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Niger: le Touareg Brigi Rafini reconduit comme Premier ministre


Samedi 2 Avril 2016 modifié le Samedi 2 Avril 2016 - 23:15




Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, investi samedi pour un nouveau mandat de cinq ans, a reconduit le Touareg Brigi Rafini au poste de Premier ministre, selon un communiqué du gouvernement lu à la radio officielle, La Voix du Sahel.

"Le président Mahamadou Issoufou a nommé Brigi Rafini au poste de Premier ministre", selon le texte.

M. Rafini, âgé de 63 ans, membre du parti d'Issoufou le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir), a été reconduit à son poste peu après avoir "remis sa démission et celle de son gouvernement au président Issoufou", souligna la radio.

Il sera donc chargé de former un nouveau gouvernement "dans les prochains jours", selon une source gouvernementale

Administrateur de formation, M. Rafini a été Premier Ministre pendant tout le premier quinquennat de M. Issoufou.

Originaire d'Agadez (nord désertique), M. Rafini qui avait occupé des postes ministériels sous le régime du général Maïnassara (1996-1999) présente l'atout politique d'avoir été plusieurs fois maire de la localité d'Iférouane, ex-théâtre de la rébellion touareg de 2007 à 2009.

Certains observateurs estimaient que le président allait changer de Premier ministre pour imprimer un nouveau souffle au régime alors que des sources proches du pouvoir avaient confié à l'AFP que M. Issoufou "aurait du mal à trouver quelqu'un ayant le même profil" -- représentant respecté des touaregs et gestionnaire ayant la confiance d'Issoufou.

Mahamadou Issoufou réélu le 20 mars, a été investi samedi pour un deuxième mandat de cinq ans, lors d'une cérémonie boycottée par l'opposition qui conteste sa réélection.

Il fait face à une fronde de l'opposition, qui a rejeté sa proposition de gouvernement d'union nationale, et conditionné "tout dialogue" à une "transition" vers de nouvelles élections "transparentes et crédibles".

M. Issoufou a été réélu avec 92,51% des voix lors du second tour de la présidentielle, contre 7,49% à Hama Amadou. Emprisonné dans le cadre d'une affaire de trafic présumé d'enfants, ce dernier n'avait pu faire campagne.

L'opposition, qui a dénoncé "une mascarade électorale", avait appelé à boycotter le scrutin.

Mahamadou Issoufou fait face à une fronde de l'opposition, qui a rejeté sa proposition de gouvernement d'union nationale, et conditionné "tout dialogue" à une "transition" vers de nouvelles élections "transparentes et crédibles".

Lors de son discours d'investiture, le président Issoufou a appelé à lutter contre le terrorisme "mal absolu", soulignant: "tant qu'on n'a pas éradiqué le terrorisme au Nord-Mali et tant qu'on n'a pas stabilisé la Libye, il est vain de pouvoir dormir en paix".

"La situation sécuritaire au Mali et le chaos Libyen expliquent les attentats de Bamako, Ouagadougou et Abidjan", a-t-il encore déclaré.

Mais le président a aussi appelé à une "transition démographique" dans ce pays qui figure parmi les plus pauvres du monde et qui détient le record mondial de natalité avec une moyenne sept enfants par femme.

Pour certains, cette démographie plombe le développement.

"Nous devons changer radicalement d'attitude par rapport à cette question cruciale", a dit M. Issoufou, précisant que "l'islam ne constitue pas un frein dans notre combat pour relever le défi démographique".

"Nous devons nous inspirer de l'expérience des pays musulmans qui ont réussi leur transition démographique", a-t-il ajouté.

Depuis les années 80, les islamistes radicaux s'opposent aux programmes de planification familiale qu'ils dénoncent comme "une entreprise satanique de l'Occident".
Samedi 2 Avril 2016 - 23:15

AFP




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