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Manuel Valls: "Gouverner, c'est tenir"


Mardi 16 Septembre 2014 modifié le Mardi 16 Septembre 2014 - 20:10




"Gouverner, c'est tenir" : Manuel Valls a demandé mardi pour la deuxième fois la confiance des députés avec un discours "de vérité" dépourvu d'annonce majeure où il a dit prendre en compte "tous les malaises" du pays et donné quelques gages à la gauche.

Dans une intervention d'environ 50 minutes précédant le vote, le Premier ministre a labouré son sillon social-démocrate - "la seule question qui doit nous occuper, c'est mener les réformes indispensables, avec courage, mais sans remettre en cause notre modèle social" - et pris pour cible la droite, une partie du patronat et l'Allemagne d'Angela Merkel.

"L'importance du moment nous oblige, tous ici, à nous hisser à la hauteur des événements", a-t-il martelé après avoir dressé un sombre tableau de la situation internationale et d'une économie européenne menacée selon lui par la déflation.

Il a promis d'être dans l'action "dans la durée", "contre vents et marées", tout en reconnaissant que les divisions internes qui ont entraîné un remaniement gouvernemental et les déboires privés de François Hollande ont créé un climat "fait d'indignité, de narcissisme, d'irresponsabilité".

"La fébrilité ? Le virage ? Le zigzag ? Le renoncement ? Non !", a-t-il dit. "Gouverner, c'est résister. Gouverner, c'est tenir. Gouverner, c'est réformer. Gouverner, c'est dire la vérité", a-t-il ajouté.

Pour tenter de rallier à sa cause la trentaine de "frondeurs" du Parti socialiste qui contestent sa politique économique, il a promis pour 2015 une baisse d'impôt pour six millions de Français, une revalorisation du minimum vieillesse de 792 à 800 euros par mois ainsi qu'une prime exceptionnelle pour les retraités touchant moins de 1.200 euros par mois.


AVERTISSEMENT AU PATRONAT

Il n'y a, selon lui, pas d'alternative, et surtout pas une dissolution de l'Assemblée, qui entraînerait le retour de la droite au pouvoir, ou une démission de François Hollande.

L'opposition, a-t-il dit, veut effectuer "100 et 150 milliards de coupes budgétaires", à comparer aux 50 milliards d'euros d'économies programmées par le gouvernement.

Manuel Valls a réaffirmé qu'il ne pratiquait pas une politique d'austérité et qu'il ne toucherait pas aux 35 heures, un message également adressé au Medef, au lendemain de la diffusion des grandes lignes d'un document de travail de l'organisation patronale prônant ce type de réformes et reçu comme une provocation par les syndicats.

"Il n'y aura pas de remise en cause des 35 heures ni de la durée légale du travail. Réformer, ce n'est pas réduire le smic. Réformer, ce n'est pas supprimer le CDI. Réformer, ce n'est pas diminuer les salaires dans la fonction publique".

"Personne (...) ne doit prendre le risque d'affaiblir par je ne sais quelle provocation, par je ne sais quelle surenchère, l'indispensable dialogue social", a ajouté le Premier ministre, qui avait obtenu le 28 août, au lendemain de la formation de son nouveau gouvernement, une ovation debout des patrons du Medef.

Enfin, il a exhorté l'Allemagne à "assumer ses responsabilités" pour relancer la croissance en Europe - un signe aux frondeurs qui jugent la droite allemande en partie responsable du marasme économique actuel de la France.

Pour autant, le Premier ministre a aussi dit l'importance d'aider les entreprises "qui créent des richesses, de l'emploi". Prenant l'exemple d'Alstom, que le gouvernement s'est attaché à sauver, il a défendu l'idée d'une "main visible de l'Etat", qui a un "rôle à jouer dans une économie de marché".

La reprise n'est pas pour demain, a-t-il reconnu en soulignant que les mesures prises par le gouvernement en faveur de l'activité et de la compétitivité des entreprises, notamment dans le cadre du pacte de responsabilité, nécessiteraient "du temps pour porter pleinement leurs fruits".

UNE TRENTAINE d'ABSTENTIONS ?

L'ancien ministre de l'Intérieur a fait une longue parenthèse sur l'état de découragement du pays confronté à "la montée préoccupante des communautarismes" et du racisme.

"Lorsque nos valeurs vacillent, c'est la République qui recule", a-t-il dit, promettant aux "abandonnés de la République" de "reprendre le combat pour l'égalité".

Appelant à la "torde le cou à la mélodie décliniste", il a terminé son intervention par un volet plus personnel.

"Ma seule mission c'est d'avancer. Avancer contre vents et marées, guidé par une infinie bienveillance pour les Français, guidé par ma passion de la France et le sens de l'Etat. Avancer et gouverner - n'en doutez pas un seul instant - dans la durée", a-t-il assuré, alors que certains imaginent déjà son remplacement avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Le Premier ministre a soumis son discours à un vote de confiance qui devrait débuter vers à 18h30 (16H30 GMT). Les résultats seront connus vers 19h30.

Selon un dernier décompte, "une trentaine, peut-être davantage" d'élus socialistes pourraient s'abstenir, de même que 17 des 18 élus écologistes et quelques députés radicaux .

En avril, lors du vote de confiance au premier gouvernement de Manuel Valls, 11 députés socialistes s'étaient abstenus.

Le groupe socialiste compte 289 membres, soit la majorité absolue des 577 députés, mais la confiance se calculant sur la base des suffrages exprimés, la majorité relative est acquise.

Mardi 16 Septembre 2014 - 17:53





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