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Militant agressé violemment : François Hollande "condamne" depuis le Japon


Jeudi 6 Juin 2013 modifié le Jeudi 6 Juin 2013 - 16:27




Militant agressé violemment : François  Hollande "condamne" depuis le Japon
Le président François Hollande a "condamné" jeudi "avec la plus grande fermeté l'agression" mortelle dont a été victime mercredi soir Clément Méric, 19 ans, "dans une altercation avec un groupe de 'skinheads' ".

Dans un communiqué, le chef de l'Etat a précisé avoir "donné des instructions les plus fermes pour que les auteurs de cet acte odieux puissent être interpellés dans les plus brefs délais". Le président a, en outre, adressé "son soutien et sa solidarité à la famille de Clément Méric".

Le jeune homme, étudiant à Sciences-Po Paris et militant d'un syndicat Sud et d'un groupe d'"action antifasciste", a été frappé violemment par un groupe de skinheads mercredi soir et est depuis dans un état de mort cérébrale, selon les premiers éléments de l'enquête.

L’agression mortelle de Clément Méric par un groupe d’extrême droite a été condamnée par les dirigeants de tous bords. Certains ont appelé à mettre fin à l’existence de ces organisations, comme Harlem Désir, qui "renouvelle le soutien du Parti socialiste à la dissolution des groupes d'extrême droite ultra-violents". Une demande partagée par le Parti de gauche, par l’intermédiaire de son secrétaire national Alexis Corbière.

La dissolution de ces mouvements violents pourrait pourtant s’avérer difficile. Après avoir évoqué sa volonté de faire interdire le Printemps français fin mai après les manifestations contre le mariage pour tous, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls s’était montré plus prudent quelques jours plus tard. "Juridiquement, c’est compliqué de dissoudre un mouvement, nous sommes dans un état de droit", avait-t-il expliqué.

Le Conseil des ministres peut, grâce à un décret, choisir de dissoudre certains mouvements au nom de l'article L 212-1 du Code de la sécurité intérieure. L’article présente sept critères pouvant justifier une dissolution, comme la provocation de "manifestations armées dans la rue", ou le fait "d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement".

Le texte est issu de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Une loi votée en réaction à la journée du 6 février 1934, où des ligues d’extrême droite avaient manifesté contre le gouvernement, faisant 15 morts dans les affrontements. Le vote de cette loi deux ans plus tard avait alors permis la dissolution du mouvement social français des Croix de Feu et la ligue Action française.

Mais le motif de menace à l’intégrité de l’Etat est difficile à établir juridiquement. Le gouvernement avait ainsi renoncé en octobre dernier à dissoudre les jeunes du Bloc identitaire, Génération Identitaire, considérant que leur action non armée ne constituait pas une atteinte à l'intégrité de l'Etat. C’est le même groupe qui avait escaladé une terrasse du siège du PS lors de la dernière manifestation contre le mariage pour tous, le 26 mai.

Depuis le vote de la loi du 10 janvier 1936, les dissolutions sont de plus en plus rares. Récemment, les interdictions ont porté sur des groupes néonazis ou à caractère antisémite. Dernier exemple en date : Claude Guéant a dissous début 2012 le mouvement issu du fondamentalisme islamique, Forsane Alizza.


Jeudi 6 Juin 2013 - 12:42





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