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Marine et Marion, les deux égéries de l'extrême droite française


Dimanche 6 Décembre 2015 modifié le Lundi 7 Décembre 2015 - 09:55




Elles ont une génération d'écart mais la même blondeur et le même objectif: Marine Le Pen, présidente du Front national, et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen espèrent être les premières à conquérir des régions françaises pour l'extrême droite.

La première est la fille de Jean-Marie Le Pen, figure historique du FN récemment exclu de son mouvement. Elle pourrait arriver en tête dimanche au premier tour des élections régionales dans la région septentrionale du Nord-Pas-de-Calais.

La seconde, pousse montante du parti et petite-fille du patriarche, fait, à 26 ans, figure de favorite dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (sud).

Dans une France encore sous le coup des attentats du 13 novembre (130 morts et des centaines de blessés), le Front national pourrait dans une semaine, à l'issue du second tour de scrutin, remporter plusieurs régions. Une première et un nouveau pas dans sa course au pouvoir avant la présidentielle de 2017.

Le parti de Marine Le Pen s'est trouvé conforté dans son discours nationaliste et anti-immigration par la révélation que deux des kamikazes auteurs des tueries de la capitale avaient gagné la France après s'être glissés parmi des migrants débarqués en Grèce.

Avocate de formation, le verbe haut, Marine, 47 ans, n'aurait pourtant pas dû entrer dans la vie politique. C'est sa soeur Marie-Caroline qui devait reprendre le flambeau d'une formation dominée depuis sa création en 1972 par leur père.

Mais la vie politique tumultueuse du FN et les brouilles familiales lui ont ouvert la voie et permis de prendre la tête du mouvement en 2011. Depuis, elle s'attache à donner une "image différente" de ce parti en le débarrassant, au moins partiellement, des militants antisémites, homophobes ou des nostalgiques de la collaboration française avec l'Allemagne nazie.

Ce reformatage s'est soldé par une mise à l'écart de son père, exclu du parti l'été dernier après de nouveaux propos polémiques sur la Seconde guerre mondiale.

La nouvelle présidente ne varie pas en revanche de la ligne anti-immigration et souverainiste traditionnellement défendue par son mouvement, évoquant le "fardeau" des migrants ou "l'euro-dictature de la Commission européenne".

Des propos que pourrait aussi tenir sa nièce Marion, catholique pratiquante proche des milieux traditionalistes.



- 'Deux sensibilités qui se complètent' -

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"Marine est une chef de guerre, Marion un dédiabolisant hyper-puissant", affirme un cadre du parti. Allusion au sourire avenant de cette jeune maman d'une petite fille de 15 mois, qui affiche pourtant des positions parfois plus radicales que sa tante sur les sujets de société, l'identité et l'immigration.

Les musulmans ne peuvent être Français qu'"à la condition seulement de se plier aux moeurs et au mode de vie que l'influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné", a-t-elle estimé cette semaine.

"Les deux sensibilités se complètent. Elles sont les deux jambes sur lesquelles le FN doit marcher", analyse Jean-Yves Camus, chercheur spécialiste de l'extrême droite.

Il ne croit pas à l'hypothèse d'un conflit en gestation entre les deux femmes, même si elles affichent parfois des divergences.

Marion est opposée à la légalisation du mariage homosexuel, contre laquelle elle a manifesté, contrairement à sa tante. Mais elle est aussi contre la peine de mort, que défend à l'inverse Marine.

"Si je fais tout ça, c'est pour que Marine Le Pen soit élue présidente de la République, pas pour faire ma promo", a assuré Marion Maréchal-Le Pen il y a quelques jours devant des journalistes.

Si elle espère que les élections régionales soient l'occasion d'un "grand signal", Marine Le Pen ne cache pas que son véritable objectif reste la présidentielle de 2017.

Son père Jean-Marie avait provoqué un séisme politique en se qualifiant au second tour de la présidentielle de 2002 aux dépens du socialiste Lionel Jospin. Marine espère faire au moins aussi bien en 2017, quels que soient ses adversaires.

"Si je ne suis pas qualifiée pour le second tour, j'arrête" la politique, confiait-elle il y a quelques mois.

Dimanche 6 Décembre 2015 - 19:59

Source AFP




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