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Maroc: ouverture de la session du printemps du parlement sur fond de polémique


Par Mohamed Chakir





Maroc: ouverture de la session du printemps du parlement sur fond de polémique
La session du printemps du parlement s’est ouverte vendredi sur fond de division entre la majorité, elle-même désunie souvent, et l’opposition sur le plan législatif et la coupe budgétaire de 15 milliards de dirhams (1,4 milliard d’euros), cette dernière mesure ayant été récemment décidée par le gouvernement dans un « souci d’austérité budgétaire ».

"Le débat sur ces deux points sera houleux », a-t-on commenté à Rabat où la séance parlementaire a été ouverte par Karim Ghalab, président de la Chambre des représentants.

Représenté par six ministres, l’Istiqlal est un allié au sein du gouvernement que dirige l’islamiste Abdelillah Benkirane, chef du Parti justice et développement (PJD). Mais, ce parti nationaliste en mène paradoxalement une opposition via son secrétaire général Hamid Chabat. Ce dernier ne ratant pas une occasion pour dénoncer « l’inertie » de l’exécutif. Dernièrement, il a réclamé en vain un remaniement ministériel.

Les instances de l’Istiqlal ont dénoncé la semaine dernière la coupe budgétaire, allant jusqu’à s’interroger sur « l’incapacité du gouvernement d’anticiper pour surmonter l’impact de la crise européenne sur l’économie nationale ».

« M. Chabat agit ainsi pour montrer qu’il est un politicien avéré plus qu’un simple syndicaliste, une attitude irraisonnable de sa part», a estimé à Atlasinfo un haut cadre du PJD, ajoutant que la position de l’Istiqlal « fait des bruits mais ne dérange pas M. Benkirane ».

Ce parti islamiste, venu pour la première fois au pouvoir en novembre 2011 après avoir remporté les législatives avec 107 députés, est allé la semaine dernière lors d’une réunion de ses instances jusqu’au point à « simuler un éventuel cas de retrait et de démission du PJD du gouvernement ». Si cette démission se réalise –elle est trop improbable au stade actuel- elle conduira à des élections législatives anticipées.

« On en n’est pas encore face à cette situation mais les instances du parti ont imaginé la démission du PJD. Ce dernier supporte mal le faible de soutien au sein du gouvernement et les attaques répétées » de la part de l’opposition » menée principalement par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et par certaines ONG qui l’accuse de « faire cavalier seul sur des domaines ».

Mais malgré cette situation jugée inconfortable par l’opposition, la côte d’Abdelillah Benkirane auprès de l’opinion publique marocaine « reste haute » puisque plus de 64% des sondés lui accordent toujours leur confiance, selon un récent sondage diffusée par la presse marocaine.

Lahbid Malki, un économiste de l’USFP et ancien ministre, a vivement critiqué la coupe budgétaire de 15 milliards de dirhams, estimant que le gouvernement procède à ce recours car il n’a pas de vision.

Pour le politologue Mohamed Darif, les « différends « au sein du gouvernement « ne date pas d’aujourd’hui ». « Nous sommes face à une simple majorité numérique que peu de chose unit », a-t-il affirmé à la presse.

Le PJD et ses ministres contre attaquent pour dire que la coupe n’intéresse que quelques projets ministériels. « Les 115 milliards de dirhams du budget d’investissement prévus par la loi des finances de 2013 sont toujours maintenu et affectés. Ce budget ira totalement au soutien des entreprises et à la croissance. On a juste écarter certaines dépenses pour assurer la bonne gestion et l’équilibre budgétaire », a déclaré à la presse le ministre délégué du budget le péjidiste Driss Azami Al Idrissi.

Ahmed Zaidi, président du Groupe socialiste à la Chambre des représentants prédit lui, sans autre précision , que « d'autres décisions financières dangereuses suivront et elles porteront atteinte à la souveraineté économique du Royaume ».

Le plan législatif, qui s'étalera sur la période allant de 2013 à 2015, a été mis au point par le gouvernement suite à une série de réunions entre le secrétariat général du gouvernement et les représentants des départements ministériels, qui a conduit à l'élaboration de 243 textes.

Ce plan vise à promouvoir l'action législative et jette les fondements d'une nouvelle logique de gouvernance dans les relations entre les institutions , a récemment déclaré le ministre péjidiste chargé des Relations avec le parlement Habib Choubani dont le parti dément qu’il « tente de forcer les choses et de faire passer son planning législatif partisan ».

"Nous sommes en phase d'adoption d'une méthodologie visant à mettre en valeur les structures nécessaires à l'opération législative, dans un cadre coopératif, qui permet au Maroc de mettre en place un système législatif moderne et développé", a-t-il dit.

Ce plan législatif portent notamment sur des lois organiques relatives aux collectivités territoriales, à l’officialisation de la langue amazigh (berbère), au Conseil économique, social et environnemental. L’agenda inclut également une série de lois organiques liées à l’adaptation et à l’harmonisation du cadre législatif avec la nouvelle constitution.

A l’ouverture de la session parlementaire, Karim Ghallab a annoncé que le Parlement a pris pour la première fois la décision de « débattre et d’émettre des avis » prochainement sur tous les rapports qui émanent des institutions nationales »notamment ceux du Conseil national des droits de l’Homme et du Conseil de prévention et de lutte contre la corruption.

Vendredi 12 Avril 2013 - 18:07



Vendredi 12 Avril 2013 modifié le Vendredi 12 Avril 2013 - 18:18

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