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Mondial-2022 - Soupçons de corruption, chaleur, accusations d'esclavagisme: les trois plaies du Qatar


Jeudi 13 Novembre 2014 modifié le Jeudi 13 Novembre 2014 - 19:51




L'attribution du Mondial-2022 au Qatar, décidée fin 2010 par un vote de la Fifa, fait polémique autour de trois grands axes: les soupçons de corruption, la chaleur et les conditions de travail sur les chantiers. Tour d'horizon.


- Corruption: y a-t-il un "Qatargate"?


"Qatargate": c'est le titre-choc à la Une de l'hebdomadaire France Football en janvier 2013, qui évoque corruption et arrangements pour expliquer l'attribution par la Fifa du Mondial-2022 au Qatar. Une thèse partagée par la presse britannique.

Le magazine soulève des interrogations sur la probité des membres de la Fifa qui ont voté le 2 décembre 2010 pour le Qatar, dont la candidature était portée par un budget (record) de 33,75 millions d'euros.

France Football évoque aussi "une réunion secrète" au Palais de l'Elysée le 23 novembre 2010. Parmi les participants: le président de la République française Nicolas Sarkozy, le prince du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani, et le président de l'UEFA, Michel Platini. Son but supposé: s'assurer que Platini votera pour l'émirat. Un "tissu de mensonges", s'indigne l'ancien numéro 10.

Face à la montée des soupçons, la Fifa commande un rapport à Michael Garcia, avocat, ancien procureur fédéral américain et président de la chambre d'investigation de son comité d'éthique. La Fifa refuse de publier ce rapport, se bornant à communiquer jeudi les conclusions du président de la chambre de jugement de son comité d'éthique, Hans-Joachim Eckert.

Son verdict: l'attribution des Mondiaux 2022 au Qatar et 2018 à la Russie n'a pas été entachée par des faits de corruption, malgré des irrégularités vénielles, et il n'y a pas lieu de revenir en arrière.

Mais coup de théâtre trois heures plus tard: Michael Garcia se fend d'un communiqué cinglant, dénonçant "plusieurs présentations incomplètes et erronées des faits et conclusions détaillés dans (son) rapport" et annonçant son intention de saisir le comité d'appel de la Fifa.


- Calendrier: une question brûlante

Depuis le début, la programmation du tournoi en plein été fait polémique. A cette époque de l'année, les températures au Qatar peuvent monter jusqu'à 50 degrés. Difficile de jouer dans de telles conditions.

La tendance générale dessine donc un Mondial-2022 qui se jouerait probablement en hiver, même si cela pose des problèmes de calendrier pour les championnats nationaux. Michel Platini avait préconisé cette solution dès le départ, tandis que Joseph Blatter, président de la Fifa, s'est rallié plus récemment publiquement à cette position.

Deux options existent: janvier-février et novembre-décembre 2022, au lieu de juin-juillet. A titre personnel, M. Blatter affirme qu'il penche pour novembre-décembre, "la meilleure solution" selon lui.

L'argument de la chaleur n'est cependant pas suffisant pour justifier qu'on retire au Qatar l'organisation du Mondial.

"La seule question qui demeure aujourd'hui, c'est QUAND, pas SI", a martelé en septembre le directeur exécutif du comité d'organisation Nasser Al-Khater. "Que ce soit en été ou en hiver, nous serons prêts"


- "Esclavagisme" sur les chantiers ?

En septembre 2013, The Guardian, très respecté quotidien britannique, publie un dossier sur les chantiers au Qatar et parle d'"exploitation" et d'abus "s'apparentant à de l'esclavage moderne".

Selon les chiffres du journal, entre juin et début août 2013, 44 ouvriers népalais seraient morts sur des chantiers au coeur de l'émirat gazier. A ce rythme, au moins 4.000 ouvriers pourraient mourir dans l'Emirat avant même le coup d'envoi de cette Coupe du monde 2022, accuse la Confédération internationale des syndicats (ITUC).

La Fédération internationale du football (FIFA) exprime rapidement sa "préoccupation", quand bien même les chantiers concernés par ces décès suspects ne seraient pas directement liés au Mondial-2022 et à la construction des stades. Et le Qatar, lui, s'offusque.

"Il n'y a pas d'esclavagisme ou de travail forcé au Qatar", déclare Ali Al-Marri, président du comité national des droits de l'Homme, selon qui "les accusations du Guardian sont fausses et les chiffres cités exagérés".

En janvier 2014, la Fifa hausse cependant le ton, et "somme" le Qatar de prendre des mesures concrètes. En réponse, en mai, l'émirat promet d'abolir la kafala, le système de parrainage local qui fait des salariés des quasi propriétés de leur employeur, et son remplacement par "un système de contrat de travail".




Jeudi 13 Novembre 2014 - 19:40

AFP




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