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Macron, rupture de charme ?


Samedi 12 Août 2017 modifié le Samedi 12 Août 2017 - 17:40

- Par Mustapha Tossa -




C’est une tradition politique et médiatique française que de faire le bilan du président de la république au bout de cent jours de mandat. Peu importe que cet anniversaire intervient en plein vacances des Français et du pouvoir.

L’essentiel pour cet exercice est de tenter savoir si Emmanuel Macron a pu tenir les promesses qu’il avait fièrement annoncées, alors encore candidat, pendant son irrésistible ascension vers le pouvoir. Cette tentation médiatique de l’examen qui scrute et des questions qui interpellent est d’autant plus pertinente dans le cas de Macron qu’il s’est lui même lié par des promesses et des défis qu’il s’était lancés pour se distinguer de ses prédécesseurs. Cent jours était la période où devait éclore une stratégie de la reforme par le choc, où les chantiers les plus lourds doivent être fixés dans le marbre.

Selon tous les sondages, cette période symbolique s’est soldée par l’éclosion d’une frustration de la part des Français. Elle fut aussi rapide et fulgurante que leurs passions pour Macron fut soudaine et parfois inexpliquée. L’homme est passé du statut du candidat étincelant, porteur d’espoirs, de renouveau et de dynamisme à celui d’un président englué dans les affres de la fonction, engoncé dans ses contradictions et ses limites. Cela avait commencé par une reprise en main de sa communication. Finie la période de l’homme accessible aux médiats, séducteur impénitent, en contact presque physique avec la réalité. Place au nouveau Macron, enfermé dans une citadelle, communiquant avec le peuple de France à travers des gestes et des postures. Le tout sur fond d’une méfiance, voire d’un mépris ouvertement déclaré à la presse et aux journalistes. Les demandes d’interviews sont écartées sans ménagement. Les conférences de presse non contrôlées sont fuies comme la peste.

Puis arrive l’épisode fondateur aux yeux de certains de cette chute. Celui du bras de fer entre le président de la république et le chef d'état-major des armées le Général De Villiers. Non seulement le choix d’imposer une austérité fut traumatisant pour une institution militaire excessivement sollicitée dans des opérations extérieures de lutte contre les groupes terroristes et de maintien de la sécurité intérieure à travers l’opération « Sentinelle ». Mais ce qui participe à fondre le maquillage de communication fut la manière sèche, humiliante aux yeux de certains avec laquelle le Général De Villiers fut poussé à la démission. Ce jour est apparu aux Français un visage d’Emmanuel Macron rigide et cassant.

Deux autres faits ont participé à nourrir la déception et à faire baisser l’indice de confiance. Le premier est le choix de recourir aux systèmes de la gouvernance par ordonnances qui laisse prévoir un passage en force sans possible discussion parlementaire ni compromis avec les partenaires sociaux notamment quand il s’agira de réformer le code de travail. Une opération décrite par les voix de l’opposition comme un véritable démantèlement du modèle social français et qui annonce une ébullition politique à la rentrée. L’autre fait politique est le vote d’un loi de retour de la confiance dans la vie publique, destinée à la base à moraliser la vie politique après les différents scandales qui l’ont secoué. Même si la loi a été largement votée, sa voilure et son plafond furent réduits au point de signifier une incapacité, voire une timidité assumée à toucher et à réformer le coeur de la vie politique.

Tous ces faux pas que la diminution brusque et sans pédagogie de l’APL ont participé à ce qu’on peut appeler la brusque rupture de charme d’Emmanuel Macron. La série des mauvaises nouvelles s’est poursuivie avec le désolant spectacle donné par la nouvelle majorité au parlement, où amateurisme et parfois ignorance crasse était le label dominant des nouveaux députés. La dégringolade de Macron est pourtant intervenue après une brillante séquence internationale où il a eu à rencontrer le président américain Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine, le Roi du Maroc Mohammed VI et le premier ministre israélien Benjamin Nethanyahou. Une séquence internationale qui a réussi à l’installer dans ses habits neufs de président de la république, à redonner à la voix de la France son lustre perdu. Mais pour la mauvaise fortune de Macron, elle n’a pas été suffisance pour empêcher la chute dans les sondages et un début de désamour des Français.

Samedi 12 Août 2017 - 15:45





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