon la commission.

Pour Ali Dayan Hasan, directeur au Pakistan de l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), l’une des principales causes de cette situation est l’incapacité de l’État à faire respecter la loi et sa tendance à laisser les chefs de tribus ou responsables locaux gérer ces affaires. Face aux cas de violences, harcèlement ou discrimination contre les femmes, « le système pakistanais ne permet aucun recours administratif ou judiciaire, et ce vide est rempli par les chefs de tribus », a-t-il regretté, en estimant que « des réformes judiciaires, une reprise en main administrative et une meilleure information pourraient permettre de réduire largement le nombre de crimes d’honneur ».


Mercredi 21 Décembre 2011 - 20:26

Source : Internet-General




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