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Mohamed El Kettani : "Nous souhaitons célébrer notre identité africaine et promouvoir la Coopération sud-sud"


Jeudi 30 Mars 2017 modifié le Mercredi 5 Avril 2017 - 11:50

La 5e édition du Forum International Afrique Développement s’est tenue les 16 et 17 mars 2017 à Casablanca sous le thème « les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique ». Initié par le groupe Attijariwafa bank depuis 2010, ce Forum est aujourd’hui la plateforme de référence de la communauté d’affaires et de décideurs politiques résolument engagés au service de l’Afrique qui avance ; Atlasinfo a rencontré Mohamed EL Kettani, PDG du groupe Attijariwafa.

Propos recueillis par Ghislaine Badri




Quelles sont les particularités de cette 5e édition du Forum international Afrique Développement ?

Mohamed El Kettani: Nous avons décidé d’inviter dans le cadre de cette 5e édition du Forum international Afrique Développement (FIAD), le Burkina Faso comme invité d’honneur. Nous avons eu le privilège d’accueillir Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, Président du Burkina Faso qui a accepté l’ invitation du Maroc pour célébrer notre identité africaine et afin de promouvoir la Coopération Sud-Sud. Cette édition, se réalise dans la continuité des précédentes qui ont connus un vif succès. Nous avons maintenu le cap cette année, et espérons poursuivre dans cette dynamique de rapprochements avec nos voisins africains. Le lancement du Club Afrique Développement est un nouveau challenge, nous souhaitons faire évoluer davantage le modèle économique de l’évènement, afin d’assurer notre croissance et travailler ensemble d’assurer notre communion africaine .

Pourquoi avez-vous retenu le thème «Les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique» ?

Le thème retenu correspond à la réalité économique du continent. Nous souhaitons à travers ces rencontres BtoB et BtoG échanger sur les problématiques majeures auxquelles le continent fait face. Nous avons connu une croissance importante mais, nos populations sont toujours touchées par le chômage et par la pauvreté. Il est temps pour nous Africains, d’améliorer les conditions de vie de tous les habitants de ce continent et sans exception. Nous sommes dans une dynamique commune, et il parait opportun de tirer des leçons des erreurs passées pour avancer tous ensemble vers une croissance inclusive et intégrée. Il s’agira de réfléchir à de nouveaux écosystèmes agricoles, de mobilité urbaine, de nouveaux métiers, et de répondre aux besoins des populations africaines. Nous avons convié des spécialistes qui à travers les expériences de pays qui ont réussi leur transition vers de nouveaux modèles gagnants, vont donner aux autres les outils nécessaires pour leur croissance et leur développement.

Lors de ce Forum, la présidente du patronat marocain, Mme Bensalah a insisté sur la nécessité de développer l’industrie et de tabler sur les économies vertes dans le prolongement de la COP22. Quelles seront les actions d’Attijariwafabank dans ce sens ?

Le Maroc a choisit lors de l’organisation de la COP22 le terme « Action ». Il est essentiel que la communauté internationale, puisse passer des discours aux actes. Et notamment pour le continent africain qui est le moins pollueur de la planète. Les états concernés doivent combler ces déficits notamment en termes d’infrastructures. Et nous avons cette chance au Maroc, de bâtir une infrastructure énergétique, essentiellement autour du renouvelable. Attijari Wafabank compte tenu de son expérience que la banque a capitalisé au Maroc, a accompagné de manière soutenue la transition énergétique, qui vise un mix de 42% à l’horizon 2020 et 52% en 2030. Nous sommes très dynamiques au niveau éolien, hydro-électrique et solaire. Et cette expérience, nous sommes en train de la partager avec les pays africains qui nous ont accueilli. Nous sommes présents dans une quinzaine de pays africains et cette expertise, nous la mettons a disposition de nos confrères africains au Mali Au Sénégal en Côte d’Ivoire au Cameroun au Gabon.

Quel est le détail des projets d’Attijariwafabank en la matière ?

Le grand défi du continent africain est de combler ces besoins de capacité en énergie électrique. Actuellement 7 africains sur 10, ne sont pas connecté au réseau électrique. 60% des ressources en énergie du continent sont importés, et vous ne pouvez pas installer des industries de transformation des matières premières africaines s’il n’existe pas de disponibilité de capacité énergétique. C’est un défi de taille que le continent africain doit relever. Par conséquent nous en faisons un axe majeur chez Attijari wafabank. Il s'agit de trouver les financements concernant les projets énergétiques, que ce soit au niveau des énergies conventionnelles, ou les énergies renouvelables. C’est un chapitre qui est hautement stratégique dans le développement du groupe.

Pour développer ces projets au niveau des investissements, quels sont les besoins du continent ?

Nous avons besoins de 50 milliards de dollars par an à l’horizon 2030. C’est des besoins gigantesques. Le continent a besoin des ressources locales, et de bâtir des outils afin de mobiliser l’épargne locale et l’épargne internationale. Par ailleurs l’enjeu se situe également au niveau de cette mobilisation, il faut que le cadre institutionnel soit solide, transparent et crédible. Il faut que la gouvernance institutionnelle soit irréprochable et notamment des lois claires et stables au niveau des concessions et des partenariats publics-privés pour attirer les investisseurs internationaux. Il faut également une réforme des marchés des capitaux. Il est inimaginable que nous n’arrivons toujours pas à transformer des ressources collectés par le secteur bancaire, en prêts à long terme car la réglementation dans un certain nombre de pays limitent la distribution de ces prêts. Il faut un cadre incitatif pour la mobilisation de cette épargne afin de développer la banque-assurance, et la gestion d'actifs. Enfin, une montée en compétences du facteur humain est primordiale pour acquérir des techniques de gestion et d’exécution de grands projets, et notamment en matière de « Project-Finance ».


Jeudi 30 Mars 2017 - 12:59