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Najat Vallaud-Belkacem s’oppose à Valls sur le burkini:"La prolifération des arrêtés anti-burkini n'est pas bienvenue"


Jeudi 25 Août 2016 modifié le Samedi 27 Août 2016 - 11:26

"La prolifération des arrêtés anti-burkini n’est pas bienvenue", a estimé jeudi la ministre française de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, insistant que "rien n’établit de lien entre le terrorisme et Daech, et la tenue d’une femme sur la plage".




"J’estime que la prolifération des arrêtés anti-burkini n’est pas bienvenue. Je pense que ça pose la question des libertés individuelles. Jusqu’où va-t-on pour savoir si une tenue est conforme aux bonnes mœurs ? Ça libère la parole raciste", a-t-elle dit au micro d'Europe 1, notant que la polémique sur le burkini est essentiellement alimentée par les récupérations politiciennes.

Mme Vallaud-Belkacem, qui avait déjà occupé le poste de ministre chargée des droits de la femme, a ajouté que la multiplication des interdictions nourrit les amalgames et contribue à discriminer une communauté.

"Je refuse à tout prix que l’on ne réserve la question de l’égalité homme-femme et de la lutte contre les inégalités qu’à la religion musulmane, comme si seule la religion musulmane venait poser problème en la matière", a-t-elle relevé.

Pour sa part, le Premier ministre Manuel Valls a affirmé sur la chaîne d'information en continu BFMTV que l'interdiction de porter le burkini est "un combat pour la dignité de la femme".

Le chef de l'exécutif français, qui disait comprendre les maires ayant pris des arrêtés anti-burkini, estime une nouvelle fois que ces textes sont "essentiels" car "il y a un risque d'atteinte à l'ordre public". "Il y a des arrêtés qui ont été pris par des maires, avalisés par des tribunaux et le conseil d’Etat va trancher", a-t-il ajouté


Alors que le débat s’emballe au niveau politique et que la polémique enfle sur les réseaux sociaux, le Conseil d’Etat, juridiction de dernier recours, examine jeudi la légalité des arrêtés anti-burkini, très critiqués en France comme à l’étranger.

La plus haute juridiction administrative française, saisie en particulier par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), réunit à 15h00 une formation de trois juges.

Ils devraient ensuite rendre leur décision dans un délai de 48 heures.

Quelle que soit sa décision, il est peu probable que retombe la polémique sur ces tenues de bain couvrant le corps des cheveux aux chevilles, et plus largement sur la place de l’islam en France.

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, appelle ainsi, dans un entretien à paraître vendredi dans le Figaro Magazine, à légiférer pour interdire «tout signe religieux à l’école mais également à l’université, dans l’administration et aussi dans les entreprises». Pour lui, «ne rien faire» contre le burkini «serait acter un nouveau recul de la République».

Le Front national va plus loin, en se prononçant pour «une loi d’interdiction générale des signes religieux ostensibles dans l’ensemble de l’espace public». Le Premier ministre Manuel Valls, qui «comprend» et «soutient» les maires ayant pris ces arrêtés, a affirmé le 17 août son refus de légiférer sur la question.

Le droit français interdit le foulard islamique dans les écoles, collèges et lycée publics, et le voile intégral (burqa ou niqab) dans tout l’espace public.

- «Forte inquiétude» -


Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a mis en garde mercredi contre la «stigmatisation» des musulmans, après la diffusion des images d’une femme contrôlée sur la plage de Nice, porteuse d’un simple voile.

Sur une suite de photos prises au téléobjectif, on la voit d’abord allongée sur les galets, tandis que quatre policiers municipaux s’approchent. Puis assise, entourée des fonctionnaires, enfin faisant le geste d’ôter sa tunique.

Ces clichés ont enflammé les réseaux sociaux - le hashtag #WTFFrance (What the fuck France) a été utilisé dans plusieurs dizaines de milliers de tweets -, indigné la presse étrangère, et conduit le Conseil français du culte musulman (CFCM) à réclamer en urgence une entrevue place Beauvau.

A Nice, au moins 24 femmes ont été verbalisées depuis le début de la semaine. A Cannes, l’arrêté a conduit à verbaliser le 16 août une jeune mère de famille musulmane, venue à la plage coiffée de son voile, sous l’œil de badauds lui criant «rentre chez toi !».

Sur ce cas, le Parti socialiste a dénoncé «une dérive particulièrement dangereuse».

Jeudi 25 Août 2016 - 10:26





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