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Maroc : la moralisation de la vie publique demande une révolution éthique


Lundi 25 Novembre 2013 modifié le Mardi 26 Novembre 2013 - 09:01




Abbas Jirari
Abbas Jirari
La moralisation de la vie publique interpelle une révolution éthique fondée sur une stratégie intégrée et des éléments d'action, ont indiqué lundi à Rabat des experts et chercheurs participant à un colloque organisé du 25 au 27 novembre sous le thème "La moralisation de la vie publique au Maroc".

Réunis dans le cadre de la première session de ce Colloque, ces intellectuels ont estimé que la problématique de la moralisation de la vie publique ne peut être considérée comme une question à part eu égard à sa complexité, soulignant la nécessité de la traiter à travers une vision éthique intégrée devant être respectée par l'ensemble des individus et des groupes.

A cet égard , M. Abbas Jirari, membre de l'Académie du Royaume du Maroc, a considéré l'élément éthique comme le fondement, la base et le point de départ de tout processus de moralisation et de réforme, notant dans ce contexte que l'éthique est associé à la conscience qui permet à l'individu de faire la distinction entre ce qu'il doit accepter et ce qu'il doit rejeter. Il a dans cette perspective souligné l'importance du bon exemple dans tous processus de moralisation de la vie publique et ce en poussant les membres de la société à suivre l'exemple des personnes qui sont loin de toutes les formes de corruption et de fraude.

En cette phase historique et vu l'évolution de la civilisation et du savoir culturel que connait le Maroc en plus de la présence de courants qui s'emploient à consacrer et imposer la corruption, il est important d'élaborer une charte d'éthique basée sur une vision morale que nous devons appliquer et respecter individuellement et en groupe, et de l'inculquer à nos générations afin de préserver et renforcer notre présence dans le cadre de la règle de droit.

Pour sa part, M. Mohamed Kettani, membre de l'Académie du Royaume du Maroc a affirmé que le processus de moralisation dépasse la tentative de réforme morale. Il s'agit en fait d'une "révolution éthique visant à éradiquer la corruption sous toutes ses formes, des âmes habituées à en faire un mode de vie, une source des avantages et un outil pour la réalisation des objectifs."

Il a estimé que ce changement par la révolution morale, ne peut être atteint qu'à travers un scrupule moral ou une prise de conscience pour tout individu soulignant que cette retenue est le meilleur gage qui guide chaque personne vers les valeurs morales et les valeurs de la citoyenneté, qui sont une référence pour chaque comportement en général et affecte les intérêts de la nation et du peuple.

De son côté, Mme Rahma Bourkia, membre de l'Académie du Royaume, a développé la notion "d'éthique commune" de la vie publique, relevant dans ce sens que l'éthique ne peut se généraliser sans une "pensée éthique" qui mène à la cohabitation et la coexistence.

Pour elle, l'éthique constitue un pilier fondamental dans toutes les théories philosophiques, axé autour des valeurs de justice, droiture et l’honnêteté.

M. Abdelali Benamour, président du Conseil de la concurrence et la moralisation de la vie économique, est revenu sur le rôle du Conseil en notant qu'à priori, si on se réfère au texte et à l'esprit de l'article 166 de la Constitution, " les fonctions du Conseil de la Concurrence sont plutôt d'ordre économique et ont trait à la régulation du marché, ce pendant, force est de constater que lorsqu'on se penche sur la nature profonde des activités du Conseil, on constate que la dimension liée à la moralisation de la vie publique est bien présente".

M. Benamour a notamment noté que "l'objectif de moralisation de la vie économique à travers la Concurrence découle aussi bien de la promotion de l'éthique des affaires à travers la lutte contre les rentes indues en faveur du profit mérité, que de la défense du consommateur et la lutte contre la pauvreté".

Lundi 25 Novembre 2013 - 20:20





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