Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques




Maroc - Dominique de Villepin: Sans une "véritable politique" de l'Etat, la culture ne peut pas se développer seule


Mardi 20 Juillet 2010 modifié le Mardi 20 Juillet 2010 - 06:55

Sans une "véritable politique" de l'Etat, la culture ne peut pas se développer toute seule, a assuré, lundi à Asilah, Dominique De Villepin ancien Premier ministre français et ex-ministre des Affaires étrangères.




Maroc - Dominique de Villepin: Sans une "véritable politique" de l'Etat, la culture ne peut pas se développer seule
Intervenant lors de la séance inaugurale du colloque "Diplomatie et Culture", organisé dans le cadre des activités du l'Université d'été Al Mouaatamid Ibn Abbad, M. de Villepin a assuré que les hommes de culture sont "plus capables" que les politiques pour jeter les passerelles entre les différents pays et créer un trait d'union entre les civilisations du monde.

"La culture est un sésame aussi bien pour les Etats que pour les entreprises qui veulent pénétrer de nouveaux marchés", a-t-il estimé, soulignant qu'"au-delà des considérations de profit matériel, la culture sert aussi et surtout de moyen de capturer les coeurs et les esprits".

Ne devant aucunement être considérée comme un luxe, la culture revêt une importance capitale dans le monde d'aujourd'hui car "nous faisons face à un double défi paradoxale qui consiste à concilier la quête d'universalisme et le désir fort de retour à l'identité", a-t-il fait remarquer.

Selon M. De Villepin, également poète et homme de lettres, une "nouvelle gouvernance mondiale" et une "nouvelle culture qui doit surgir des différents coins du monde et non pas être imposée par une quelconque" puissance, sont les seuls moyens capables de concilier entre "l'appétit identitaire" et la "demande sociale" qui est celle de connaître la culture de l'autre et pas uniquement dans sa dimension exotique ou folklorique.

Pour lui "l'homogénéisation constitue une trahison des aspirations des différents peuples et risque de tuer la diversité qui est un élément essentiel".

Même son cloche chez Mme Latifa Akharbach, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et de la coopération, qui a rappelé "les dangers qui guettent le monde que nous vivons" (terrorisme, guerres, intolérance), soulignant à cet égard "la responsabilité des intellectuels" et "le rôle de la culture" pour parer ces risques et bâtir les liens de rapprochement devenus indispensable.

Et de poursuivre que "la culture ne doit absolument pas servir de cheval de Troie diplomatique", sa mission étant celle "d'améliorer nos atouts de dialogue et de communication et de réduire autant que possible le faussé des divergences".

"Le Maroc a eu le mérite d'ériger le respect de la culture d'autrui en tant que composante essentielle de son identité" a-t-elle dit, ajoutant que cela "a toujours été une force d'inspiration" et qu'il faudrait "respecter ce legs historique et s'en servir à bon escient".

De son côté, le ministre du Tourisme et de l'artisanat, M. Yasser Znagui, a souligné l'importance de la culture qui est "le dynamo du tourisme", appelant à se focaliser davantage sur la notion du tourisme culturel.

Inversement, a-t-il poursuivi, le tourisme constitue un moyen important pour favoriser le dialogue des cultures et dissiper les tensions et les barrières entre cultures différentes.

Les travaux de ce colloque se poursuivront deux jours durant avec la participation d'autres personnalités influentes du monde de la diplomatie et de la culture dont, Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Nabyl Fahmi, ancien ambassadeur d'Egypte aux Etats-Unis ou encore Luis Ernesto Derbez Bautista, ancien ministre mexicain des Relations extérieures.


(Source MAP)



Mardi 20 Juillet 2010 - 00:01





Nouveau commentaire :
Twitter