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Montebourg, arbitre du second tour


Par Elizabeth Pineau *





Montebourg, arbitre du second tour
Une campagne qui a évité le piège de la division, une forte participation et deux candidats clairement désignés : la primaire socialiste a lancé une dynamique qui permet à la gauche d'espérer emporter l'élection présidentielle de 2012.

Près de deux millions et demi de Français ont participé au scrutin qui a placé François Hollande et Martine Aubry en tête devant Arnaud Montebourg, à qui une solide troisième place donne du poids pour l'avenir. (voir )

L'entre-deux tours s'annonce déjà comme un combat entre la "gauche dure" et la "gauche molle", selon un clivage défini par Martine Aubry, qui a contourné par sa gauche un François Hollande plus discret qu'elle sur son programme et déjà tourné vers le combat final contre Nicolas Sarkozy.

"Pour combattre une droite dure et une crise qui dure il faudra une gauche dure", a répété dimanche soir la maire de Lille, qui devrait au final, avec 31% des voix, a moins de 10 points à rattraper sur François Hollande.

Dans une rencontre avec la presse en toute fin de soirée électorale au siège du PS, le député de Corrèze a appelé à faire cette semaine une campagne "tournée vers les Français".

"J'ai entendu les messages qui ont été envoyés au-delà de ma propre candidature", a dit l'ancien premier secrétaire, arrivé en tête avec 39% des voix mais dont la réserve de voix semble limitée pour le second tour.

"C'est déjà bien d'être en tête, ça fait un peu plus de réserve de voix déjà", a-t-il souligné.

Manuel Valls, crédité d'environ 6% des voix, a appelé à voter pour lui. Ségolène Royal et Jean-Michel Baylet devraient se prononcer également mais c'est la consigne que donnera Arnaud Montebourg, dont le score final devrait tourner autour de 17%, qui s'annonce comme l'une des clés du scrutin.

Le député de Saône-et-Loire est déterminé à imposer pour 2012 son projet très à gauche, où il propose de mettre les banques au pas, de tendre vers la "démondialisation" et d'instaurer une VIe République.


LA PERCEE DE MONTEBOURG

"Ce soir, chacun doit savoir que ma détermination et les rêves que je porte, les solutions nouvelles que je veux mettre au pouvoir est totale", a-t-il prévenu. "La flamme de la Nouvelle France ne s'éteindra pas".

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé juge le programme du député difficilement soluble dans celui des autres candidats. "S'il reste sur sa thèse (.) il va vous falloir faire le grand écart", a-t-il déclaré sur France 2, raillant "cette dinguerie de la démondisalisation".

A ses yeux, la progression d'Arnaud Montebourg est "le parfait résumé du grand malentendu que le PS est en train de construire avec le Français".

Pour Jean-Luc Mélenchon, "les votes ont placé en tête les deux candidats du programme officiel du Parti socialiste. Leurs nuances ont été trop faibles pour qu'ils soient clairement départagés".

L'ancien socialiste, co-fondateur du Front de gauche, a salué "la percée spectaculaire d'Arnaud Montebourg", qu'il a invité à n'accepter "aucun marchandages ni arrangements de circonstances pour le deuxième tour".

Pour le député Vert No‰l Mamère, "le ou la candidate qui va sortir du deuxième tour aura (aussi) une responsabilité particulière vis-à-vis de la gauche et des écologistes, puisqu'il ne représentera plus seulement le PS".

"Il devra faire preuve d'une attitude d'ouverture et coopération avec ses partenaires", a-t-il dit sur RTL.

La forte participation a la primaire a été vue comme les prémices d'une défaite de la droite l'an prochain.

"Le PS est prêt pour le rendez-vous de 2012", a déclaré le premier secrétaire par intérim du PS, Harlem Désir, tout en prévenant : "Quelle que soit l'issue de cette primaire, il ne faudra pas décevoir".

Pour l'ancien ministre Jack Lang, soutien de François Hollande, "la première marche est franchie" vers un succès en 2012.

"Moi je suis très optimiste : aujourd'hui le temps est venu d'un changement, d'une alternance. Les gens en ont ras-le-bol je pense qu'ils souhaitent que la gauche, après dix ans d'absence, revienne aux responsabilités. Il appartiendra aux candidats d'amplifier cette dynamique", a-t-il dit à Reuters.

Pour Aurélie Filipetti, membre de l'équipe de campagne de François Hollande, l'affluence dans les bureaux de vote est "une première défaite pour la droite, qui s'est gaussée de l'organisation de nos primaires".

La semaine à venir sera marquée par un nouveau débat sur France Télévisions entre les deux candidats. Le gagnant sera intronisé lors d'une cérémonie à Paris le 22 octobre.


*Elizabeth Pineau (Reuters)



Lundi 10 Octobre 2011 - 00:56



Lundi 10 Octobre 2011 modifié le Lundi 10 Octobre 2011 - 11:09

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