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Nasser Bourita: "L’UA est restée le seul cheval de bataille de nos adversaires"


Vendredi 11 Novembre 2016 modifié le Samedi 12 Novembre 2016 - 15:08

La politique marocaine en Afrique vient de franchir un palier supérieur avec la tournée royale en Afrique de l’Est, a indiqué le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Nasser Bouurita, dans une interview publiée vendredi sur le site Le Monde Afrique".




"Après quinze ans d’investissement en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, le Maroc a su démontrer la crédibilité de son action : il est le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest, ses entreprises sont très présentes en Afrique centrale, il a aussi une forte présence au niveau politique et religieux», a souligné M. Bourita, notant que le Royaume est à la veille d’un passage à un palier supérieur avec une politique continentale.

« Aujourd’hui, c’est l’Afrique de l’Est, demain ce sera l’Afrique australe. Deuxième aspect de ce nouveau palier : le Maroc souhaite s’inscrire dans les problématiques globales qui vont façonner l’Afrique de demain à savoir la question migratoire, la lutte contre le terrorisme, les changements climatiques », a-t-il dit.

Le ministre délégué a indiqué en outre que la politique africaine du Maroc est arrivée à maturation, notant que le Royaume a constaté que l’Union africaine est en déphasage avec les positions des pays.

«Trente quatre pays africains ne reconnaissent pas la RASD. Il est normal que le Maroc puisse défendre lui-même ses positions depuis l’intérieur de l’organisation. Ça ne pouvait pas se faire avant. Tout cela se construisait depuis un certain temps. Ce n’est ni tactique, ni conjoncturel, mais l’aboutissement d’un processus », a-t-il expliqué.

"UA, le seul cheval de bataille de nos adversaires"

M. Bourita a affirmé dans cette interview que le roi Mohammed a été clair dans son discours de Dakar, en précisant que le retour à l’UA ne change en rien les fondamentaux du Maroc sur le Sahara.

«Le Maroc travaillera pour une mise en adéquation entre les positions de l’organisation, les exigences de la légalité internationale et les positions du dossier lui-même », a fait valoir le ministre délégué, estimant que la chaise vide ne donne pas tout le temps de bons résultats, et que l’Afrique de 1984, idéologique et non démocratique, est différente d’une nouvelle génération, plus pragmatique et débarrassée de ses considérations idéologiques.

Selon Nasser Bourita, a la procédure de réintégration de l’UA veut que la présidence de la Commission de l’organisation reçoive la demande puis recueille les réactions des pays membres, et lorsque le seuil de 28 Etats est atteint, le pays qui en fait la demande est admis.

« Pour le Soudan-Sud, le processus a pris trois semaines entre le dépôt de la demande et la notification finale d’admission. Pour le Maroc, pour une raison bizarre, la demande a été mise dans un tiroir pendant plus d’un mois », a-t-il déploré, rappelant l’entretien téléphonique entre Mohammed VI et le président en exercice de l’Union africaine Idriss Déby, pour attirer son attention sur le retard pris dans la réintégration du Maroc à l’UA.

« Qu’il y ait déjà un mois de retard dans le processus est pour nous inexplicable. C’est un premier signal qu’il y a des manipulations, qu’on ne laisse pas les pays africains exprimer leur position. Le Maroc est chez lui en Afrique », a-t-il insisté.

"Après toutes les évolutions qu’a connues le dossier, l’UA est restée le seul cheval de bataille de nos adversaires. C’est à travers l’UA que passent les positions les plus radicales. C’était donc normal d’aller là où ce combat se trouve", a relevé M. Bourita.

Concernant le choix du souverain de prononcer le discours commémorant le 41-ème anniversaire de la Marche Verte, à Dakar, M. Bourita a relevé que "C’est inédit et ça s’explique par le contenu du discours, qui est essentiellement centré sur la politique africaine du Maroc".

Cette décision s’explique aussi par les liens forts entre le Maroc et le Sénégal, un pays qui connaît une stabilité politique, des performances économiques et une paix sociale,a-t-il ajouté.


Vendredi 11 Novembre 2016 - 19:23

Par Samir Amor




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