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Moscou adopte des sanctions économiques contre la Turquie, Erdogan joue l'apaisement


Samedi 28 Novembre 2015 modifié le Samedi 28 Novembre 2015 - 22:45




La Russie a adopté samedi un ensemble de sanctions économiques en représailles contre la destruction d'un bombardier russe abattu mardi par l'aviation turque, tandis que le président turc Recep Tayyip Erdogan jouait l'apaisement en se disant "attristé" par cet incident aérien.

Interdiction pour les employeurs russes d'embaucher des travailleurs turcs, interdiction des importations de certaines marchandises turques ou limitation, pour les "organisations sous juridiction turque", de leurs activités en Russie : les mesures contenues dans le décret signé samedi par Vladimir Poutine concernent aussi bien le commerce que l'emploi de main d'oeuvre ou le tourisme, des secteurs dans lesquels les liens entre les deux pays sont nombreux.

Le gouvernement russe a aussi été chargé "de prendre des mesures pour une interdiction du transport aérien charter" entre les deux pays, tandis que les tour-opérateurs devront "s'abstenir de proposer aux citoyens russes des produits impliquant une visite sur le territoire de la Turquie", alors que ce pays est la destination préférée des vacanciers russes.

Recep Tayyip Erdogan joue pour sa part l'apaisement, se disant "attristé" par ce grave incident aérien et affirmant, lors d'un discours à Burhanye (ouest), qu'il aurait "préféré que cela n'arrive pas".

Mais le ministère turc des Affaires étrangères a recommandé samedi à ses citoyens d'éviter tout déplacement non urgent en Russie, en raison des "difficultés que rencontrent les citoyens turcs qui voyagent ou qui résident" en Russie. Cette mise en garde restera valable "jusqu'à ce que la situation se clarifie".

Dans une interview à la chaîne de télévision France 24, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé samedi "regrettable cet incident entre deux membres essentiels de la coalition contre l'EI" (le groupe Etat islamique) et invité les dirigeants des deux pays "à désamorcer cette crise et la résoudre par le dialogue."

La colère de Moscou reste pourtant intacte. "De notre point de vue, il est désormais difficile de déterminer le niveau de prévisibilité des actions du pouvoir turc", a déclaré samedi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Vendredi, Moscou avait déjà annoncé rétablir l'obligation de visas pour les Turcs, ayant auparavant appelé les Russes se trouvant en Turquie à rentrer, en raison de "l'actuelle menace terroriste".

"Il ne s'agit pas de vengeance, (...) la menace est réelle", a assuré vendredi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui avait peu auparavant accusé Ankara d'avoir "dépassé les limites" en abattant un bombardier russe Su-24.

L'appareil revenait d'une mission de combat dans le nord-ouest de la Syrie. La Turquie affirme qu'il était entré dans son espace aérien et qu'il avait été averti "dix fois en cinq minutes", tandis que Moscou assure que le Su-24 survolait le territoire syrien et n'a pas été mis en garde avant d'être touché.


Samedi 28 Novembre 2015 - 22:44

Avec AFP




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