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Libye, un pays à la dérive


Jeudi 17 Décembre 2015 modifié le Vendredi 18 Décembre 2015 - 09:01




Après la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye s'est enfoncée dans le chaos, se trouvant aujourd'hui avec deux autorités rivales et en proie aux violences entre groupes armés. Des députés des deux camps ont signé jeudi au Maroc un accord sous l'égide de l'ONU pour former un gouvernement d'union.

- Deux autorités rivales -

Deux autorités rivales se disputent le pouvoir depuis un an et demi:

- En août 2014, après des semaines de combats, Fajr Libya (Aube de la Libye), une coalition hétéroclite de milices dont certaines islamistes, s'empare de la capitale Tripoli et réinstalle le Congrès général national (CGN), le Parlement qui avait été élu en 2012. Un gouvernement est également mis en place.

- Le gouvernement et le Parlement élu en juin 2014, seuls reconnus par la communauté internationale, sont contraints de s'exiler dans l'Est.

Pour remédier à cette situation, l'ONU a entamé début 2015 au Maroc des négociations entre des députés des deux Parlements, et ses efforts se sont soldés jeudi par la signature d'un accord portant notamment sur le formation d'un gouvernement d'union nationale.

Mais signe des divisions au sein même de chaque camp, le président du Parlement reconnu par la communauté internationale et celui du CGN rejettent l'accord, contestant la légitimité des signataires.

- Un vide sécuritaire -

Les autorités qui ont succédé à Mouammar Kadhafi en 2011 après quatre décennies de dictature n'ont pas réussi à désarmer les groupes ayant combattu ce régime. D'année en année, enhardies par la faiblesse des autorités, ces milices sont devenues toutes puissantes, se battant entre elles pour le contrôle de territoires.

Deux principales formations, représentant les autorités rivales, s'affrontent aujourd'hui: Fajr Libya et les forces du gouvernement reconnu, placées sous le commandement du général Khalifa Haftar, qui comprend des unités de l'armée nationale et des groupes armés loyaux à Haftar, une personnalité controversée.

Des zones du pays sont en outre contrôlées par des milices liées à des clans.

Ces affrontements dans plusieurs régions du pays, ainsi que la faiblesse des autorités, ont permis à des groupes extrémistes de gagner du terrain. Ainsi l'EI a pris en juin le contrôle de Syrte (450 km à l'est de la capitale) et veut désormais s'étendre vers l'est, une région riche en gisements d'hydrocarbures et où sont situés les principaux terminaux pétroliers.

Affaiblies par les combats incessants entre les groupes armés qui recourent souvent aux armes lourdes et aux raids aériens, les deux pouvoirs sont incapables de contrôler les frontières maritimes et terrestres devenues poreuses et au travers desquelles passent des milliers de migrants clandestins.

- Une économie à la dérive -

Les divisions politiques, mais surtout les violences, ont porté un coup très dur à l'économie de la Libye qui dispose des réserves pétrolières les plus importantes d'Afrique, estimées à 48 milliards de barils. Ses exportations, estimées à 1,2 million b/j en 2011, ont chuté aujourd'hui à 400.000 b/j.

Avec la baisse des exportations pétrolières, les recettes du pays ont connu une chute dramatique. Le pétrole est en effet la principale, sinon la seule source de revenu pour la Libye de l'après-Kadhafi, alors que les autorités sont incapables de collecter des impôts.

La Banque centrale de Libye doit piocher dans ses réserves (90 milliards de dollars début 2015) pour pallier au déficit important creusé par les salaires des fonctionnaires, une somme d'environ un milliard de dollars par mois alors que les recettes pétrolières ne dépassent pas les 600 millions de dollars.
Jeudi 17 Décembre 2015 - 19:33

Source AFP




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