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Marocain d’adoption, il crée une oasis en plein désert




Allier tourisme et développement durable dans le désert d’Agafay, près de Marrakech, c’est le pari de Pierre-Yves Marais. Six ans après sa création, sa ferme d’hôtes Terre des étoiles prend les airs d’une oasis.

Par Chrystelle Carroy (à Marrakech)




Pierre-Yves Marais, le patron de la ferme d’hôtes Terre des étoiles à Agafay@Atlasinfo
Pierre-Yves Marais, le patron de la ferme d’hôtes Terre des étoiles à Agafay@Atlasinfo
« Développer un tourisme utile, et non futile. » Avec ce parti pris, Pierre-Yves Marais a créé en 2010 et continue à développer la ferme d’hôtes Terre des étoiles, dans le désert d’Agafay. Elle se situe à moins de 30 km du tohu-bohu de Marrakech, ville d’accueil de la prochaine conférence internationale sur le climat (COP22), du 7 au 18 novembre 2016.

Comment concilier les attentes des touristes sans cannibaliser les ressources naturelles, loin du réseau de distribution d’eau et d’électricité ? Offrir le désert sans le détruire, c’est l’enjeu d’un hôtel « au naturel », tel que Terre des étoiles. Pierre-Yves Marais y a répondu par la création d’une oasis.

Il lui faut pour cela une dose d’engagement, un caractère autodidacte et une pincée d’utopie, qu’il espère faire entrer dans la réalité. Ce Français originaire de l’Ardèche, doté d’une formation en animation socioculturelle, a mis le pied au Maroc il y a 18 ans et y est resté. Le tourisme apparaît alors comme « la seule activité possible ». Il fonde l’agence de voyage Destination Évasion Maroc. De plus, il s’initie à l’arabe, de façon à pouvoir converser dans l’une des deux langues officielles.

En 2002, il lance un premier projet d’écolodge dans le sud du pays, à Zagora, avec son associé marocain Abdelkhalek Benalila. À Agafay, « l’idée était de créer un bivouac en se rapprochant de Marrakech, car les touristes préfèrent des séjours plus courts qu’auparavant », souligne-t-il.


Son utopie est aussi celle d’un lieu de vie autonome et économe. Sur le site, la journée de travail du personnel commence par l’arrosage du jardin potager, d’une centaine d’arbres et des haies qui verdissent les collines caillouteuses d’Agafay, sur un terrain de 4,5 hectares. Le verger vient de donner ses premiers fruits.

L’eau est puisée dans une rivière souterraine et, selon Pierre-Yves Marais, « la consommation d’eau s’élève à 16 mètres cubes par jour au maximum ». Y compris pour les hôtes. La dizaine de bungalows luxueux qui se dressent dans la rocaille accueille environ 200 personnes par mois, tandis que Terre des étoiles emploie dix permanents. Quant aux eaux usées, elles sont drainées dans le sol.

Dans la même logique de cycle court, les déchets verts et de cuisine du site servent pour l’alimentation des animaux (chèvres, âne, poules, dromadaires) ou pour la production de compost. Les ouvriers du site récupèrent les bouteilles en plastique qu’ils revendent ensuite comme contenants. Quant au carton, son enfouissement dans le sol en favorise la dégradation.

« Ce qui ne va pas, je l’assume, affirme l’entrepreneur. Nous venons en 4x4 et nous utilisons un moteur au gasoil, qui fonctionne le matin et le soir. » Il envisage ainsi de recourir aux énergies renouvelables et espère même fédérer des experts pour créer un moteur à eau.

Vendredi 25 Décembre 2015 - 16:07



Vendredi 25 Décembre 2015 modifié le Samedi 26 Décembre 2015 - 17:03

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