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Manifestation devant l’ambassade d’Algérie à Paris pour dénoncer les violences contre les femmes de Hassi Messaoud


Lundi 10 Mai 2010 modifié le Mardi 11 Mai 2010 - 11:19




Manifestation devant l’ambassade d’Algérie à Paris pour dénoncer les violences contre les femmes de Hassi Messaoud
Pour dénoncer l’impunité dont jouissent les auteurs des violences contre les femmes de Hassi Messaoud, une ville pétrolière algérienne, des associations, des ONG et des partis politiques français ont manifesté lundi, devant l’ambassade d’Algérie à Paris, «pour exiger que l’Etat algérien assure, par la loi, la sécurité des femmes qui y travaillent, et le droit qu’elles ont à y vivre et gagner leur vie. »

«Nous sommes là parce que des femmes se font agresser à Hassi Messaoud (...). Ces femmes n'ont commis aucun crime si ce n'est le fait d'être femme et de travailler », a réagi la responsable de l'association Pluriel Algérie, Akrouf Sanhadja.

Plusieurs femmes ont été agressées en mars et début avril à Hassi Messaoud par des groupes d'hommes qui, cagoulés et armés, ont "terrorisé" des victimes isolées et précarisées.

Ces événements rappellent ceux du 13 juillet 2001. Suite au prêche virulent d'un imam, ce 13 juillet 2001, à Hassi Messaoud, 500 hommes ont agressé, violenté et torturé plus d'une centaine de femmes.

« On veut que le gouvernement algérien réagisse », a déclaré Nadia Kaci co-auteur de "Laissées pour mortes", un livre de témoignages qui relate les violences de 2001.

Elle regrette qu'il n'y ait "aucune volonté politique de faire en sorte que cela se règle". "Il y a des violations absolument spectaculaires des droits de l'Homme", a estimé la secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), Sophie Bessis.

"L'Etat algérien n'a jamais rien dit, ni en 2001 ni aujourd'hui. (...) Ce silence, cette misogynie de l'Etat, encourage la misogynie de la société dans la mesure où ceux qui commettent ces exactions savent qu'ils le font dans l'impunité la plus totale", s’est-elle indignée.

Malgré les plaintes que ces femmes ont déposées au commissariat de police de leur quartier, aucune suite judiciaire n’a été engagée pour poursuivre les agresseurs, ont déploré associations et ONG pour qui « Les autorités algériennes restent dans le déni : à leurs yeux, il ne s’agirait que d’incidents isolés, de bavures, alors que ces femmes continuent à vivre la terreur au quotidien ».

« Ce déni tend également à occulter les raisons de la présence de ces femmes à Hassi-Messaoud, à savoir le chômage qui les frappe ailleurs sur le territoire algérien et les pousse à venir travailler dans cette région », a-t-on ajouté de même source.

Lundi 10 Mai 2010 - 23:53

Hasna Daoudi




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